Ibid., p. i
i. Ibid , p 92.
5. <( Si la bonne foi était bannie du monde, disait notre roi Jean, elle devrait se retrouver sur les lèvres du roi de France. ïuessieurs, pour la défense de notre foi, soyons tous des rois de France... N'imitons jamais ceuî qui, en France, sous Louis- Pbiiippe et sous la République, demandaient la liberté comme en Belgique, et, dès qu'ils se sont crus les plus forts, ou, ce qui revient au même, les amis du plus fort, n'ont point hésité à dire : La liberté n'est bonne que pour nous, car nous seuls nous avons la vérité. » (Mo.^talembbrt, l'Eglise libre dans l'Etat libre, p. i37.) Au bas de la page qui contenait ce passage, Montalembert renvoyait à plusieurs articles de l' Univers.
ô. Quelques-uns même crurent pouvoir découvrir un argument contre le pouvoir temporel des papes dans une phrase de Montalembert, protestant contre « cette horrible confusion dei deux pouvoirs qui est Tidéal de toutes les tyrannies l« (Montalembert, l'Eglise libre dans l'Etat libre, p. 102.) L'orateur, qui avait toujours si ardemment pris la défense du pouvoir tera^porel du Saint-Siège, ainsi que ses amis, Mgr Dupanloup et M. de Falloux, protesta avec indignation contre cette accusation tibid., p. i02-io5, en note). — Sur une inscription du château delà Roche en Brény. commémorant l'engagement pris, en 1862, par Dupanloup, Falloux, Foisset. Montalembert et Albert de Broglie, de a comLaltre pour 1 Eglise libre dans la pairie libre », voir deux interprétations différentes, données, d'une part, par Lecanuet [Montalembert, III, 33o-333) et par Lagrange ( Vie de Mgr Dupanloup, II, 395) ; d'autre part, par Eugène Vbuillot (Louis Veuillot, III, 487- 492) et par l'abbé Jules Morel [Somme contre le catholicisme libéral, 2 vol. in S, Paris, 1877, t. II, p. 445 544j.
DE LA. BULLE IneJJabU'is A L*E?rGYCLiQUE Quanta cura 491
libéralisme condamné. L'illustre orateur s'abstint d'assister au second congrès de Malines, tenu en i864, oii les deux principaux orateurs furent iMgr Dupanloup et le P. Félix. L'évêque d'Orléans, au témoignage d'Eugène Veuillot, « sut garder assez de mesure pour qu'on ne fût pas forcé de le reprendre * », et le célèbre prédicateur jésuite se contenta de dire que l'Eglise, après avoir résisté à la persécution comme à la protection des roi», saurait bien s'accommoder de leur tolérance ; il en donnait comme preuves la Grande-Bretagne, c où chaque degré ascendant de la liberté publique mesure le progrès croissant dé la vie catholique », et l'Amérique, u où cinquante nouveaux diocèses, fondés en moins de cinquante ans, montrent, à ceux qui savent voir et comprendre, comment la liberté nous tue-».
Une brochure intitulée ÏErreur libre dans l'Etat libre attaqua vivement les discours de Montalembert, qui furent en outre dénoncés à l'Index 3. Pie IX, après quelque hésitation, s'abstint d'un blâme public, et se contenta de faire témoigner à l'orateur catholique son mécontentement par une lettre confidentielle du cardinal Antonelli.
Ainsi, vers le milieu de l'année i864, non seulement l'Eglise venait d'être odieusement attaquée dans la puissance temporelle do son Chef suprême et dans les plus essentiels de ses enseignements dogmatiques; mais ses enfants eux-mêmes, les plus zélés de ses défenseurs, se retrouvaient divisés comme ils l'avaient été en i83i et en i85o. Pie IX, qui, depuis i8§2, se préoccupait de faire dresser un catalogue des erreurs modernes pour y attacher les censures convenables, crut le moment venu de faire entendre au monde catholique une parole émanant de son autorité" s^^veraine. Il réalisa ce puojet en publiant, le 8 décembre i864, son encycHquo Quanta cura, qui parvint aux évoques de la chrélienté, accompagnée d'un catalogue ou Syllabus des principales erreurs du siècle.