Correspondant du aS mai i864, p
2. Ibid. — Sur les événements de Pologne en i863, voir Monta.lbmbert, flnsur^ rection polonaise, Paris, i863 ; Lesccbur, l'Eglise catholique et le gouvernement russe^ Paris, 1903 ; Pierung, la Russie et le Saint-Siège, t. HI, Paris, 1901 ; Mo:^talembert, le Pape et la Pologne, dans le Correspondant du a5 mai i864, p. i-4i.
3. Heine, De VAllemagne, 2 vol. in-12^ Paris, édition de i865, t. I, p. 18a.
DE LA BULLE TneffahiUs A L*EtCTCLiQUE Qoanta cura 485
nlsme à la loi naturelle du devoir * ; Hegel, en professant l'identité du de Hegel et à%
réel et de l'idéal dans un perpétuel devenir * ; les disciples de ce discipUt
dernier, en se représentant Dieu comme « le spectre de la conscience
humaine » 3, avaient créé un mouvement d'idées qui, par son \ague
même, par ses équivoques, par ses formules religieuses envelo[)pant
une doctrine de stricte autonomie individuelle, était de nature à
troubler profondément les âmes. Mais la forme même de ces doctrines
ne leur permettait guère de franchir le cercle restreint du public
universitaire de la nébuleuse Allemagne. A deux reprises diiTérenlcs
déjà, des Français avaient essayé de traduire en une langue plus
claire et, par là même, avaient commencé à populariser la nouvelle
philosophie germanique. Victor Cousin, en 1817, avait fait entrer Premièrf>«
dans son système, au moins en partie, la théorie kantienne de la vulgarifr 'oni
connaissance, et, en 1020, Jbdgar Qumet, dans une étude sur allemandei
Herder, avait invoqué et glorifié « l'idéalisme créateur de l'Aile- P'"
-,.,,.... , ., , . , ^ . , . \ ictor Cousia
magne ». Mais 1 initiation philosophique tentée par Lousin était et Eigar
incomplète, et l'œuvre de Quinet n'était qu'un appel éloquent. Quiuek,
D'ailleurs, l'un et l'autre mêlaient aux doctrines d'outre-Pihin des
doctrines qui leur étaient propres. Le véritable vulgarisateur en
France, et, par là-même, dans le monde entier, de la philosophie
allemande, exposée sinon dans toutes les parties de son enseignement
technique, au moins dans l'inspiration générale de ses doctrines et de
sa méthode, fut un écrivain dénué de toute philosophie personnelle, Emest Rena«
mais singulièrement souple, nuancé, délié, captieux dans sa pensée (iSiô-iSga).
comme dans son style : l'auteur de la Vie de Jésus, Ernest Renan *.
Breton par son père, il appartenait, nous dit-il, à ces « races de
rêve )) ^ dont « l'imagination vive et fine » aime à se créer « un
monde aérien » ^ ; mais. Gascon par sa mère, il se comparait
plaisamment, et très exactement d'ailleurs, à l'animal de la fable
dont les deux natures formaient un amas de contradictions, i une
étant sans cesse « occupée à démolir l'autre 0, « la première riant
quand la seconde pleurait » ''•
I . RuTssBH, Kant, un vol. in-8, Paris, 1906, p. 353. Cf Ka5t, De la religion considi^rée dans les limiies dt la raison.
3. i'Àï. Rf,:^ouvier, Piiilosopiiie analytique de Ihistoire, Paris. 1897, t. IV, p. 19 • E. IIeli.o, m. Renan V Allemagne et l'athéisme au XIX*" siècle, Paris, 1809, p. 89,
3. Saint- RE^É Taillandier, Hist et pliil. religieuse^ Paris, 1869, p. ao.
4 Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse, p. ao.
5 Ibid., p. 4o.