‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 227 sur 374 · Ami delà Religiondu i5 novembre 1860, p · texte numérisé non relu

Ami delà Religiondu i5 novembre 1860, p

2. Ami de la religion du aS octobre 1860, t. YII (nouvelle série), p. 181.

3. Bref du 5 mai 1860. Voir Eugène Veuillot, Louis Veuillot, t. IIF, p. 3f 8.

4. Par l'encyclique Saepe venerabiles fralrcs, du 5 août 1876, Pie IX donn.i h. l'œuvre du Denier de Saint Pierre une consécration ofâcielle. Voir G. Daux, I9 Denier de Saint-Pierre, ses origines, ses raisons, ses convenances, un vol. in- 12, Paiis,

DE LA BULLE IneffahUîs A l'enctclique Quanta cura /jô^

taire d'Etat, Antonelli. L'influence de ce dernier n'avait été. jusquelà contrebalancée par aucune autre ; elle se trouva tout-à-coup limitée. Antonelli passait pour favoriser les opinions des catholiques intransigeants et autoritaires ; Mérode, beau-frère de Monta- Icrnbert, était lié par des relations de famille et d'amitié avec les chefs du mouvement libéral. On reprochait au Secreiaire d'Etat une Portrait habileté qui côtoyait la dissimulation ; le défaut le plus saillant du jg Mérode ministre des armes était un excès de sincérité, allant parfois jusqu'à (1820-1874). la» rudesse. Le souple Italien et le robuste Franco-Belge se trouvèrent plus d'une fois en conflit ; mais tous les deux témoignèrent d'un pareil attachement à la personne et à la cause du pape. Pie IX accorda à l'un et à l'autre une égale confiance. Antonelli lui en imposait par son expérience, par son savoir-faire, par sa connaissance raflinée des hommes et des choses dans les relations diplomatiques ; Mérode, malgré ses brusqueries et ses maladresses, lui plaisait par sa franchise, par la spontanéité de son cœur et de son esprit, par son dévouement sans réserve.

Pour le commandement de sa nouvelle armée, Pie IX agréa que L« comman- Mgr de Mérode fît appel à Tun de ses compagnons d'armes sur la de rarméc terre africaine, le général de Lamoricière. pontificale e»!

Louis Juchault de Lamoricière, né à Nantes en 1806, s'était déjà au fféi.!'ral conquis, sur les champs de bataille et dans les luttes de la poli- Lamoricière. tique, une glorieuse renomméa Les guerres d'Afrique avaient révélé ses brillantes qualités militaires. Acclamé, après son retour en Lamoricière France, comme un des chefs du parti républicain conservateur, il ^^ Courif'^ avait, aux journées de Juin, brisé l'efl'ort révolutionnaire. Exilé, au biographie. coup d'Etat de i85i, par le prince Napoléon, qui redoutait son influence, il était rentré en France, mais sans reprendre du service. Son épée était disponible. Longtemps éloigné des pratiques de la religion, séduit qu'il étaitalors, comme tant d'hommes de son temps, par les sophismes des rêveurs qui prêchaient une vague rénovation sociale, il avait récemment retrouvé la foi de son enfance, et l'affirmait avec courage devant ses anciens amis. Quelques mois auparavant, M. de Corcelles, ancien ambassadeur de France à Rome, ayant parlé devant lui de la cause pontificale : « C'est une cause, avait-il dit, pour laquelle il serait beau de mourir, i) Quand, le 3 mars 18G0, Mgr de Mérode vint le trouver en Picardie pour lui transmettre la proposition de Pie IX, il ne se dissimula pas les diflicullcs de l'entreprise, a Le courage, écrivit-il à un ami, ne me maa-

HISTOIUE GÉ.NÉliALE DE l'ÉGLISB

Sa première proclamation aux troupes pontificales.

Etat

de l'armée

pontificale en

Les

volontaires garibaldiens.

L'expédition

des Mille.

Garibaldi

s'empare de

Naples

(7 sej)tembre

quera pas; mai&j'atlends la récompense là-haut plus qu'ici-bas*. » Parti de son château de Prouzel le 19 mars, il arriva à Rome le 3 avril, et déclara au Saiot-Pèrequ'à la seule coadition de ne jamais avoir à servir contre la France, il se mettait à son entière disposition. Sa première proclamation aux troupes indiqua bien dans quel esprit il comprenait ta mission. « La Révolution, disait-il, comme autrefois 1 Islamisme, menace aujourd'hui l'Europe. Aujourd'hui, comme autrefois, la cause de la papauté est la cause de la civilisation et de la liberté du monde. »

La tâche confiée au général ne demandait pas moins les qualités de l'organisateur que celles du combattant. « L'armée pontificale comprenait sept à huit mille hommes à peine, mal vêtus, mal équipés, médiocrement commandés.,. Point de matériel de guerre, ou tellement démodé qu'il n'eût plus convenu qu'à un musée ^. » « Avec cette activité infatigable, que l'Algérie et la France avaient admirée tour à tour, Lamoricière organise, il crée, il améliore, il développe. Sous sa puissante impulsion, le matériel est renouvelé, les cadres se reforment, les services se régularisent ^. » Lamoricière fait appel aux jeunes catholiques de France, à ses anciens compagnons d'armes. Blumenstihl, Quatrebarbes, Pimodan, Recdclièvrc, Ghevigné, Charette viennent le rejoindre.

Pendant ce temps-là, Garibaldi, alors à Turin, recrutait, de son côté, des volontaires pour une mystérieuse expédition. Allait-il envahir les Marches ? On le craignit un moment. On apprit bientôt qu'il se dirigeait vers le royaume des Deux-Siciles. Suivant un témoignage digne de foi, Cavour, ayant connu le projet, l'approuva chaleureusement, « G'est bien, dit-il ; il faut commencer par le sud pour remonter vers le nord. Soyez sûr que, quand l'heure sera venue, je ne le céderai en audace à personne *. » Officiellement, le premier ministre de Victor-Emmanuel désavoua l'expédition 5. Bientôt Mai sala, Palerme tombèrent aux mains de l'aventurier. En présence du péril, leroi François I" de Naples faisant appela un mlnis-

1. P. de la Gorge, t. III, p. 867. Sur Lamoricière, voir Emile Kellbr, Vie du

général Lamoricière.

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