‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 76 sur 374 · Mrtternich, Mémoires^ t. V · texte numérisé non relu

Mrtternich, Mémoires^ t. V

L'action

de Mazzini

dans l'Italie

méridionale.

Les

révolutions

cantonales

de la Suiàse,

L'aîTrancLisse-

mont des

catholiques

arméniens.

le souverain d'un royaume de la Haute-Italie, il se mit en relations, par l'intermédiaire d'un personnage équivoque, le docteur Misley, avee le chef des carbonari modénois, Ciro Menotti. Mais les menaces de Metternich, mis au courant de l'affaire, arrêtèrent brusquement les

négociations.

Entre temps, l'Italie méridionale, plus précisément la province de Lecce, devenait un foyer de sociétés secrètes nouvelles. Sous l'influence de Mazzini, qui trouvait la franc-maçonnerie trop aristocratique et le carbonarisme trop bourgeois, des sociétés à tendance plus démocratique se fondèrent. L'agitateur génois leur c^onna pour objectifs : l'unité italienne, Tan^icléricalisme, l'esprit républicain. Une de ces nouvelles organisalior.s, la Catena Salentina, avait pour devise : « Richesse et honneurs sont fumée ». Les autres sont vaguement connues, quoique leur existence soit certaine. Elles préludaient à la Société de la Jeune Italie, qui, fondée en i83i, allait être l'instrument le plus actif du Risorgîmento et des conspirations contre le Saint-Siège*.

L'action des sociétés secrètes fut également manifeste en Suisse dans les agitations politiques qui s'y produisirent en * S3o. La Suisse, nous l'avons vu plus haut, avait été le lieu de rendez-vous des diverses sectes révolutionnaires. Les illuminés d'Allemagne s'y étaient rencontrés avec les carbonari d'Italie et de France. Sous leur inspiration, des sociétés littéraires et artistiques, et surtout des sociétés de tir à la carabine Uchûtzen-gesellschaft), se fondèrent en divers endroits, ayant, au fond, pour but des complots révolutionnaires. Ces sociétés jouèrent un rôle impoitant dans les révolu ons cantonales qui se produisirent en Suisse, à partir de i83o, dans un sens démocratique et hostile au catholicisme.

Il ne paraît pas que le contre-coup des révolutions européennes en i83o se soit fait sentir en Turquie ; mais ces révolutions coïncidèrent avec les événements qui, grâce à Tappui des Etats de l'Europe et à l'intervention du pane, affranchirent partiellement et momentancment l'Arménie du joug ottoman. La guerre de l'indépendance hcilcnique avait été le prétexte d'une violente persécution des catlio-

I. Sur les sociétés secrètes de la Basse-Italie à cette époque, voîr : Oreste Dito, Massoneria, carboneria ed altre società segrete nella storia del Risorgîmento italiano, Turin, igoS ; A. Ga.valotti, Memorie sulle società segrete delVItalm méridionale, iqo4 ; J. Fraikiî», la Charbonnerie dans V extrême-sud de Vltalie, de Î8î5 à 1830, dans la Rcv. int, des soc. secr.^ du ao mai 191 4, p- Ii57-ii64.

FIE VIII

Intervention de Pie VIII

liques de la part du sultan Mahmoud, ce potentat qui prétendait réformer son empire sur le modèle européen, mais qui ne fit rien pour adoucir la haine traditionnelle de sa nation à l'égard des chrétiens. Accusés de trahir la Porte, les catholiques arméniens se virent partout dépouillés de leurs biens, proscrits, condamnés au bagne ou au dernier supplice ^ Ce qui rendait la situation des catholiques arméniens intolérable, c'est qu'ils dépendaient hiérarchiquement d'un patriarche schismatique, qui, loin de prendre leur défense, les livrait au contraire à leurs persécuteurs, les contraignait à pratiquer leur culte dans le secret de leurs maisons. La population catholique demandait à former une nation séparée, ayant son état civil, et, avant tout, son chef spirituel catholique. Devant les menaces du comte de Guilleminot, ambassadeur de France, la Porte se décida à affranchir les catholiques arméniens de la tutelle du patriarche schismatique. Pie VIII s'empressa alors, par sa bulle Qaod jamdlUy du 6 juillet i83o, d'ériger à Constantinople un siège archiépiscopal par sa bulle arménien, ayant le titre et les privilèges de métropole piimatiale. Le ^". . I°["^'" titulaire de cette haute fonction fut Antoine Nouridgian, prêtre i83o). arménien distingué, qui fut sacré à Rome le ii février suivant, en présence des ambassadeurs de France, d'Autriche et de Sardalgne. Mais celle institution ne réalisa pas toutes les espérances qu'on avait fondées sur elle. Le sultan, après avoir affranchi les catholiques arméniens de la juridiction du patriarche schismatique, les avait placés sous l'autorité d'un chef civil, qui, d'abord simple laïque, fut ensuite un prêtre décoré du titre de patriarche par le gouvernement turc. L'existence de ces deux chefs en présence allait être une occasion de pénibles conflits 2.

Bien au delà de l'empire turc, dans les régions lointaines de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Océanie, d'autres chrétientés L'Eglise tournaient les yeux vers Rome, pour lui demander les pasteurs, les d'Euro o ressources, les aides de toutes sortes dont elles avaient besoin.

Les Annales de la Propagation de la foi d'avril 1829 exposaient la

1. Voir les détails dans E, Bohb, VArmMie, un vol. in 8% Paris, 18^6, p. 55-03. a. Mgr Petit, au mot Arménie^ dans le Dict. de ihéol. de Vacakt, t. î, col, 191a HJl 3.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGUSE

he% missions d'Asie.

Le Tonkin.

La

Cocbinchine.

La Giiine.

L'Inde.

Des missions d Océanie.

Les îles Sandwich.

Les missions d'Amérique.

^e BrésiL

Les

Eldts-Unis.

triste situation des missions catholiques au Tonkin et en Cochinchine. Dans le Tonkin occidental, oii une mission de i5o.ooo chrétiens n'avait plus, pour la diriger, que trois prêtres français, ceux-ci, traqués par la police du roi Minh menh, étaient réduits à se cacher. Dans la Gochinchine, le vicaire apostolique, Mgr Tabert, était gardé à vue ; trois prêtres français venaient d'y pénétrer secrètement. Tous sollicitaient des aumônes, des auxiliaires et des prières^. En Chine, où la persécution s'était rallumée, et d'où tous les missionnaires étrangers venaient d'être expulsés, trente-trois prêtres chinois, sortis du séminaire lazariste de Macao, subvenaient seuls aux besoins reli- ,^ieux des chrétiens répandus dans les provinces^. Le P. Maistre, d« la Société des Missions étrangères, errait, sous toutes sortes de déguisements, depuis les ports de la Chine jusqu'aux déserts du Liao- Tong, autour de l'impénétrable frontière de la Corée ^. Les missions de llnde ne s'étaient pas encore relevées du coup désastreux que leur avait porté la suppression de la Compagnie de Jésus. Sur les pas des soldats anglais et des commerçants d'Angleterre et d'Amérique, les ministres protestants, soutenus par le double prestige des sympathies gouvernementales et de l'or, y avaient conquis des populations nombreuses. Dans les régions placées sous le protectorat du Portugal, la situation n'était guère plus satisfaisante. Les archevêchés de Goa, de Cranganore, les évêchés de Cochin et de Mélîapour, étaient, depuis de longues années, par suite de la coupable négligence du gouvernement portugais, privés de titulaire. Des îles Sandwich, des missionnaires écrivaient qu'ils espéraient, au bout de quelques années, former un noyau de solides chrétiens ; mais leur principal obstacle se trouvait dans la propagande protestante*. Au Brésil, sur sept sièges épiscopaux, quatre étaient vacants, et le nouvel empereur, don Pedro, tout en manifestant des sympathies au Saint-Siège, l'inquiétait ptr ses empiétements sur le domaine des affaires ecclésiastiques^.

La situation de l'Eglise des Etats-Unis, quoique satisfaisante au point de vue de son développement, n'était pas sans donner aussi de sérieuses inquiétudes. « L'immigration irlandaise commençait àver-

I. Annales de la prop. de la foi, avril 1829, t. TIT, p. 4io-486.

a. Piolet, les Missions cathol. françaises au XIX^ siècle, t. 111, p. 76,

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