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les communes et les diocèses pourraient ouvrir librement des cours 18-5). et des Facultés. Pour la collation des grades, on avait fini par s'entendre sur une transaction: les étudiants des universités libres auraient le choix de se présenter, pour leurs examens, devant les Facultés de l'Etat, ou devant un jury mixte, composé par moitié de professeurs de l'Etat et de professeurs des Universités libres. Les jurys mixtes devaient cire plus lard supprimés.
Au cours des débats sur cette importante question, de très vives attaques avaient été dirigées par la gauche contre le catholicisme. L'opposition anticléricale, en effet, n'était point morte, et profitait de toutes les faiblesses du mouvement catholique. La première faiblesse de ce rtiouvement était dans k persistance des deux tendances, Origine* dua libérale et autoritaire, dont nous venons de parler. La seconde fai- anliciérical. blesse des catholiques était dans leur division en plusieurs partis politiques. De diverses tentatives de restauration monarchique, faites de 1871 à 1874, ils étaient sortis plus divisée que jamais en légitimistes, orléanistes, impérialistes et républicains. Enfin les manifestalions qu'ils avaient faites en faveur du pouvoir temporel du pape, quelques exagérations de langage des journalistes, quelques acclamations peut-être imprudentes des foules, exploitées par la mauvaise foi de la presse hostile, les faisaient passer, aux yeux de certaines gens, pour les provocateurs téméraires d'une nouvelle guerre, pleine
I. G. \\ EiLL, Ilisl. du cath. lib. en France^ p. 196. Les deux principaux organes des catholiques qui so plaçaient sur le même terrain que Mgr Dupanloi-\ élaiont le Correspondanl et lo Bidlelinde la Société générale d'éducation,
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de risques. Les comités libres penseurs fondèrent de nouveaux journaux. Le franc-maçon Jean Macé, directeur de \di Ligue de l'enseignement, poursuivit, par la publication de nombreuses brochures, sa campagne pour « l'idée républicaine et laïque ». Gambetta se proclama le « commis-voyageur» de l'anticléricalisme. La Répuhliqiu La presse française, fondée par Gambetta, le Dix-neuvième siècle, dirigé pai About et Sarcey, le Rappel, avec Vacquerie et Lockroy, dénoncaienl chaque jour les prétendus abus depouvoir des prêtres. Charles Renouvier, dans la Critique philosophique, attaquait les principes catholiques. Renan recouvrait sa chaire au Collège de France. On s'effor çait d'identifier, dans l'esprit des masses, le catholicisme avec h conspiration contre le gouvernement établi, la République avec h libre pensée. La Chambre élue en 1876 eutune majorité républicain» et anticléricale. En vain le maréchal de Mac-Mahon, président de 1< République, essaya, en s'appuyant sur le Sénat, de résister à h La Chambre Chambre. Le II mai, la Chambre, « constatant que les menées ultra républicaine niontaines constituaient une violation flagrante des lois de l'Etat aniiciéricale invita le gouvernement à user des moyens légaux dont il disposait » de 1876. Lg ^Q j^^j^-^ |g maréchal manifesta son intention de résister à li Chambre par la nomination d'un ministère conservateur. La gauchi feignit de voir dans cet acte une inspiration cléricale. « C'est un cou] des prêtres ! s'écria Gambetta ; c'est le ministère des curés ! » Un flo de journaux, de brochures, delibelles, propagés parla franc-maçon nerie, répandit cette idée dans les milieux populaires, et les. gagna ei partie. « La grande masse des citoyens, — écrivait dans son journa intime le cardinal de Bonnechose, s'imagine que le triomphe du gou La Chambre vernement actuel amènerait le despotisme et la guerre étrangère ^ :
élue les Aussi les élections des i^-aS octobre 1877 donnèrent elles une fort 14-28 octobre . . , , , a r\ ? • i^ 1 i /-.i i
est majorité a la gauche. On put prévoir des lorsque la Chambre triom
plus inclinée plierait tôt ou tard du Sénat et du Président. « Tout sera prêt alors
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vers la gauche, écrivait le Rappel, pour aborder les grandes reformes 2. » Les grande réformes, c'était la lutte ouverte contre le catholicisme sous ladircc tion d'un homme dont l'influence ne cessait de grandir, Léon Gam betta.
I . Mgr Besso^, Vie du cardinal de Bonnechose^ t. II, p. 234. a. Le Rappel du 34 décembre 1877
Pendant la dernière des crises que nous venons de raconter, vers le milieu du mois de septembre 1877, Pie IX, recevant des pèlerins français, avait terminé son allocution paternelle par cette prière : « 0 mon Dieu, je vous recommande la France ! * » Mais la France n'était pas le plus grand objet de ses anxiétés. De 1870 a 1877, l'Allemagne, menée par Bismarck, avait dirigé contre le catholicisme des attaques non moins violentes et plus redoutables que celles que méditait Gambetta.
On raconte que le terrible chancelier, recevant à Reims, le 10 septembre 1870, le député Werlé, ancien maire de cette ville, lui avait dit: « Les races latines ont fait leur temps... Un seul élément de force leur reste, c'est la religion ; quand nous aurons eu raison du catholicisme, elles ne tarderont pas à disparaître 2. » Le moyen le plus sûr d'avoir raison du catholicisme dans les nations latines, c'était de le poursuivre partout, même chez les nations germaniques. On le poursuivit en Allemagne. La tactique employée pendant la guerre franco-allemande fut très captieuse. « Si l'on parvenait à faire croire que les prêtres catholiques souhaitaient la défaite de TAIlemagne, puis à établir d'autre part que les victoires allemandes étaient des victoires du protestantisme, ce serait l'affaire de quelques votes, ensuite, pour mettre les catholio' es hors la loi. On épia donc les propos des curés ; et les espions, laligués, finirent par en inventer : on disait qu'ils faisaient prier pour les victoires des Français » ^. D'autre part, « d'audacieuses questions étaient posées : allemand et protestant, welche et catholique, devenaient des termes synonymes *. )) Quand, en 1870, les catholiques d'Allemagne organisèrent des pèlerinages à Beuron, à Fulda, à Rome même, Bismarck manifesta son mécontentement 5. Quand, vers la fin de cette même année, la soixantaine de catholiques élus au Landtag prussien, se constitua en groupe dénommé « Centre, parti de la Constitution »,