I. Van Duerm, Vicissilades politiques..., p. 4i
3 Le baron Blanc, originaire de la Savoie, avait été d'abord avocat à Ghambéry, puis attaché au cabinet particulier du comte de Gavour. Il devait, dans la suite, être appelé aux fonctions d'ambassadeur à Gonstantinopleel à Londres, et devenir euiin ministre des aifaires étrangères.
L13 CONCirE DU VATICAN A LA MORT DE PIE IX
étant, devenue le rendoz-vous de tons les malfaiteurs, et aucune autorité n'y subsistant plus, il priait le général Cadorna d'y établir, comme dans le reste de Rome, des postes de police et Un service régulier d'administration militaire ». Le cardinal spécifia que cette demande émanait de riniliat,ive du Saint-Père, uniquement inspiré par le désir d'éviter des violences et des malheurs aux populations qui habitaient ce quartier de la Ville Eternelle. Il fut d'ailleurs entendu entre les deux négociateurs que « la question concernant cette partie de Rome ne devait être préjugée ni théoriquement ni pratiquement n. Telles furent les conditions dans lesquelles le gouvernement italien occupa immédiatement le territoire qu'il avait respecté jur^qu'alors ^.
D'ailleurs, ce n'était pas sans une répugnance intime que Victor- Emmanuel s'était vu conduit à pénétrer de force dans la capitale du monde catholique. Il savait que cet acte plongerait dans la plus cruelle angoisse le cœur de deux pieuses princesses qui le touchaient de très prés. Jusqu'au dernier moment, il avait espéré que Pie TX laisserait entrer librement les troupes italiennes sur le territoire pontifical 2. Le Nonpossumus de Pie TX le déconcerta. Pourtant il passa outre. Il croyait avoir besoin des révolutionnaires pour réaliser l'œuvre de sa vie, l'unité italienne ; et le parti de la Révolulion lui imposait la guerre au Saint-Siège jusqu'à la prise de Rome. Borna 0 morte (Rome ou la mort) était le cri des bandes garibaldiennes. Le malheureux souverain aurait pu réfléchir cependant qu'en cédant sur ce point à Texigence de ses alliés il se faisait leur serviteur. « Le jour où le gouvernement sera h. Rome, écrivait en 1866 Massimo d'Azeglio, Mazzini et les siens seront les maîtres. »
La prévision du perspicace homme d'Etat se réalisa. Victor-Emmanuel ne sut plus se dégager désormais des chaînes qu'il s'était données. Pour pallier la flagrante injustice de l'invasion du territoire pontifical, une junte, formée à Rome sous la protection de l'armée piémontaise, convoqua les électeurs de la Ville éternelle et de tout
\ la dcmanfle du
Saint-Père,
les troupes italiennes
occupent la
Cité léonine,
sous la réserve
des droits du
Saint-Siège.
Victor- Emmanuel entre à Rome
avec répugnance.
Mais il ohoil aux exigencef des révolutionnaires.
Le plébiscite
romain
du 2 ocl >lire
1. Les négociations qui eurent lieu à cette occasion entre le cardinal AntoncUi et le baron Blanc portèrent sur bien d'autres points. On y parla d'un modus viveiuli temporaire entre les deux pouvoirs résidant à Rome. Les détails de ces pourparlers «w trouvent dans une collection de documents diplomatiques éditée en 1895 par le baron Blanc, tirée à un petit nombre d'exemplaires et ne se rencontrant point dans le commerce. Ces documents ont été reproduits en grande parlic et complètement analysés par M. François Carry, dans un article du Corresr'Ondaii paru le 19 novembre 1896 et intitulé : Le Vatican et le Quirinal d'après des duciimenls nouveaux.