Bbsson, Vie du card Mathieu, t. I, ch. v
IIISTOiaE GÉNÉRALE DE L'ÉGrJSE
Œuvres diverses.
Le
groupement catholique du collège Ilenri-IV,
Le
mouvement romantique.
Relations
entre
le groupe
catholique
et le groupe
romantique.
Le Dogme
gcncraieur de
la piété
catholique
Bonnes Etudes, dirigée par Emmanuel Pailly de Surcy, à la section des Bonnes Œuvres, confiées à l'nbbé Borderies, un mai^istrnt, Jules Gossin avait ajouté l'Œuvre de Saint-François Bégis, ponr la réhabilitation des unions irrégulières. Dans les salons de l'abbé de Salinis, aumunier du collège ïlenri-IV, se groupait une élite de jeunes gens : Melchior du Lac, Eugène de la Gournerie, Léon et Eugène Bore, Théophile Foisset, Edmond deCazalès, Franz de Champagny. (( On apportait dans ces réunions, a dit un des survivants du groupe, un grand amour pour la vérité, un amour passionné pour la cause de la sainte Eglise. Je ne crois pas qu'il y ait eu jamais, dans la jeunesse catholique, plus d'entrain, de mouvement, de vie ^. >^
Cette ardeur religieuse semblait rayonner. C'est en 1829 que Victor Hugo, épris des beautés du moyen âge, projetait d'en retracer le tableau dans Notre-Dame de Paris, que Lamartine publiait son Hymne au Christ et ses Novissima Verha, et qu'un jeune homme, qui devait bientôt se joindre au groupe du Correspondant, Charles de Montalembert, introduit dans le Cénacle où Vigny, Hugo, Sainte-Beuve et Musset menaient la campagne romantique, s'écriait: « Leur cause est juste et sainte... Là seulement il y a de l'avenir, de la régénération, et surtout de la régénération morale '^. »
Une influence réciproque semblait s'exercer sur le groupe religieux et sur le cénacle littéraire. Montalembert écrivait : u J'ai été enchanté des opinions de M. de Vigny et de M. Sainte-Beuve sur la régénération de l'Europe par le catholicisme ^. » Et l'on trouvait une saveur romantique au volume que l'abbé Gerbet publiait, en 1829, sur le Dogme générateur de la piété catholique. Le goût classique et un peu sévère de Michel Picot lui reprochait de faire voir dans les antiques sacrifices « l'emblème d'un mystère du fond duquel quarante siècles ont entendu sortir la voix de Fespérance » ; de montrer, dans l'offrande qui accompagne la prière, une « prière des sens », et même de dire que « la communion eucharistique est le moyen par lequel l'Incarnation permanente s'individualise en chaque chrétien* », Mais un pareil langage allait au cœur des hommes de ce temps ^. Les nombreuses éditions de l'ouvrage et les
1. Melchior DU Lac, Notice sur Vabbé de Scorbiac, dans V Université catholiquef t. XXIIT, p 12.