M.VLGERET, Mgr Dalaillon, un vol. in-S», Lyon, i
ŒUVRES ET MISSIONS CATHOLIQUES SOUS LE PONTIFICAT Dt Plt IX 65^
Cet héroïsme, simple el grand, on le rencontre dans la vie de Mgr Pompallicr, qui se dévoue au salut des pauvres Maoris de la iNouvelIe-Zclande ; de Mgr Viard, premier évêquc de Wellington, dans la INouvelle-Zélande ; de Mgr Epalle, vicaire apostolique de la Mélanésie et de la Micronésie, massacré par les cannibales ; de Mgr Douane, l'apôtre des Canaques. Mais la figure la plus attachante est peut-être celle du P. Damien Dcvcustcr.
« Originaire de Belgique, il appartient à la France par sa famille Le P. Damien, religieuse, la Société des Pères des Sacrés-Cœurs de Picpus ; et son ^ç.^ lépreux, héroïque dévouement honore l'Eglise et l'humanité tout entière. La lèpre ravageait les îles Sandwich. Tous les malheureux atteints du iléau étaient relégués dans l'île de Molokaï. Abandonnes à euxmêmes, sans secours d'aucune sorte, ils se livraient, pour oublier leur mal, à l'ivresse et aux plus épouvantables excès. Emu jusqu'au fond de l'âme, le saint religieux demande à son évêque de le laisser aller à Molokaï. Pendant treize ans, il est le compagnon des lépreux, leur ami, leur médecin, aussi bien que leur pasteur et leur père. Le i5 avril, rongea son tour par la maladie qui décime son troupeau, il expire en disant : « Oh I comme il est doux de mourir enfant du Sacré-Cœur * !... »
En même temps, la Providence ouvrait une ère nouvelle sur le Les miision» graud continent noir. « Tandis que les puissances de l'Europe d.'ifriqu*, all.iiont se partager la terre africaine, il fallait que de nouveaux apôtres surgissent pour les précéder ou pour les suivre. A l'Est, le mouvement d'évangélisation partit de l'île Bourbon. Successivement, deux saints prêtres de la Congrégation du Saint Esprit, le P. Dalmont elle P. Monnet, après avoir évangélisé les îles Sainte-Marie el Nossi-Bé, furent nommés vicaires apostoliques de Madagascar ; mais la mort les empêcha l'un et l'autre de s'y étabhr. C'est alors, en i85o, que la mission fut remise aux Pères de la Compagnie de Jésus. On sait le grand bien qu'ils y ont fait. Sans eux, Madagascar serait aujourd'hui protestant el anglais.
« C'est de Bourbon que partit aussi, en 1860, le premier mis-
i., Leuam>et, op. cit., t. 1, p. 445 440 ; Correspondant du 25 juillet 1889. iliai. j^ciu. de l'E^flise. — \iH 4a
HISTOIRE GFNERAT.F DF L FGMSE
La
Gongré galion
du Saint-Esprit.
Les Misiîon»
Africaines
de Lyon.
Les « Pères Blancs ».
Les missions d'Amérique,
Le Brésil.
sionnaire, le P. Fava, mort, depuis, évêqiie de Grenoble, pour porter l'Evangile à Zanzibar. Peu après, les fils du P. Libermann ^ prenaient possession de la mission. La Congrégation du Saint-Esprit se trouvait désormais chargée de l'évangélisation de la plus grande partie du continent noir. Cependant un nouveau et providentiel secours venait à l'Eglise. Dès 1869, ^g^' Marion de Brésillac fondait à Lyon l'œuvre des Missions africaines Dix ans plus lard, en 1868, Mgr Lavigerie, archevêque d'Alger, réunissait autour de lui quelqus prêtres de bonne volonté, qui formèrent la Société de Notre-Dame d'Afrique. Les « Pères Blancs », comme on les appela plus communément, firent leurs premiers essais d'apostolat dans la Kabyiie. Mais, en 1876, à la suite de la conférence de Bruxelles, qui devait aboutir huit ans plus tard au congrès de Berlin et au partage de l'Afrique, ils virent s'ouvrir devant eux un champ nouveau, immense et fécond 2 ». La convoitise, l'ambition et le patriotisme pouvaient reprendre, avec une ardeur renouvelée, « l'assaut des pays nègres » ; l'Eglise y avait solidement pris pied, et les merveilles d'héroïsme dont les missions de l'Ouganda devaient donner le spectacle au monde en 1886, allaient montrer combien l'influence de l'Eglise y avait été profonde.
Ayant eu à remplir, dans sa jeunesse, une mission diplomatique dans l'Amérique du Sud, Pie IX s'intéressait particulièrement à celte partie du monde. Presque partout la franc-maçonnerie y exerçait sa funeste influence. En nul pays elle n'était plus puissante qu'au Brésil, où l'empereur Dom Pedro avait beaucoup favorisé son développement. C'est à la franc- maçonnerie qu'il faut faire remonter la responsabilité de la loi expulsant les communautés religieuses et la persécution exercée contre les évêques fidèles à défendre les droits de l'Eglise. Le plus courageux de ces évêques, Mgr de Oliveira, de l'ordre des capucins, pour avoir condamné publiquement la société des francs-maçons et pour avoir refusé de comparaître, pour une cause purement rehgieuse, devant le tribunal suprême de Rio-de- Janeiro, fut exilé en 1874. Plusieurs prêtres furent emprisonnés. Cependant des élections nouvelles amenèrent au pouvoir des hommes plus respectueux de l'indépendance des fonctions épiscopales.
1. Sur la fondation des Pères du Saint-Esprit, voir Dom Pitra, Vie du P. Libermann, et R, P. Le Floch, Vie du P. Poulart des Places.
2. Mgr Le Roy, au mot Afrique, dans le Dictionnaire de théologie de Vacant, t. I, col. 543-546.
Le gouvernement entretint un ministre plénipotentiaire à Rome, et le pape un internonce à Rio de-Janeiro.
Dans le Venezuela, dans la République argentine, évangélisce par Les autres la coni'ré''ation naissantcdes missionnaires salésiens de don Bosco ', j. ly ^ •
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dans la République d'Haïti, où les missionnaires, presque tous biine. Français d'origine, avaient à lutter contre l'anarchie ; dausle Mexique, où les dominicains et les carmes se trouvaient en présence des émissaires du prince de Bismarck ; à peu près partout, sauf dans la République de l'Equateur, dont nous avons eu l'occasion de rappeler plus haut le dévouement au Saint-Siège, l'Eglise rencontrait de nombreux et multiples obstacles à son développement. Une des mesures les plus eflicaces prises par Pie IX pour le relèvement religieux de ces pays fut l'érection à Rome d'un séminaire destiné à recevoir les jeunes clercs de TAmérique latine, envoyés parleurs évêques pour suivre les cours des universités romaines.
Dans l'Amérique du Nord, au Canada comme aux Etats-Uni?, l^j mîMioni l'Eglise, libre de ses mouvements, n'avait pas cessé, pendant le ^" Canada, pontificat de Pie IX, de se développer en nombre, en inlluence, en organisation. Les principaux stades de ce développement au Canada furent marqués : i° par la tenue, à Québec, en i868, d'un concile provincial, qui insista particulièrement sur les droits de la papauté, et sur diverses œuvres de préservation, de défense et de propagation de^ la foi ; 2** par l'érection d'un grand nombre d'évêchés et la multiplication des paroisses ; 3" par l'érection à Québec, en 1876, de l'Université Laval, dont les diverses Facultés s'organisèrent lentement, mais avec un plein succès, de 1878 à 1887 2.
Aux Etats-Unis, d'immenses efforts furent couronnés par les plus Les missions
brillants résultats. Tout d'abord, u la pénurie de prêtres et le manque , ^^^ 1 r • Il r y II If» y M- • Etats-Uoi».
de ressources matérielles lorcerent la plupart des eveques a solliciter
en Europe des vocations et des secours pécuniaires. D'autre part, à chaque assemblée de l'épiscopat, la discipline ecclésiastique se fortifiait par une législation sage et progressive- Le mouvement d'Oxford taisait sentir son influence jusqu'en Amérique. De brillantes intelligences venaient chercher dans son sein la paix et la lumière. Brownson, célèbre philosophe et publiciste, Hecker, le tutur fondateur de