ClIANTREL, p
L'ex-Père
Hyacinthe
à Genève
Prise de
possession
par le
gouvernement
de toutes
les églises
et chapelles
catl\olic]ues.
Constance
adan'iablc des
caliioliques.
Décadence
de l'Eglise
schismatique.
ca:nie Loyson se présenta, le 12 octobre 1873, aux sufTmges des électeurs pour la cure de Genève, et y fut élu, avec deux coadjuleurs ; mais, moins d'un an après, ne pouvant supporter l'encombrante tutelle du comité laïque qui prétendait, conformément à la loi, surveiller son administration, le malheureux intrus se démit de sa charge, en déclarant, le /Jaoût 1874, que l'Eglise prétendue libérale et catholique de Genève ne lui paraissait « ni libérale en politique ni catholique en religion w.Des intrus de moindre valeur se contentèrent des conditions qui leur furent faites.
Pour u l'Eglise catholique nationale », il fallait des édifices religieux. La loi nouvelle avait déclaré que tout édifice religieux appartiendrait de droit « au culte salarié par l'Etat ». En conséquence, le gouvernement mit la main sur toutes les églises, chapelles et presbytères catholiques. En plusieurs endroits, les fidèles spoliés protestèrent. Beaucoup d'entre eux furent condamnés à l'amende ou à la prison.
Ni le clergé, en effet, ni les fidèles, puissamment encouragés par leur premier pasteur, ne se laissaient abattre par la persécution. Ils se réunissaient dans des hangars, dans des granges, qu'ils transformaient eui chapelles. Par une singulière ironie, où l'on se plut à voir la mam de la Providence, le temple maçonnique de Genève ayant été mis en vente par ordre de justice, des catholiques en firent l'acquisition, et le lieu de réunion des loges devint l'église du Sacré- Cœur.
Bref, en 1879, 1' « l'Eglise catholique nationale » était en pleine décadence ^ et le catholicisme témoignait à Genève d'une puissante vitalité. Si Bismarck avait compté sur le succès du schisme en Suisse pour consolider son œuvre en Allemagne, il dut se trouver singulièrement déçu 2.