A. l*ÉRA.TÉ, op. cit.. p. 6a9-6.3o
a Gh, GuiLLEMANT, Pievre-Louis Parisis, t. 1 p aoo-210.
o. Ani6(iée GASTOié, l'Art yrégorien un vol in-ia. Paris, 191 1, p 108 109. Sur la beauté du chant religieux, de Solesmes, voir Revue des Deux Mondes du i5 novembre 1898.
La philosophie chrétienne.
Cajetano Sanseverino.
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à la
philosophie
de
«aint Thomas
d'Aquin,
L'Eglise du milieu du xix® siècle n'emprunte pas seulement au moyen agcles principes du rajeunissement de son architecture et de son chant liturgique ; c'est à l'époque médiévale qu'elle s'adresse pour retrouver les voies traditionnelles de sa philosophie et de sa théologie.
En i84o, le bibliothécaire de la Bibliothèque royale de Naples, le chanoine Cajetano Sanseverino, qui n'avait, dit-on, que deux passions : classer sur des rayons des volumes poudreux et lire les œuvres de Descartes, reçoit la visite d'un jésuite de Reggio, le P. Sordi, qui lui révèle Jes profondeurs de la Somme de saint Thomas. Le bon chanoine, ravi des nouveaux horizons qui s'ouvrent à sa pensée, étudie, avec un amour croissant, la doctrine du Docteur Angélique ; et, après trois ans de silence et d'étude, publie, à Naples, sept volumes in-8°, intitulés : Philosophia christiana cum anliqiia et nova comparata. Le succès en est considérable. Déjà, parmi les catholiques, plusieurs esprits vigoureux et indépendants, déçus par les théories vagues ou inconsistantes du traditionalisme, du cartésianisme et de l'ontologisme, se sont tournés vers la philosophie de saint Thomas *. En i846, Jacques Balmès commence sa Philosophie fondamentale par ces mots : « Ceci n'est que la philosophie de saint Thomas appropriée aux besoins du xix^ siècle ». L'apparition de l'ouvrage de Sanseverino accentue cette orientation. En i853, le P. Gratry écrit, dans son livre De la connaissance de Dieu : « On peut dire que saint Thomas d'Aquin renferme saint Augustin, Aristote et Platon... Il lui manque d'être compris. Il y a en lui dea hauteurs, des profondeurs, des précisions que l'intelligence contemporaine ne comprendra peut-être que dans quelques générations, si la philosophie se relève ^. » En cette même année i853, un jésuite allemand, le P. Kleutgen, publie le premier volume de sa Défense de la thétlogie ancienne ^. En Italie, un autre religieux de la Compagnie de Jésus, le P. Cornoldi, fonde à Bologne une Académie de Saint-Thomas. Pie IX ne se contente pas de louer Sanseverino d'avoir « aidé le jeune clergé dans les principes de la saine doctrine » * ; il ne cache pas son admiration pour les anciens docteurs scolastiques *,
1. Gr.vtrt, De la Connaissance de DieUy t. I, p. 276. 2 Ibid., p. 826.
3. Traduite en français sous ce titre : la Philosopide scolastiqae exposée et dé» fendue^ 3 vol. in-8^, Paris, 1868.