‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 337 sur 374 · Correspondant de 1893, tome CLXXII, p. a43, en note · texte numérisé non relu

Correspondant de 1893, tome CLXXII, p. a43, en note

a. Voir Vogblsang, Morale et économie sociale ; Id., Politique sociale, 2 vol.in-ia, Irad. P. de Pascal 'collection Science et Religion).

5. Michel Gornudet, dans le Correspondant du a5 janvier 18.78.

6. A. DE Melun, Vie de la Sosur Rosalie, un vol., in-8«, Paris, 1857,

OEUVRE» BT MTSSrOXS CATnOl.lf^VVS «OTJS LR PO?«TTFICAT DE PIE TX 627

développement. Elu député à l'Assemblée législative, en 18^9, il y prépare et y défend, avec une compétence qu'amis et adversaires politiques s'accordent à lui reconnaître, les meilleures lois de cette époque : les lois sur les logements insalubres, sur les contrats d'apprentissage, sur les monts de piété, et il prend une part très importante à la rédaction de la loi sur la liberté d'enseignement K

Léon Lefébure, fidèle disciple d'Armand de Melun dès sa première ^'^«'ij'*'^' "'^ jeunesse, collaborateur de Frédéric Le Play à l'Exposition de 1867, député de Colmar en 1869, sous-secrétaire des finances en 1878, n'attache pas son nom à une œuvre particulière ; mais il collabore avec intelligence et activité à la plupart des institutions charitables do son temps, et tout le prépare à la fondation de cet Offire central des œuvres de bienfaisance qui couronne sa féconde existence *.

Nous avons eu l'occasion de dire plus haut comment le jeune lieu- .viberi de Mu» tenant Albert de Mun et le capitaine d'état-major René de la Tour du (^^^i- 1914). Pin avaient fondé, en 187 1, les Cercles catholiques d'ouvriers. Jamais œuvre ne fut plus brillamment inaugurée. Sous le régime d'une Assemblée nationale qui, par les sentiments profondément religieux de la plupart de ses membres, autorise tous les espoirs, on peut voir le lieutenant, puis le capitaine Albert de Mun, sans négliger ses devoirs professionnels, mais aussi sans quitter le sabre et la cuirasse, soulever l'enthousiasme d'immenses réunions, que des autorités de toute sorte, généraux, magistrats, préfets, jusqu'au maréchalprésident lui-même, viennent parfois rehausser de leur présence. Au lendemain des désastres de 1870 et des désordres de la Commune, l'œuvre des Cercles catholiques d'ouvriers bénéficie de la conviction éloquente de ses apôtres et du besoin d'initiatives patriotiques, sociales, franchement chrétiennes. « Hommes d'action tt patriotes clairvoyants s'unissent pour soutenir et propager l'œuvre nouvelle. La faveur d'un grand nombre d'évêques et bientôt la haute approbation de Rome font le reste. Unis dans un même sentiment de conservation sociale et de relèvement national, ouvriers et dirigeants fraternisent. [1 faut lire le rapport écrit par Albert de Mun le soir du pèlerinage des Cercles à Notre Dame de Liesse, le 17 août 1873 ^. C'est un bulletin de victoire, rédigé en style militaire par

I. Bautïard, Vie du vicomte Armand de Melan^ un vol. in-80, Paris, 1880.

a. H. JoLY, 0:anam et ses continuateurs, un vol. in-ia, Paris, 1918, p. i83-3"^r.

3, A. DB Murf, Œuvres, 1. 1, p. Ga et s.

de la T»ur du Pin.

un fier soldat *. » A côté du capitaine de Mun, le capitaine de la Tour du Pin, esprit observateur, réfléchi, profond, élabore dans lo « Conseil des Etudes », la doctrine qu'il formulera plus tard dans son important ouvrage : Vers un ordre social chrétien, et dans son précieux petit volume : Aphorismes de politique sociale. Le P. de Pascal, MM. de Ségur-Lamoignon, Savatier, de Bréda, prennent part aux discussions sociales que préside celui qui déjà s'impose à eux comme un maître. Une Revue, l'Association catholique, et un périodique hebdomadaire, la Corporation, sont fondés pour propager les idées du nouveau groupe.

Mais ces brillants débuts n'ont pas de lendemain. La première génération de jeunes gens, unis, enthousiastes, n'est pas remplacée par des recrues suffisantes. La doctrine de l'œuvre est contestée par de graves économiste». Les cercles fournissent aux ouvriers déjà catholiques de réels avantages, mais n'attirent guère les autres. On a souvent parlé de l'échec, au moins partiel, de l'œuvre des Cercles catholiques d'ouvaiers. On oublie que l'œuvre d'Albert de Mun et de René de la Tour du Pin s'est survécue en d'autres œuvres, qui, pour porter des noms divers, ne tiennent pas moins d'elle leur origine, leur esprit, leur élan. L'Association catholique de la Jeunesse française se rattache à un groupement de jeunes gens fondé par les deux vaillants officiers. Les cercles d'études, si répandus de nos jours, dérivent du « Conseil des études ». Les syndicats chrétiens actuels ont été ébauchés dans les projets de corporation chrétienne élaborés en 1871. Les Semaines sociales ont eu pour promoteurs des disciples d'Albert de Mun et de René de la Tour du Pin ; et l'on a vu, au début du XX* siècle, des groupes nettement hostiles en politique, se réclamer avec la même ardeur des doctrines sociales proclamées au lendemain de 1870, par l'œuvre des Cercles.

Les Filles de la Charité ne professent pas de doctrine sociale ; mais ée U Chanté, les initiatives si heureuses de la Sœur Rosalie, son Bureau de la Charité, ses diverses fondations, patronages, congrégations, asiles pour les vieillards^ institutions diverses pour l'enfance, deviennent pour elles des modèles, rajeunissent leur apostolat charitable, leur permettent d'adapter leurs méthodes traditionnelles aui besoins nouveaux 2.

Lé« Cercles catholiques d'euvriers.

Lm Filles

X. Léonce de GRANDMA.isoif, les Etudes, t. CXLI, 1914» p. 3d. a. A. DB Melun, Vie de la Sœur Rosalie, p. 36-i63.

Sous la pression des événements, et sous la haute direction de leur Les Frèr^

Supérieur général, le Frère Philippe, les Frères des Ecoles chrétiennes ?®' Ecoles ., . 1 chretiennasw

élargissent aussi leurs moyens d action.

Leur point de départ, leur œuvre première, c'est l'école primaire. Mais, lorsque la famille offre si peu de secours chrétiens à l'enfant sorti de l'école, n'est il pas naturel que ses anciens maîtres songent à s'occuper de lui ? Le Frère Philippe pense que les cercle» déjeunes gens, les maisons de famille, les classes d'adultes, les colonies agricoles, les orphelinats, l'enseignement professionnel, industriel, agricole et commercial, se rattachent à l'œuvre voulue par saint J.-B. de la Salle, et Dieu les bénit abondamment *.

Les Frères de Saint-Vincent-de-Paul n'ont pas à se poser de pareilles I-es Frèrw questions. Ils ont été fondés précisément pour s'occuper de toutes les s^int^vinceniœuvres populaires qu'exigeront les besoins des temps. La Révolution de-Paul, de 1848, puis la guerre de 1870 et la Commune de 187 1, sont, poui la jeune Congrégation, les occasions d'un redoublement d'activité el de succès. Revêtus de l'habit laïque, « les Frères de Saint-Vincentde-Paul, inconnus du grand nombre, semblables en tout, quant :i l'extérieur, aux catholiques zélés qui se dévouent aux œuvres, D'échappent pas seulement aux persécutions ; ils peuvent, au milieu des plus violentes commotions politiques, continuer, presque sans entraves, leur secret apostolat ^ ». En 1871, Pie IX leur demande d'ajouter, dans leurs Constitutions, aux œuvres d'ouvriers et de pauvres, les œuvres de soldats ^. C'est dans une de leurs maisons, celle de Notre-Dame de Nazareth, au boulevard du Montparnasse, que l'œuvre des Cercles catholiques d'ouvriers prend naissance, et c'est de leur initiative que naît, sous la présidence de Mgr de Ségur, ami et protecteur de l'institut, l'Union des associations ouvrières catholiques, qui a si puissamment contribué à multiplier les œuvres ouvrières dans tous les diocèses de France *.

I. PoDJOULAT, Vie du Frère Philippe^ un vol. in-ô»^', a» édition, Tours, 187?, p. 139-161 .

a. Vie de M. Le Prévost, un vol. in-S», Paris, 1890, p. i56.

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