‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 107 sur 278 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L EGI.ISK CHEZ LES GERMAIN»

Celui qui devait vouer sa vie à la conversion de la Germaine, organiser les chrétientés situées au delà du Rhin, exercer -ur cette région une sorte de vice-papauté ' et dont « l'inluence sur les destinées du peuple allemand ne devait avoir l'égale que celle de Charlemagne * », était né vers la fin du Maiasance d« vil" siècle dans le royaume de Wessex en Angleterre. On ne ■'""' BoaiJdca. •iait pas au juste le lieu et la date de sa naissance. On conjecture qu'il naquit vers l'an 6S0 dans la ville de Crediton ou Ivirton. II s'appelait Winfrid. Sa famille devait être de race uoble, car ses lettres nous montrent cpi'il était allié à des per- -onnages d'un rang élevé. Winfrid n'avait pas plus de cinq ans lorsqu'il manifesta pour la première fois sa vocation de ;uoine missionnaire. Les églises étaient rares alors dans le 2^^^^^^^^^^^ royaume de Wessex et il ne paraît pas qu'il y ait eu, dans l'Angleterre méridionale, à cette époque, des prêtres attachés à un poste fixe. De grandes croix, plantées par les seigneurs sur leurs domaines, étaient les centres ordinaires du culte. Les fidèles venaient y prier. Des moines passaient de temps en temps, prêchaient le peuple au pied de ces ctdvaires et j

1. C'est C6 que disent, en fermes équivalents, plasieurs papes. Grégoire III l'appelle : Bonifacium, nostrum ageiitem vioem (Jak», n» 2247). Le papa Zacharie lui écrit : Tua sanctitas sedis apostolicce et nastram prœsenCat vicem. Jàfpé, Monumenta nioyuntina. p. l'JO.

ï. G. KnRin, Saint Boniface, p. 173.

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administraient les sacrements. L'imagination de l'enfant fut ■a »oe»Uo-. i^aisie par ces spectacles. A l'âge de cinq ans, il déclara vouloir partager la vie apostolique de ces prilres errants. A sept ans, il entra comme ublatduns l'abliaye d"Exeler,d'où il passa, quelque temps après, à celle de Nursling.près de Winchester. 11 y étudia avec succès les lettres et les sciences. 11 y excella, dit son plus ancien biographe ', dansTinterprctation de la Sainte Ecriture et dans la poésie. Bientôt \\^infrid devint professeur brillant dans cette même abbaye de Nursling, où il avait été brillant élève. Mais l'idée (|t son enfance le poursuivait toujours. Peut-être entcndit-il parîer de ce monastère de Melifo.il ', situé au fond de l'Irlande, dont une colonie de jeunes Anglo-Saxons, épris du zèle de l'apostolat et du goût des voyages, ava'ent fait comme un séminaire de missionnaires ^ L'un de îes moines, le plus ardent, saint Egbert, avait fait le vœu de ne jamais remettre le pied sur le sol de son pays natal. L'objectif des jeunes apôtres était cette terre des Frisons, réputée l'une des plus païennes de toutes, où les navires anglais, qui partaient de la Tamise ou de l'Humber à destination du continent, allaient atterrir d'habitude '. C'est vers cette plage humide et marécageuse de la Frise que les regards du jeune professeur de Nursling se dirigeaient obstinément. « C'est la terre des aïeux », disait-il. Plus tard, arrivé sur les frontières de la Saxe, il recommandera aux prières de ses amis d'Angleterre, ces frères païens « qui sont du même sang et de la même chair », La sagesse des supérieursdu jeune moine laissa mûrir cette vocation, et quand, vers l'âge de trente ans, le moine Winfrid eut reçu l'onction sacerdotale, il put partir avec trois de ses frères en religion. . . . C'était en 716. La situation politique de la Saxe était aussi

Fri'f et de la défavorable que possible à l'entreprise d'une mission. Les chré- Saie 111 com- . , ,i i i ■ i .

meiicem'-iii'lu lientés, que le zèle de quelques mornes anglo-saxons, entre

'•"• *'*''*• autres de saint Wilfrid et de saint Willibrod, avait fondées

1. Le moine WlUibald, qui a écrit la vie de saint Donifaca il In demanda «t Bor los iniliralions de Bjiiit Liill, disciple et successeur de laïKilre de la Germanie. MiGKi, LXXXLX. MiniLU», Ad. Saiict. ord. S. lien., tœc. 111.

S. BiDi, Ilitt. ecale.t., V, It.

3 Saint Bonilace avoue qne la passion des voyages s'nnisJnil en lui a« ïèle religieux: No» limov Chriai et amur pci€g, Hkuùuiiit 4<r^ui ai-.t. Jtiri, U,f6.

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