‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 89 sur 374 · Wiseman, op. cit., p. ia5 et s · texte numérisé non relu

Wiseman, op. cit., p. ia5 et s

2. Hbrgehrôthkr, KirchengeschichUy 1. III, partie I, ch. viii, § 3. — On a fait trois principaux reproches à Grégoire XVI au point de vue de l'administration temporelle des Etats pontificaux. On l'a accusé : 1* de s'être opposé à la construction de chemins de fer dam ses Etats ; a<* d'avoir favorisé le rapide enrichissement de la famille Torlonia au détriment du trésor public ; 3" d'avoir interdit à ses sujets la participation aux congrès scientifiques. Le premier reproche n'est pas sans quelque fondement. Comme beaucoup dé ses contemporains, Grégoire XVÏ concevait quelque méfiance à l'égard du nouveau mode de locomotion ; il craignait surtout qu'il

me devînt, dans ses Etats, un agent très actif de la Révolution cosmopolite. Mais son appréhension n'était nullement inspirée par une opposition de parti pris au progrès matériel. Il adopta avec empressement les bateaux à vapeur, voyant dans leur découverte un moyen très puissant de servir les intérêts commerciaux et moraux de 'l'aaicien et du nouveau monde (Sylvah*, p. 2^6). Quant à l'enrichissement de la famille Torlonia, on ne saurait en faire un grief à l'administration de Grégoire XV, I En prenant possession du Saint-Siège, ce pontife trouva l'administration des tabac» dans un état déplorable. Les" dilapidations et les abus de toutes sortes étaient sans nombre. Dans l'impossibilité d'y remédier par lui-même au milieu des soucis que lui donnait la révolte d'une partie de ses Etats, Grégoire XVI prit le parti de mettre cette administration aux enchères. La famille Torlonia, ayant obtenu la concession par les voies les plus régulières, y fit de grands profits, mais sans priver le trésor d'aucune de ses ressources ordinaires. Enfin l'interdiction faite par le pape à ses sujets de prendre part à divers congrès scientifiques ou littéraires, s'expliquait par ce fait que ces congrès n'étaient que de» moyens habilement imaginés pour propager en les dissimulant les doctrines révolutionnaires des sociétés secrèlei ^oTLVAiw, a55-a56).

vaux de Mai et de Mezzofanti ; il encouragea les premiers travaux philosophiques de Rosmini, les publications historiques de Crétineau-Joly, les œuvres artistiques d'Overheck, enrichit le musée zoologique de l'Université grégorienne, et fonda au Vatican deux nouveaux musées : le iriusée étrusque et le musée égyptien, tandis que, dans son palais même, son fidèle serviteur Moroni rédigeait cet important Dizionario di erudizione dont les trois cents volumes nous donnent, non seulement le résultat d'immenses recherches, mais encore des détails précieux sur les institutions romaines au temps de Grégoire XYI et sur la personne du pontife *. Nous aurons l'occasion de revenir sur ces travaux en faisant l'histoire du mouvement intellectuel sous le pontificat de ce pape ; mais il était utile de les indiquer ici, pour achever le tableau de l'œuvre de Grégoire XVI dans les Etals pontificaux.

Le rapide exposé que nous venons de faire des progrès réalisés par le pontife dans l'ordre administratif, judiciaire, financier, économique et intellectuel, en gouvernant ses propres Etats, suffit à prouver que, s'il refusa de se mettre à la remorque du mouvement libéral que voulait lui imposer le Mémorandum des puissances, il sut réaliser ce qu'il y avait, dans ce mouvement, de raisonnable et de pratique. L'étude de ses rapports diplomatiques avec les divers gouvernements et son intervention dans les grandes querelles qui les agitaient au lendemain de la Révolution de i83o, va nous le montrer aux prises avec des problèmes semblables sur un plus vaste théâtre.

I. Notamment t. XXXII, p. Sia-SaS, au mot Gregorio XVI. Voir aussi les mots Ferrara^ Forli^ sur les révolutions dans les Etats pontificaux.

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