‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 235 sur 374 · Ibid., p. /i · texte numérisé non relu

Ibid., p. /i

Ralentisse- En 1862, on donna à Sokolski un successeur dans la personne d© ce mouvement l^aphaël Popof, qui gouverna les Bulgares catholiques jusqu'en eiii86i. i883. A cette date, Rome créa une nouvelle organisation ecclésiastique. 11 y eut à Constanlinople un administrateur apostolique, avec le titre d'archevêque, et deux vicaires apostoliques, celui de Macédoine, avec résidence à Salonique, et celui de ïhrace, avec résidence

à Audrinople *. »

Lô

gouvernement

russe

Les agissements de la cour de Russie dans cette affaire, montraient, une fois de plus, combien le Saint-Siège avait été bien persôcuteles inspiré, lorsque, ni en 1772, tandis que Catherine II promettait orthodoxes. Solennellement la liberté aux catholiques, ni en 181 5, tandis qu'Alexandre 1" se faisait le chef de la Sainte-Alliance contre la Révolution, elle ne s'était fiée sans réserve aux promesses de lempire des tsars. Au fond, ceux-ci ne se considérèrent jamais comme liés par de tels engagements ni envers les nations dont ils se faisaient les protecteurs, ni envers les catholiques ruthènes de leurs Etats, ni envers ceux de Pologne. Le principe de la « raison d'Etat », qui, sous les gouvernements absolus^ sert trop souvent à couvrir les caprices du despotisme, leur- commandait, disaient-ils, cette manière d'agir. En i854, le tsar Nicolas prit prétexte de quelques mesures vexatoires prises par la Porte ottomane contre ses coreligionnaires,pour organiser une persécution formidable contre tous ceux de ses sujets qui n'appartenaient pas à la religion orthodoxe. Musulmans, luthériens, Juifs et catholiques furent confondus dans les mêmes mesures vexatoires. Il prétendait, en agissant ainsi, reprendre simplement l'œuvre de « russification » chère à Catherine II et momentanément abandonnée par Paul I". Il u épura » le clergé, en y introduisant le plus possible d'individus gagnés à ses projets. Plusieurs d'entre eux passèrent au schisme. Mais ils n'y entraînèrent pas les peuples, qui refusèrent d'imiter la honteuse défection de leurs chefs et montrèrent une admirable fidélité à leurs croyances. La prison, le knout et la Sibérie firent des milliers de martyrs. Après l'avènement d'Alexandre II, qui monta sur le trône en i855 et manifesta aussitôt le désir de poursuivre le plan de son père. Pie IX, par plusieurs actes, du 9 avril i855, du 3o janvier et du 7 septembre i856, exposa les plaintes du Saint-Siège. Des déclarations vagues, des me-

Plaintes de Pie IX.

I, R. Jamn, dans les Ec/ios d'Orteni de septembre-octobre 1910, p. 52i. Cf. S. ^A.ILHK, au mot Bulgarie ÔAns le Diclionnaire de théologie de Yacaht-Ma^ ot

t. 11, col. I238-I23l.

DE LA BULLE IfieJ/abUis A l'enctclique Quafita cura 48 1

sures inefficaces, furent les seuls résultats de ces démarches. Le diocèse de Chelm restait comme le dernier asile des uniates ruthènes. Le tsar y envoya, en qualité de professeurs du séminaire, des clercs fojmés dans des universités gchismatiques. Lorsque, le 3i janvier 1859, Pie IX renouvela ses doléances, l'empereur se contenta de lui répondre, en termes généraux, qu'il veillait aux intérêts des catholiques romains ^

Vers i856, au moment même oij sévissait la persécution russe PersécuUo» contre l'Eglise ruthène, la cour de Saint-Pétershourg sembla vouloir catholique» adopter une politique plus douce envers les catholiques de Pologne. polonais. Ou eut bientôt l'explication de cette attitude. Le tsar craignait que le traité de paix qui réglerait la question d'Orient n'abordât la question polonaise. Le traité de Paris fut muet sur ce point. Alexandre reprit alors son ancienne tactique. Le 7 janvier iSby, il permit, par un oukase, de réparer les églises en ruines ou même d'en bâtir dans les lieux où il en manquait ; mais, en pratique, le gouvernement s'arrangea de manière à entraver ou même à annuler les concessions faites aux catholiques, et, plus d'une fois, les matériaux préparc» par eux pour la construction d'une église furent confisqués et donnés à un pope^. Le 12 novembre iSSg, un rescrit interdit, « sous peine d'expulsion immédiate », à tout prêtre catholique « d'admettre à aucun acte religieux personne autre que ses propres paroissiens '^ ». C'était interdire absolument tout acte de prosélytisme de la part des prêtres, toute conversion de la part des schismatiques. En 16G0, le R. P. Lescœur définissait ainsi l'état de la Pologne sous le régime russe : « Absorption politique complète, absorption religieuse graduelle, mais inévitable, voilà la situation*. » En 186 1, l'archevêque de Varsovie, Antoine Fialkowski, étant mort, et le Chapitre ayant élu un vicaire capilulaire qui déplaisait au gouvernement, le nouvel élu fut emprisonné, et défense fut faite au Chapitre de s'adresser au pape. La troupe, à cette occasion, envahit plusieurs églises, pour terroriser les populations.

Celles-ci, étroitement surveillées par une police nombreuse, se

I. Voir E. L11.0WSE.1, Histoire de lunion de l'Eglise ruthène^ Posen, 1880 ; traduit en français, un vol., Paris, Lelhielleux, sans date ; Pieuhng, la Russie et le Saint- Siège, t. 111, Paris, 1901 ; Lescobur, iEglise catholique et le gouvernenieiU russSp Paris, 1903.

2 N oir les faits cités par Lesccbur, op. cit., p. 220-22S,

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