‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 103 sur 278 · K«An», Hist. de VF.glitc. t. II. p. 37 (8« édition · texte numérisé non relu

K«An», Hist. de VF.glitc. t. II. p. 37 (8« édition

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178 IlISTOir.E GÉNÉIULE DE L ÉGLISE

BaiDt Théo- dit prépara les voies à son illustre successeur safnt TlK^odore, qu'on a pu appeler le second fondateur de l'Eglise d'Angleterre. Né à Tarse, en Cilicie, sacré évéque de Cantorbéry en 668, à l'âge de soixante-six ans, Théodore, pendant lesvingt- I trois années de son épiscopat, rendit définitive l'union reli-

g'ieuse de tous les diocèses de la Grande-Bretagne.

Il mourut à l'ûge de quatre-vingt-huit ans. Peu de vies furent .' aussi fécondes en œuvres que la vénérable vieillesse du saint

archevêque. 11 réunit, en 675, le premier concile de l'Angleterre, qui fut suivi d'un grand nombre d'autres. L'inauguration de la vie paroissiale, la réforme de la vie monastique et l'introduction d'une vie intellectuelle intense dans la Grande-Bretagne; tels sont ses principaux titres à la reconnaissance de l'Eglise anglo-saxonne. Jusqu'à lui le service religieux avait été fait en Angleterre par des missionnaires errants. Au pied d'une croix, en plein champ, ils célébraient la messe, prêchaient l'Evangile et administraient les sacre- InanRuraiini» ments. Désormais des prêtres furent affectés au service d'une "** ?il!* Jn" '^o'^se, chargés d'administrer une circonscription déterminée, A^,!.:efre. astreints à la résidence. Les églises, bâties pour la plupart par des seigneurs charitables, qui les dotaient et qui obtenaient en retour un droit de présentation des titulaires, furent les centres de la vie paroissiale '. Les nécessités d'un apostolat très actif et très étendu avaient altéré dans les monastères cette vie de silence et Je recueillement dans la solitude que saint Benoît avait voulu sauvegarder avant tout pour ses moines. Théodore y remédia par des avis sages et fermes *. 11 veilla aussi à empêcher tout empiétement du monastère ."sur les fonctions propres du clergé paroissial '. I^ cnUnre iu- Théodore, élevé dans les écoles d'orient, savait par expé- AiiK!eîêrr*4*u rience le secours qu'une culture intellectuelle bien dirigée ''il **"■ Vr V,*i peut donner à la civilisation chrétienne. 11 avait, dit-on, apiiècli porté, dans sa valise de moine, un Homère, (ju'il lisait chaque jour *. Avec l'aide de son fidèle compagnon, le moine

i. Hooi, Lives of tht archbithops of Canterbury. p. 150. 2. Règlements du Concile d'Heriford, en 673 Rtni. IV, 5. S. TioDoi., !\enitent., c. ti. P. L, t. XCIX, col. 930-931. AnoUnt laiot and imlituUt of i'.ngland. In-f», 1840, p. 300. 4. G«DWi5, De prœsulibut A»gtix, p. 41,

l'église chez les peuples barbares i^^

Hadrien, qvi venait du monastère de Nisida en Thessalie, il progagea, en même temps que l'étude des sciences sacrées, l'étude des langues classiques de l'antiquité. Soixante ans après sa mort, on voyait, dit Bède, des moines parler le gre» et le latin avec autant de facilité que l'anglo-saxon'. On enseigna dans les monastères les sept arts libéraux '. Théodore fit venir de Rome des maçons qui apprirent à bâtir à la manière des Romains ; et de grandes églises s'élevèrent à côté des humbles chapelles primitives.

C'est dans ce milieu que sa l'oniia l'illustre Bède. Sa science "^"'^Jb*,'^*''*" et ses vertus lui ont valu le surnom de Vénérable, et le titre de saint, que lui a donné l'Eglise, n'a pas ell'acé ce glorieux surnom. Né en 073, quatre ans après l'arrivée de saint Théodore en Angleterre, issu de cette i'orte race des Angles à laquelle il se fit toujours gloire d'appartenir ', celui qui devait être appelé « le père de l'histoire d'Angleterre et de la science anglaise ' », fut élevé dans le monastère de Wearnouth et dans celui de Jarrow, que Benoît Biscop venait de l'onder. De bonne heure il aimait à consulter, nous dit-il, tous les témoignages, toutes les traditions, tous les livres'. Chronologie, cosmographie, théologie, poésie, histoire, Bède a exploré toutes les branches du savoir humain ; et partout il s'est montré supérieur. « Bède, dit M. Lavisse, est surtout historien ; et il est capable, comme il l'a montré dans son Ilisloire ecclésiastique des ^"'Jî'f'" '*" » ' ... clesiashqu*

Anglais, de recueillir et de peser des témoignages, de grou- des AngiaU.

per des faits, de comprenâre et de faire comprendre la suite des événements, de s'éievcr au-dessus des choses pour les juger ' M. « Bède, dit M. Auguste Molinier, a écrit un excellent résumé des traditions nationales de l'Angleterre, et dans cet ouvrage la lorme vaut le fond. L'exemple de Bède est là pour prouver ce qu'un petit groupe de gens actifs et éclairés peut faire pour la civilisation : convertie depuis moins d'un siècle par une poignée de missionnaires italiens, la Grande-Bretagne est devenue un foyer intense de science

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