Ibid., p. a6a
4. Sur le détail des œuvres de la Société des Frères de Saint-N incenk de-Pau!, voir la Vie de M. Le Prévost, qui est, en même temps, l'histoiie delà Con(^régatiou jusqu'en 1871.
HlSiOlRE GENERALE DE L EGLISE
1^9 tBiivre* :J"-'Jîfication.
La peinture clirétienne.
llippolyle
Flandrin
L'architecture chrétionne.
Est-ce une œuvre d'art ou une œuvre d'apostolat que poursuivent, au temps de Pie IX, le peintre Hippolyte Flandrin en France, les disciples d'Overbeck en Allemagne, les « préraphaélites » d'Angleterre qui ont Ruskin pour législateur et pour héraut? La prédominance de l'idée d'apostolat est incontestable chez le peintre des églises de Saint-Vincent-de-Paul et de Saint-Germain-des-Prés de Paris, de l'église Saint-Paul de Nîmes. On a dit, des admirables figures où sou âme si pure transparaît, qu'on y trouve plutôt « un reflet attendri dupasse » que la clarté rayonnante d'une « aube nouvelle ^ ». Mais sa peinture exprime une piété si douce et si recueillie, qu'une voix compétente a pu le comparer à la fois « à un néophyte chrétien peignant les catacombes n et encore « à un artiste du XV® siècle décorant les chapelles et les monastères avec une inépuisable ferveur • ».
Dans le renouveau religieux de l'architecture qui s'opère pendant la même période, l'inspiration est purement chrétienne chez Montalembert, qui, dès i833, dans sa lettre sur le Vandalisme en France^ écrit : « J'ai pour l'art du moyen âge une passion ancienne et profonde ; passion avant tout religieuse, parce que cet art est, à mes yeux, catholique avant tout » ^. Mais chez Victor Hugo, chez Michelet, chez Mérimée, chez Vitet, comme chez les disciples allemands de Wackenroder, l'inspiration est surtout artistique. Didron, dans ses Annales archéologiques, fondées en i844, et Arcisse de Caumont, dans son Abécédaire d'archéologie, paru en i85o, en préparent la réalisation. Un architecte de grand talent, Viollet-le-Duc, dont les écrits et l'œuvre monumentale dominent l'époque, la réalise. Ses restaurations de Notre-Dame de Paris et d'un grand nombre de monuments à Vézelay, à Autun, à Beaune, à Toulouse, à Carcas- Bonne, ne sont pas à l'abri de toute critique. Mais son œuvre a def parties admirables, et l'ardeur de son prosélytisme est infatigable.
I. An Iré Pératé, dans Un siècle. Mouvement du monde de 1800 à 1900, édit. grand in-80, Paris, 1900, p. 633.
a. Discours de M. Belle, secrétaire de l'Académie des beaux-arts, sur la tombe d'Hippolyte Flandrin. Voi Louis Flandrin, Hippolyte Flandrin^ un vol. in-8"», illublié, Pdris, 1909.