‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 124 sur 278 · Ma.i9i, I, 59 et · texte numérisé non relu

Ma.i9i, I, 59 et

218 HISTOIRE GÉNÉRALE 1>E l'ÉOLISE

CaMiodore. CassioJoro, issu d'une illustre famille de Calabrt, ..^essi* vemeut questeur, secrétaire particulier du roi, préfet du pr^jire et consul, fui l'âme du gouvernement de Théodoric. C'est lui prinoipalemeut qu'on doit rapporter le mérite du déveoppenienl donné, sous le régime du roi Ostrogoth, à la civilisation générale. Les études ecclésiastiques et la vie chrétienne ne lui sont pas moins redevable'. Vers olO, âgé d'environ soi.\ante ans, il se retira dans son domaine de Vivarium en Calabre, pour y vivre dans la solitude, l'étude et la prière, au milieu de moines qu'il avait attirés auprès de lui.

luOnence de Peut-être fit-il lui-même profession de vie monastique. En

i''uo°ii'u"ou"'^ '°ut cas l'inlluence de ce grand homme sur le développemcr'.

mouattique. jg l'institution monastique fut considérable. C'est lui qui k preniler a conçu le monastère comme un foyer d'études en même temps qu'un asile pour la vie intérieure. Dans son pussage au.x alfaires, Cassiodore avait formé, de concert avec le pape Agapit, le projet de fonder une école supérieure dtâ

Son plan de sciences chrétiennes '. Les circonstances ne lui ayant pas 'étude*' "h ri*' permis de réaliser ce dessein, il voulut y suppléer en quelque tieuuet. sorte par l'organisation des études dans son monastère de Vivarium. Le programme s'en trouve tracé dans son célèbre ouvrage, Institutiones divinarum et sœcularium leclionurn, véritable Introduction à l'étude des sciences sacrées et profanes, qui devint, pour les écoles du Moyen Age, le guide des études supérieures.

Une de ses innovations les plus originales et les mieux adaptées aux besoins de ce temps, fut la formation d'écrivain*

LficopijifBou spécialement adonnes à la transcription des livres anciens. Vf

«niijuani. formaient une catégorie à part dans celte sorte d'académie mt* naslique ; ils reçurent de Cassiooore leur règlement et leur nu • thode technique. Pour lui, de tous les travaux manuels, celuici est le plus noble, le plus utile ; il y voit quelque chose ùe sacré. « Satan, s'écrie-t-il, reçoit autant de blessures que l'écrivain transcrit de paroles du Seigneur '. »

1. iViiut tum erqo cum baatiitirKO Agapilo papa w-bis Rnmm, vt... tcllatis expf'^tit ih Urbe romana profetsox ioelorm trholr jwtiiis accipertr* thrittianx IJi.Mtitutionn. Prrfutio) P. f... I. I.X.X, col 1105-1106.

2 Tcil rulntra Satauat accipit, quoi a^iiiquariut tlomini vei-ba dticriHt, Inttil., 1. 1, c XIX. P. i., t. LUC, col. 1U5.

L ÉGUSE CHEZ LES PELPLES BARPAKES 219

Moins puissant par le génie, mais plus illustre par Tinforlune, Boi<«. fut un autre haut fonctionnaire de l'état tle Théodoric, Boèce. Son livre, De la consolation de la philosophie, fut le livre de chevet de plus d'un docteur et de plus d'un saint du Moyen Age. Alfred le Grand traduisit en anglo-saxon et saint Tho- :

mas d'Aquin commenta ce fier et mélancolique testament d'un philosophe, qui, réservant pour l'intimité du cœur à cœur avec Dieu les pensées de la foi ', cherche, devant les hommes, à trouver dans sa seule conscience d'homme, la force de rester calme et ferme devant la mort. Dante qui, comme tous Ii-OoeDc* de»

^ ' . lient» 0* Bnèi.e

ses contemporains lettrés, s était nourri de la Consululion de .m jJuyon A(;e la philosophie, s'imagine voir, dans le Paradis, parnà les plus hauts représentants de la pensée humame, entre saint Ambroise et le Vénérable Bède, un globe de pure lumière,

Où tressaille d'amour, voyant le tien ccleite, L'àrne sainte, qui sait rendre si inauilcsle La faussc;li du munde à qui veut l'écouter !

Le corp^, dont elle fut cruellement chassée,

A Cicidauro repose, et l'àiiie trépassée.

De 1 exil, du martyre a monté vers la paix *

Le poète fait ici allusion à la fin tragique de Boèce, odieu- sa mort, sèment mis à mort par Théodoric. Un incident avait suffi pour rhéoduric «Jeréveiller et pour déchaîner les instincts les plus cruels dans ^'eui peraétucette âme de barbare. L'empereur Justin, par une de ces mesures excessives dont le pouvoir civil est coutumier quand il s'ingère sans mission dans les questions religieuses, avait privé de leurs églises et de l'exercice de leurs droits civils ses sujets ariens. Irrité d'une pareille mesure prise contre ses Sa coadult» coreligionnaires, effrayé peut-être aussi de voir un grand baiutjsim'l"! nombre de ses propres sujets se convertir au cathohcisme, Théodoric devient tout à coup persécuteur. Il use de représailles avec fureur. Il somme le pape Jean 1" de se rendre à

1. Depuis la publication par Usener, en i^n. d un fragment de Cassiodor» où il est lait r-.ention expresse des écrits théologiques de Eoèce, lo christianisme de lioèce ne peut plus être contesté. Cf. EiuDEniiKTviiB, L14 Péia de VSrlise, III. 161.

■(, Oimi, Paradii, chant V. Trad. Ratisbonoe.

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220 I11!>TU1RE GË.NEUALt: DE LtULISIS

Coiistanlinople et d'y obtenir de Justin la rétractation de son édit et le retour à l'arianisnie des ariens récemment convertis. Le saint Pontife ne refusa pas de se faire messager de conci liation et de paix. Ce fut la première fois qu'un Pape enlrt dans Constanlinople. Il y fut leçu avec une luajjiiilicence sans égale, et obtint sans peine la restitution des églises ariennes à leurs propriétaires et la réintégration des ariens dans l'exercice de leurs droits de citoyens. Quant à demander leur retour à l'hérésie, le Pontife ne pouvait y songer '. Furieux de l'échec j)artiel de cette mission, blessé des honneurs ren dus au Pape par l'empereur d'Orient, Théodoric s'exaspère. Cii'.utioo ii l>aus un accès de frénésie, il fait mettre à mort Boèce et le vieux sénateur Symmaque, beau-père de Boèce, qu'il accuse de trahison. Il guette le retour du pape Jean, le fait arrêter à Vnrivrn rfB Uavenne et jeter en prison. Le Pontife, exténué par les tortures morales et physiques, ne tarde pas à rendre l'âme dans son cachot, martyr de son devoir. Sur sa tombe, où des guérisons miraculeuses ne tardèrent pas à témoigner de sa sainteté, les chrétiens gravèrent ces vers : « Pontife du Seigneur, tu lombes victime du Christ ; c'est ainsi que les Papes plaisent à Dieu. »

Anlistes Domini procumtiis victima Chrisli ; Ponlificel sammo tic ptacuere Deo'.

Le saint Pontife était mort le 18 mai 526. Après avoir pesé

de tout son pouvoir pour faire élire le candidat de son choix,

Félix *, et publié un édit de persécution, le roi Théodoric

rendit le dernier soupir le 30 août 526, sans avoir eu le temps

d'appliquer son édit.

C nue» de la Pendant les dernières années de sa vie, Théodoric s'étaif

chute du aliéné les deux grands pouvoii s avec lesqucla il fallait comprovauui'î des, ,,„ ,•.,,. , , ,• i i i

Oatru^oths. ter : 1 Lghse cathouque par !a persécution du pape Jean, l»

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