‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 334 sur 374 · Taine, le Régime modemey t. II. p. iiô · texte numérisé non relu

Taine, le Régime modemey t. II. p. iiô

Histoire génékale de l église

Antonio

RosoniDi

Les œuvres

de charité

en Angleterre

Le cardinal

Manning

et à la Sainte Vierge. Au uioment où ses œuvres prennent leur premier grand essor, il écrit dans son journal intime : u Je vous demande, ô Père, ce qui est dans le Cœur de Jésus... 0 Marie, demandez à Dieu pour moi ce qui est bon devant Dieu, devant votre divin Fils ^ » Et, jusqu'au terme de sa vie mortelle, en i855, c'est une pvière semblable qu'on trouve encore sous sa plume : « 0 mon Dieu, je vous demande ce que le Cœur de Jésus désire que je vous demande -. » Inspirées d'un pareil esprit, les œuvres rosminiennes se développent, se multiplient, débordent l'Italie et opèrent des merveilles à l'étranger, principalement en Angleterre ^.

Anglais de race et d'éducation, le grand homme d'œuvres de l'Angleterre à la même époque, Mgr Manning, créé cardinal par Pie IX en 1876, n'a pas une manière différente d'envisager et de pratiquer la piété. « Le prêtre, disait-il, doit vivre comme s'il avait constamment à côté de lui son divin Maître. S'il va dans le monde, ce doit être comme légat a latere Jesu. » Et celui de ses biographes qui a étudié de plus près son action sociale ajoute, après avoir cité ces paroles : « La dévotion au Sacré-Cœur, considérée comme conséquence de l'Incarnation, était pour lui le moyen pratique d'établir entre l'âme et Jésus cette union intime ^. » Encore attaché au protestantisme, il se donne tout particulièrement aux œuvres qui ont pour but de diminuer chez les pauvres gens les habitudes d'ivrognerie. Devenu catholique, prêtre et archevêque, il continue à propager les sociétés de tempérance ; mais il étend le champ de ses œuvres. Il demande le home raie pour l'Irlande, par compassion pour les souîlVances de cette nation et parce qu'il voit dans cette réforme une application de la justice sociale. Ses rapports avec les Irlandais de\4iennent le point de départ de ses rapports avec les ouvriers de Londres. On l'appelle le Père des pauvres, le Cardinal des ouvriers ^ et quand, en 1889, une immense et terrible grève menacera la ville <Ie Londres, li aura seul le pouvoir d'apaiser et de faire retourner au travail 260,000 ouvriers menaçants 5. « Prenez garde, lui dit un jour quelqu'un. C'est du socialisme que vous laites là. — Je ne sais pas,

1. LoGKHART, Antonio fiosmini-Serbatif trad. Segond, un vol. in-S^», Paris, 1889, p. /!46.

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