‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 117 sur 278 · Mio«i. P. L. t. LXXXIX, col · texte numérisé non relu

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l'église CHtZ LES PEUPLES BABBARE» 203

peut-être en cas de péril extraordinaire '. Des chefs locaux gouvernaient, par une discipline toute militaire, les lionimes libres (Frilingen) et les colons (Lazzi). Comment un peuple fi peu organisé pour une action commune put-il résister si long- Umps à la redoutable armée de Charlemagne ? Eginhard indique deux causes de cette longue résistance : l'incorrigible perGdie des Saxons, qui, tant de fois, violèrent les serments les plus solennels, et l'inlassable magnanimité de l'empereur, qui ne consentit jamais à exterminer ce peuple, voulant seulement le gagner au christianisme et à la civilisation ',

L'expédition guerrière de Charles fut précédée d'un essai Ev&ngMi?»- ,. , ,. . .„ T • T- 1 • T tion de i/i'lI

d evangéhsation pacifique. Un moine nommé Liadwin ou Le- Liad-win.

buin, d'origine anglo-saxonne comme Boniface, avait « voué sa vie, dit son biographe, à réaliser l'union des Francs avec les Saxons dans une même foi et charité chrétiennes ». Sur les limites mêmes des deux Etats, il avait bâti un monastère ovi Saxons et Francs seraient accueillis comme des égaux et des frères '. Non content d'évangéliser ainsi les gens du peuple, Liadwin résolut de porter la parole de Dieu dans une assemblée des seigneurs. Un jour que ceux-ci étaient réunis à Marklo, comme les sacrifices idolâtrigues allaient commencer, **'o* L'.mWia Ils virent apparaître le moine, qui, revêtu de ses habits sacerdotaux, portant en main la croix et l'évangile, s'avança au nilieux d'eux et leur dit : « ^'os idoles ne vivent ni ne sentent, tlles sont les ouvrages des hommes. Elles ne peuvent rien ni pour elles ni pour autrui. Le vrai Dieu, le Dieu juste et bon, m'envoie vers vous. Si vous le rejetez, prenez garde ; car le Roi du Ciel pourrait envoyer contre vous un roi de la terre très puissant ». A ces mots, l'assemblée indignée poussa des cris de rage et voulut mettre à mort le missionnaire. Mais an sage, nommé Buto, monta sur une éminence et dit :

i. Ces assemblées extraordinaires se tenaient alors soit an pied de l'Irminsnl. •oit à Marklo. Vil.a l.cluini, op. Mon. Germ. hist., Scriptores, t. II, p. 368.

2. EoisBiHD, Vila KaoU. c. vu. Historiens l'et Gaules, t. V. yi, 92.

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