‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 308 sur 374 · Correspondant du 10 décembre 1896, t. CLXXXI, p · texte numérisé non relu

Correspondant du 10 décembre 1896, t. CLXXXI, p

HISTOIRE GÉXKRALE DE l'ÉGLISE

Vraie vtîeur

de ce plébiscite.

Décret royal

du 4 octobre

annexant Rome et les

provincei

romaines au royaume

d'Italie.

Protestation

du cardinal

Àntonelli

(8 novembre

l'Etat pontifical à voler, par oui ou par non, le 2 octobre, sur la question suivante : « Voulez-vous votre union au royaume d'Italie sous le gouvernement monarchique constitutionnel de Victor Emmanuel II et de ses successeurs ? » Les catholiques fidèles au pape s'étant abstenus, et les agents du gouvernement ayant admis au vote, soas le nom d'émigrés, un grand nombre d'étrangers, attirés de différentes provinces et munis de cartes de leurs préfets ou sous-préfets, la majorité des oui fut écrasante. Rome donna 46.786 oui contre 4; non ; et tout l'Etat pontifical, i33.68i voles favorables à l'annexion, contre 1.607 contraires. La fiction de ce plébiscite apparut quatre mois plus tard, lorsque 27.161 Romains, majeurs et jouissant de leurs drbits civils, affirmèrent, par leurs signatures dûment légalisées, malgré la pression du gouvernement nouveau, qu'ils demeuraient fidèles à l'autorité du Pape ^ Mais déjà, dès le 4 octobre, le roi d'Italie, profitant du plébiscite, avait promulgué le décret suivant : « Art. I*'. — Rome et les provinces romaines font partie intégrante du royaume d'Italie. — Art. 2. Le souverain pontife conserve la dignité, l'inviolabilité et toutes les prérogatives du souverain. » Le 18 octobre, le ministre des affaires étrangères, Visconti-Venosta, adressa aux gouvernements une circulaire ayant pour but de les rassurer sur le sort fait à la papauté par la suppression de son pouvoir temporel *, "

Dans une lettre du 8 novembre 1870, le cardinal Antonelli protesta vivement contre les affirmations de cette circulaire. Il rappelait aux représentants du Saint-Siège auprès des cours étrangères, pour qu'ils en informassent les gouvernements auprès desquels il» étaient accrédités, les principales mesures prises par le gouvernement de Florence contre la liberté de l'Eglise : « la suppression de tous les ordres religieux, Yincamération ^, les entraves imposées à l'épiscopat, l'enrôlement des jeunes clercs dans les armées, l'emprisonnement des ecclésiastiques refusant d'obéir à des lois condamnées par leur conscience, les obstacles apportés. à l'exercice du culte, l'enseignement des doctrines les plus impies dans les chaires universitaires, la liberté laissée à la diffusion de journaux, de gravures, d'écrits de

1. Voir E Rendu, la Lettre du pape et V Italie ojfficielley p. 64» a, GuKyTREL, Annales ecclésiastiques, p. ^27

3. C'est ainsi que les Italiens appelaient les spoliations de biens d'Eglise, qu'ailleurs on a qualifiées de laïcisations ou de désaffectations.

l(jule sorte, déversant le mépris sur îc pn^ic et sur la religion calholirjue ^ »

Ce n'était pas, dit-on, sans une appréhension visible que le roi Victor-Emmanuel apposait sa signature à ces lois persécutrices ; mais « la façon dont il envisageait ses devoirs de souverain constitutionnel ne lui permettait pas de refuser sa sanction aux lois votées par les Chambres^ ». Son émotion fut surtout poignante loisqu'il Pie IX eut sous les yeux la fameuse encyclique du i^' novembre, par laquelle l'excommuni-

Pie IX prononçait, « contre tous ceux qui avaient perpétré l'inva- cation

,, . ,, '11 • • '^ I contre let

siou, I usurpation, l occupation du domaine pontitical, et contre tous envahisseur»

les mandants, aides et conseillers de ces actes, l'excommunication ^^ domaine

r 1- . f 1 • t pontifical

majeure et toutes autres censures et peines édictées par les saints (^er novembre canons ^ ». lÔT^;-

L'angoisse du roi fut à son comble quand, peu de temps après, il fut question de transférer la cour de Florence au palais du Quirinal. « Victor-Emmanuel, dit un historien bien informé, éprouvait une appréhension invincible à fixer sa demeure dans la Ville éternelle *. » Mais, une fois déplus, il dut céder. Le 5 novembre, une foule tumultueuse, convoquée par des meneurs révolutionnaires, parcourut les rues de Rome en criant : « Nous voulons le Quirinal 1 » Le Conseil des ministres était d*avis d'annexer le Quirinal au domaine royal. (( Victor-Emmanuel hésita avant de sanctionner ce double 'Victor-

. , , T^ 1 ^T'w - Emmanuel

attentat contre la souveraineté du pape. Rome, la Ville sainte, hdsite faisait peur à ce soldat... Il appela à lui un ancien conseiller du ^ s'installer

• /^i 1 4 11 1 V iM • 11»*' 1 *^ Quirinal

roi Lharles-Albert, un des plus fidèles serviteurs de la Maison de

Savoie. Il lui déclara qu'il voulait abdiquer. Il le chargea même

de rédiger l'acte d'abdication. Le lendemain, l'acte d'abdication

fut apporté au palais Pitti, à Florence ; mais celui qui avait été ^^ ^'j ^*cide

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