MoNTALBMBERT, Œuvres, t. VI, p
La muiiqa« religieuse.
La
restauration
du chaut
grégorien.
Sun influence pénètre l'Europe. Elle se fait sentir en Allemagne, qui se glorifiera bientôt déterminer, avec quelque lourdeur, la cathédrale de Cologne; et son action, se rencontrant en Angleterre avec celle de Ruskin, inspire la restauration de plusieurs monuments gothiques ^
C'est encore aux monuments du moyen âge que la musique reJi gieuse demande le secret de sa rénovation.
En i84o, l'apparition du tome I" des Institutions liturgiques de Dom Guéranger et la publication de l'Instruction pastorale de Mgr Parisis sur le Chant de l'Eglise *, donnent la première impulsion au mouvement. La formation, en 18/19 P*^*^ ^®^ archevêques de Reims et de Cambrai, sur les conseils de Pie IX, d'une commission chargée de restaurer le chant liturgique d'après les anciens manuscrits, la publication par le P. Lambillotte, jésuite, de sa Clef des mélodies grégoriennes, les études particulièrement suggestives du clianoine Gontier, du Mans, et l'édition, faite en 1876 par un chanoine de Trêves, Hermesdorff, d'une partie du Graduale : telles sont les principales étapes d'une réforme qui s'achève en i8So par la publication des Mélodies grégoriennes de dom Pothier. C'est à dom Joseph Pothier, en effet, qu'appartient l'honneur d'avoir restaure le Dom Pothier chaut grégorien dans 1 Eglise. Son oeuvre capitale est le fruit de vingt ans de patientes recherches.
En 1860, pendant qu'il est encore simple novice à l'abbaye bénédictine de Solesmes, dom Guéranger, frappé de ses particulières aptitudes, le charge de transcrire, avec l'aide de deux de ses confrères, Dom Jansion et Dom Fonteinne, les antiphonaires poudreux de Saint- Gall et de l'école messine, de comparer les notations des codices avec les textes des théoriciens, et d'établir une copie clairement lisible du graduel grégorien. Un premier essai paraît en 1868. Mais « les points les plus délicats doivent être fouillés encore, et douze ans s'écoulent en nouveaux essais, en nouveaux travaux, obscurs, mais féconds. Enfin, en 1880, paraissent les Mélodies grégoriennes, dont la publication suscite un émoi considérable parmi les plain-chantisles. L'ouvrage est aussi neuf aujouid'hui qu'au premier jour ; s'il peut, à certains égards, être complété, on n'y trouve rien à reprendre » 3.