‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 335 sur 374 · Ibid.^ p. io8et s · texte numérisé non relu

Ibid.^ p. io8et s

rcpond-il, si, pour vous, c'est du socialisme; mais, pour moi, c'est du pur christianisme ^ »

(Je que Mgr Mauning est pour l'Angleterre, Mgr Ketteler, évêque de Mayence, l'est pour l'Allemagne. On l'appelle « i'évêque social >;. Gomme son frère de Londres, il déclare puiser dans l'amour de Dieu, tel que le christianisme l'enseigne, la solution de tous les problèmes redoutables soulevés par l'organisation actuelle du travail et de la propriété. « Depuis que le Fils de Dieu est descendu sur la terre, dit-il, l'esprit créateur du christianisme a résolu, dans la limite du possible, toutes les grandes questions, même celles qui ont rapport aux misères et à la nourriture des hommes 2. » Dans l'ordre de la théorie, Ketteler expose sa doctrine dans un grand nombre de discours, de brochures, de grands ouvrages, dont le plus célèbre a pour titre : La question ouvrière et Le christianisme. Il y décrit, avec une vigueur que peu d'écrivains ont atteinte, le malaise profond créé dans la société par le développement de l'industrie d'une part, et, d'autre part, par le progrès de doctrines dignes du paganisme. Il examine ensuite et critique avec une rare compétence les solutions proposées par les socialistes Lassalle, Karl Marx et Engels. Il reconnaît que la fondation de sociétés coopératives de production, solidement organisées, serait le moyen le plus direct de relever la condition des ouvriers. Mais il ajoute aussitôt qu'un tel moyen ne saurait être efficace sans l'esprit chrétien dont l'Eglise catholique a seule le dépôt authentique, « l'Eglise, dit-il, qui n'exerce pas son influence par des moyens plus ou moins mécaniques, mAis par l'esprit qu'elle inspire aux. hommes ^ ».

Que cette action de l'Eglise doive se produire d'une manière très lente, Ketteler ne se le dissimule pas ; mais il croit que l'Eglise, qui a mis fin à la servitude antique en brisant l'orgueil du maître et en relevant l'esclave de son avilissement, saura, dans la mesure où la condition humaine le permet, vaincre l'égoïsme du capitaliste moderne et modérer la convoitise du travailleur *. Dans l'ordre de la pratique, Ketteler fonde à Mayence des caisses de secours, des cercles

1. Thcrba-u-Dangih, la Renaissance catholique en Angleterre, t. 111, p. 270. H.Hgmmer, Le cardinal Manning, un vol in-ia, Paris, 1898, p. 4o8.

a. Jean Lionnet, Un ëvégue social, Ketteler^ un vol. in-ia, Pans, 1900, p. 70. Cf. Œuvres chgisies de Ketteler, Irad Decurtins, B4le^ 1^92, et Gotau, l'Allemagne religieuse, le catholicisme, l. U, p 397- 4oo. , 3. LioNivET, op cit., p. 7a.

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