M. G. H., Scrlptorci, 1I,30J. P. L., CXXillI, 8t
20 i HISTOItlE GÉNÉRALE DE I-'ÉGUSE
« Ecoulez, vous qui êtes les plus graves de l'assemblée. Toutes les fois qu'il nous est venu un ambassadeur d'un peuple voisin, qu'il fût Normand, Slave ou Frison, nous l'avons reçu en paix, nous l'avons écoulé en silence, et nous l'avons renvoyé avec des présents. Or, cet homme, que vous venez d'entendre, s'est présenté à vous comme l'ambassadeur d'un grand Dieu, ^'ous ne voudrez pas le faire mourir ». Cet appel, adressé par Buto aux traditions d'honneur du peuple saxon, fut entendu, et Liadwin put s'en retourner sain et sauf '. On lui laissa même la liberté de prêcher au peuple sa doctrine, et il se produi.^it un grand nombre de conversions.
Mais les incursions des Saxons ne cessaient point. Franchissant librement une frontière toute en plaine, aussi propice aux invasions que difficile à la défense, ils multipliaient leurs dé- Preniièrs ex- \ astations sur le territoire franc. Au milieu de l'année 772, Cttarl'cmague Charlcniagnc convoqua en champ de mai, à Worms, les grands olliciers, les évêques et les chefs des principaux monastères du royaume. Il demanda à l'assemblée si elle ne trouvait pas que le moment fut venu de réprimer la nation païenne des Saxons et par ce moyen. Dieu aidant, de la conquérir au royaume du Christ. Tous approuvèrent. Alors Charles sollicita du clergé le secours de ses prières, prit avec lui un grand nombre de prêtres et de religieux, en un mot, dit un chroniqueur, « de tous les cultivateurs de la foi, capables d'imi)oser à ce peuple le joug doux et léger du Christ ' » et partit à la tète de son armée. Le but de cette première expédition parait n'avoir été que de terrifier les Saxons par un grand coup d'audace. On se rendit directement dans le Westphal, oùl'on vénérait Irminsul. L'idole fut renversée et les trésors du sanctuaire pillés. Déconcertés par la chute de leur dieu, les Saxons laissèrent Charles retourner tranquillement à son manoir paternel d'iléristal et lui donnèrent même des otages, comme garantie de la protection qu'il réclamait en faveur des missionnaires chrétiens *.
Mais dès l'année suivante les ravages recommençaient. La monastère de Fritzlar, fondé par saint Boniface, était saccagé,
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t. t i<a .S. Sturrnii. P. L.. t CV, C. », 441.