VlLLEFRANCHB. Pie IX, p. IqS
2. (( L'anlipalhie qui lui était commune avec l'Autriche à l'égard du principe des nationalités, le respect qu'elle professait pour l'ancien droit européen et pour let traites menacés, tout semblait faire un devoir à la Russie de prendre parti contre luiiilé italienne, mais la logique de l'intérêt et des passions l'emporta sur la logique des principes. On la vit, par ses manœuvres, fournir aux révolutionnaires l'appoint qui leur manquait «(Lescuklh, lE(jlise catholique en Pologne, ^ aiG)
3. Voir le texte complet du décret dans Chantrel, Annales ecclésiastiques, p. D22-
L'empereur François- Joseph se prononce pour la nonintervention
dans
la question
romaine.
Inaction
des puissances
signataires
des traités
de i8i5.
Vexations
diverses
dont î'Ëglise
e6t l'objet
de la pari
des dilTérents
Etats de l'Europe.
Le
gouvernement
italien
s'ingère
abusivement
l'organisation
de la
hiérarchie
cathuliquc.
Le
gOMvoineiiicnt
français
lâclic la l»ri.le
à la presse
irr«?|igîcusie
et entrave de
plusieurs
manières
les œuvres
calholiques.
Le
gouvernement espagnol,
plus
f^ipeclueux
des droits
de i'Eglise,
se montre
néanmoins
favorable
aux entreprises
du Piémont,
diocésains portant nomination de curés ou de vicaires, ou renfermant des dispositions sur les biens ecclésiastiques ^
En France, Napoléon III, inquiet de l'opposition que sa politique italienne avait soulevée parmi les catholiques, crut pouvoir la désarmer en lâchant la bride à la presse inéligieuse. Celle-ci, à partir de 1860, redoubla d'attaques contre le clergé et contre l'Eglise en général 2. L'empereur ne se contenta pas de cette persécution indirecte. Le 8 mars 1861, son ministre de la justice, M. Delangle, enjoignit aux procureurs généraux de poursuivre, en vertu des art. r^ci et 20/i du Code pénal, c'est-à-dire en les rendant passibles d'emprisonnement ou de bannissement, les membres du clergé catholique qui, dans l'exercice de leurs fonctions, critiqueraient la politique du gouvernement 3. Enfin, par plusieurs actes de la fin de l'année 1861 et du début de l'année 1862, le gouvernement impérial s'attaqua aux laïques eux-mêmes, dans leurs œuvres de charité et d'apostolat, notamment dans la plus florissante de ces œuvres : celle des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul. Les Conférences furent mises en demeure, ou bien d'accepter un président nommé par décret impérial, ou bien de n'avoir plus de liens entre elles*. Deux autres faits xrès significatifs affligèrent profondément les catholiques au cours du mois de janvier 1862. Le 11 de ce mois., un décret impérial nomma professeur au Collège de France Ernest Renan, qui venait de donner 3 scandale de son apostasie, et, le même jour, un second décret institua le maréchal Magnan grand-maître du Grand-Orient de France 5.
L'Espagne, qui avait été si agitée jusqu'en 1869, et dont les troubles allaient renaître en 1866, jouit, dans l'intervalle de ces deux dates, d'une période de calme qui permit à l'Eglise catholique de s'y développer. Mais la campagne menée de 1861 à i865 pour obtenir de la reine Isabelle la reconnaissance du royaume d'Italie, et la réussite de cette campagne en i865, furent une cause de peine pour les catholiques, car le but des agitateurs ne visait pas moins la ques-