‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 123 sur 278 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Au moment OÙ dans les glaces du Nord les derniers groupe» de la race teutonique se convertissaient à l'Église, prêts à former une grande et puissante nation, les derniers débris de la race gothique, minés par l'hérésie arienne, achevaient de disr" raitre sur les bords de l'Adriatique et de la Méditerranée.

On les rencontrait en Italie, en Gaule et en Espagne.

Trois peuples de race gothique et de religion arienne s'étaient j^^i, oronpM succédés en Italie depuis la chute de l'empii'e romain, les ^''■. '■*'^* Rosbi-

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Hérules, les Ostrogoths et les Lombards. lie, en Gaule

Odoacre, roi des Héiodes, semblait tout indiqué pour „ -^ l' 8 •

' . . , . ,. Premier grou-

prendre en Italie la place laissée vacante par l'empire qu'il ve- pe : les GoiU»

nait de renverser. 11 n'en fut rien. On eut dit que tout le rôle jjrovidentiel de ce géant inculte et audacieux avait été de ^g, Héide». donner au grand édifice impérial le petit choc qui devait amener sa ruine définitive. Le royaume des Hérules dura peu. Les troupes de Turcilinges, de Rugiens et de Scires, mêlés aux Romains, qui formaient l'armée d'Odoacre, ne constituaient pas im corps homogène. Ces barbares, prématurément mêlés à une civilisation raffinée, dont ils adoptèrent plus facilement les vices que les qualités, furent bientôt plus dégénérés que les Romains de la décadence. Un autre peuple barbare devait leur porter le coup de grâce. Ce furent l&s

216 IllbTOIKE GÉNËilALC: Ut L l.Ul.i:;E

•« n-iro Ostrojfolhs. Ceux-ci se trouvaient ù l'clroit en Pannonie, ou ils s élaicul «établis au niuuicnl de la chute île l'euijure des Huns (45i). Ils avaient pour chef, de|)uis 474, un homme re- Tbiodorio. uiarquahle, Tliéodoric, qui avait clé élevé à la cour de Zénoa à ConslautiuU|)le et qui v avait embrassé 1 ariauisme. Théodoric demanda à l'empereur rautorisaliou de s'établir eu Italie et Jousinnrii, D d'en chasser Odoacre. Il trouvait dans cette entreprise en même «u Uiiiio. temps que le moyen d'élciid.'c sa duminaliuu, l'occasion de venger une injure faite par le roi des llérules à son parent Frédéric, fils du roi des Rujjiens. Zenon, heureux de pouvoir faire à peu de frais un acte de souveraineté sur l'Italie, accorda facilement la permission demandée, et toute la nation des Os- Irogotlfs, les guerriers emmenant dans des chariots leurs familles, se mit en marche à travers le pays desGépides et les en loi'p contre Alpes juliennes. Odoacre leur opposa une résistance acharnée. le.llc.uk-.. Après quatre aimées de luttes, de 4SJ) à 493, un traité fu» signé, qui laissait à Théodoric ses conquêtes et maintenait I« Rd Ticioir.;. tilrc de roi à Odoacre. Mais peu de temps après, Théodoric, acre. " ay^^^t invité le roi des llérules à un festin, le tua de sa propre main.

A partir de ce moment, on n'entend plus parler du royau des llérules. Ils se dispersent et se fondent dans les aulr peuples. Il n'existent plus comme nation.

L'Église n'eut pas trop à regretter Odoacre. Malgré des protestations de bienveillance et des témoignages de réelle bonne volonté, il avait synthétisé en sa personne les défauts du barbare mal dégrossi et ceux du Romain dégénéré.

L'Eglise espéra davantage du peuple qui venait de triom- Carscière du phcr et surtout de son roi Théodoric. La période de domination Srili'êoTJnc! Jes Ostrogolhs marque, en eiïet, dans l'histoire de l'IUUe, une époque de civilisation brillante. Peut-être cet éclat est-il dû moins au génie de Théodoric qu'à son habileté ù employer les hommes de talent qui gouvernèrent sous son autorité suprême. Les actes de brutalité sauvage qui ensanglantèrent les débuts et la fin de son règne semblent justifier cette conjecture. Les grandes réformes seraient le fait du principal ministre de Théodoric, le Romain Cassiodore. Le roi des Ostrogoths parait avoir été avant tout un homme de gouvernement. Ce barbare, cet arien eut le grand sens de respecter les deux

t EGLISE CHEZ LES PEUPLES BARBARE» ^l'ï

institutions qui lui apparurent comme la meilleure garantie de |,'„î.7;'a''s*-î,3i?; l'ordre social, la législation romaine et l'Eglise catholique, luiious romai- L'Edictum r/ieoaortct est entièrement emprunte au droit romain, cailiolique. Quant à l'Église, il ne se contenta pas de lui laisser la liberté, il la protégea maintes fois contre la -violence et contre le schisme. Il se prononça pour le pape Symmaque contre son compétiteur l'anlipaiJe Laurent ; en ^02, il favorisa la réunion du concile qui vengea le Souverain PonLiIe des accusations por- mtis qui Okhtées contre lui. Son règne vit fleurir saint Benoît de Nursie, rc°.!'ué'd^''l''i>èo. saint Ennodius dePavie, Denysle Petit, Cassiodore et Boèce. <i"ric~

Nous avons parlé du fondateur des moiacs d'Occident. ■^'"""' *'"" ' Ennodius, eveque de ravie, à ne considérer que ses œuvres .^■^^^^ j^ favia. littéraires, est un rhéteur, le plus cultivé des rhétem-s, dont la prose, farcie de citations de Sallusle et de Cicéron, « est souvent tourmentée jusqu'à en être inintelligible ' » ; mais qu'une émotion vraie le saisisse, on retrouvera, sous le vain rhéteur, l'homme, le chrétien et l'évoque. 11 aura, pour défendre ^ pape Symmaque, des accents d'une indignation pleine de noblesse, et, persécuté pour son dévouement au Saint-Siège lors de sa seconde ambassade à Constantinople, il supportei'a les injures et les mépris avec la patience héro'ique d'un vrai ministre de Jésus-Christ '.

Le moine Denys, qui se donna lui-même, par humilité, le "^^"^^ '* ' surnom de Petit, Dionysius Exiguus, est célèbre par l'introduction de l'ère chrétienne '. On lui doit aussi les premières collections de documents conciliaires. Le recueil s'ouvre par les fameux Canons des Apôtres, qui, insérés plus tard par Gratien dans son Decretum, eurent au Moyen Age la valeur de documents vraiment apostoliques. On s'accorde aujourd'hui à reconnaître qu'ils furent composés au v° siècle, vraisemblablement en Syrie ou en Palestine. Denys les avait trouvés en Orient, et, chose curieuse, il déclare douter de leur authenticité '. Mais leur place d'honneur dans la collection les ivait fait accepter sans contrôle.

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