‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 166 sur 278 · jAFTé. 23H · texte numérisé non relu

jAFTé. 23H

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LE SAHT EMPirE homais 293

Presque en même temps qu'arrivaient à Rome les deux repré- Arrivée à Rosentants envoyés par Pépin le Bref, l'évêque de Metz, Chro- i„,tsaiie frandegang et le duc Autchaire ' ; une ambassade byzantine, ayant *''**• à sa tète Jean le Silentiaire, y parvenait aussi. Elle avait mission, non point, hélas ! d'annoncer au Pape l'arrivée prochaine de l'armée impériale tant désirée, mais de supplier encore une fois Etienne II de vouloir bien intervenir au nom de l'empereur auprès d'Aslolphe, pour obtenir de lui la restitution de Ravenne et des villes qui en dépendaient. D'autre part, les ambassadeurs francs conA'iaient le Souverain Pontife à se rendre auprès du roi Pépin. On était à l'automne de 7o3. Ri^soluiion Apres avoir mûrement reliechi, le prudent et courageux pontite d ÉHeno» II. prit une résolution qui effraya d'abord son entourage, mais à laquelle il se tint énergiquement : se rendre à l'invitation du roi franc, mais auparavant se présenter en personne devant Astûlphe, à PaA-ie, accompagné des deux ambassades. Vainement lui objecta-t-on les pièges que le perfide roi lombard ne manquerait pas de lui tendre, le péril de mort auquel il s'exposait. Le 14 octobre 753 (le Liber Pontificalh a consigné cette date mémorable) le SouA-erain Pontife, accompagné du légat impérial Jean le Silentiaire, de l'évêque de Metz Chrodegang, du duc franc Autchaire et d'une suite de grands personnages de Rome et des villes voisines, Gt des adieux touchants à son peuple et se mit en route. Une foule immense l'accompagna quelque temps sur le chemin, « pleurant, sanglotant, disent les Annales de la Papauté, et cherchant à le retenir », car ils prévoyaient bien les grands dangers qui l'attendaient à Pavie '.

Le péril était réel. Astolphe, informé de la prochaine arrivée du Pape, envoya à sa rencontre, et le fit prier de ne pas lui dire un mot au sujet des conquêtes lombardes en Italie. Etienne passa outre. Arrivé à Pavie, il ne craignit pas de présenter ses

1. Le duc Autchaire, si célèbre dans les Gestes du Moy. n Age fous le nom d'Oger ou d'Ogier et dont le jeu de cartes a rendu le nom popuiaire.

2. Fientes, ululantes, et nequaquam eum penitus ambulare sinebant. Lib. Fontif., 1, 445.

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réclamations tant an nom de l'empire qu'au nom de l'Eglise. Etienne II Astolphe, peu intimidé sans doute par le représentant impémeui Riiprè» ^^K mais autrement impressionné par l'attitude des deux I>.i'iib«r.l'*!n fi"^'03'és francs, q\ii surent appuyer le discours du Pontife de e»ti»e (i*- l'eiii quelques mots brefs et nets, laissa parler Etienne. Il opposa aux demandes de l'empereur relatives à l'exarchat un refus catégorique. Il essaya ensuite, par tous les moyens, de détourner le Pape de s<in voyujje auprès du roi Péj>in. Mais ni . Ie3 exhortations ni les menaces n'ébranlèrent la constance d'Etienne, qui, donnant conp;é à l'amliassade impériale et à tous les laïques de sa suite, prit seulement avec lui quclcjues clercs et se diriy;ea vers la France. Le Liber Ponl:ficalis, dans une relation qui paraît être l'œuvre d'un des membres de l'escorte pontificale, nous le montre, partant de PaN-ie le 13 note Piipt fe vembre 7o3, atteiarnant le val d'Aoste, franchissant le Saintdn r<i lieé Bernard et descendant h l'abbaye de Saint-Maurice en Valais, riiDc». ^^ jj avait espéré s'abouclier avec Péjiin. Il n'y trouva que deux envoj'és du roi franc, qui le prièrent d'aller plus avant,

KntrfTue et firent route avec lui jusqu'aux environs de Lanprrcs. Lu, on d Ch><r>ue et . .

de Pipia. rencontra d'abord le jeune fils du roi, Charles, Agé d'environ

douze ans, celui qui devait être Charlcmagne, puis le roi luimême, Pépin, qui s'avança jusqu'à trois milles de sa demeure, vers la villa de Ponlhion '.

Le récit que nous donne de cette entrevue le I.iliei Pontificalis, doit être complété par les chroniques franqvies. L'annaliste pontifical insi.ste surtout sur les hommages que Pépin roi'.riit à r.tionne, descendant de cheval à la vue du Pape, se prosternant, puis prenant l'étrier du cheval du Pape et marchant quelque temps à côté de lui, à la manière d'un écuyer '.

l'iusieurs clironiques franques, celles de Moissac, de Metz et du continuateur de Frédégaire, insistent plus particulièrement sur les hommages rendus au roi par le Pape. Etienne et ses clercs, disent-elles, se prosternèrent devant Pépin, vêtus de cilices, couverts de cendres et implorant miséricorde '.

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