‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 238 sur 374 · Ibid., p. i · texte numérisé non relu

Ibid., p. i

HISTOIRE GÉNÉRALE DE l/ÉGLlSE

ISon esprit se pervertit

rinfluence

de la philosophie allemande.

Rentn

commence

par attaquer

violemment

l'Eglise

•t ses dogmes.

Né à Tréguier le 27 février 1828, élevé dans un milieu profondément chrétien, le jeune Breton s'était d'abord dirigé du côté de l'état ecclésiastique. 11 avait commencé ses études classiques au petit séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet, à Paris, sous la direction de l'abbé Dupanloup, puis était entré, à l'âge de dix-neuf ans, au séminaire de Saint-Sulpice. Il devait, plus tard, rendre hommage à la vertu et à la science des maîtres qu'il y rencontra. Il ne tarda pas cependant à y perdre la foi. « J'appris l'allemand et l'hébreu, dit-il ; cela changea tout*... La philosophie allemande commençait à être connue, et me fascinait étrangement^... Un éternel fier i, une métamorphose sans fin me sembla la loi du monde ^. » Dans d'autres passages de ses écrits, Renan a déclaré que la perte de la foi avait été chez lui la conséquence de ses études critiques plutôt que celle de ses lectures de philosophie allemande. Cette assertion est démentie parle témoignage formel d'un de ses condisciples * et par ses propres écrits. Le jeune séminariste était au début de ses études philosophiques, et n'avait pas encore abordé l'étude de l'hébreu, quand, présumant que sa sœur Henriette allait faire un voyage en Allemagne, il la chargeait de faire un pèlerinage à Kœnigsberg, au tombeau de Kants.

Après trois ans de séminaire, et avant de prendre les engagements définitifs du sous-diaconat, Renan, « voulant, suivant ses propres expressions, quitter un intérieur qui ne pouvait plus être qu'un mensonge » 6, abandonna l'état ecclésiastique, et se livra aux études orientales. Son incrédulité, son hostilité contre l'Eglise se manifestèrent d'abord en des écrits pleins de fiel. « Ses premiers manifestes,

1. RB!tA!», Souvenirs d'enfance et de jeunesse, p. 268. Il y a ici un mot de trop, JËrnesl Renan perdit la foi avant d avoir étudié l'hébreu. Voir Cognât, M. Renan hier et aujourdkui, 2^ édition, p iia.

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