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ilAMBi, XII

316 RISTOIRt: GÉNÉRALE DE L ÉGLISE

' " ''"BctUnn blée défendait enfin à toute personne de venir à Rome des châ

■ 1- 1 eiCi tloD ^

» •j.iiriieDdra tcaux de Toscane OU de Campanie pendantle temps de l'élection, laïqud» ro- En d'autres termes, une fois le PajJC élu et installé, l'acte de son mua: élection devait être ratifié par les laïques, mais par les lai'ques romains seulement. Nous verrons comment ce sage décret, aprcs avoir été quelque temps la rèjjle des élections pontificales, fut plus tard abandonné.

Deux ans après, le roi des Lombards, Didier, irrité contre

Christophe, à qui il reprochait d'avoir écarté son candidat

Philij)pe et d'avoir fait appel au roi des Francs, se faisait livrer

le primicier par le faible Etienne 111 et lui faisait crever les yeux

Mon de Chtii- avec tant de cruauté que Christoi)he en mourait peu apr^s '.

"'''"^' A quelques mois de là, le 3 février 772, Etienne 111 quittait

Mort ce monde, et l'élection portait au souverain Pontificat un d Êlie'jiie III ' . . »^ , , ,. • 11-

(rî2>. homme d une énergie indomptable, d une intelhgence ferme et

d'une hom'^teté scrupuleuse, le diacre Hadrien, issu d'une des

plus nobles familles de Lomé.

lia>ir;po I" La première préoccupation d'IlADRiEN I" fut d'éviter le *' '" retour de scènes pareilles à celles qui avaient attristé le gouvernement de son prédécesseur. Des intrigants avaient arraché à la faiblesse d'Etienne III de nombreux décrets d'exil, dont plusieurs hommes de mérite avaient été les victimes. Le premier acte du nouveau Pape fut de rappeler tous ces exilés *. M"5ore« ^ricr- Cet acte de décision, si prompt et si ferme, produisit son "îl'JrT- 'iiViu*-' ellct. Hadrien fut sacré au milieu de l'allégresse générale. Peu »e4u iiye. Je temps après, à la suite d'une enquête rapidement condiute, en avril 772, le nouveau Pape faisait justice des assassins et de leurs complices.

Le sens politique d'Hadrien lui faisait cependant comprendre que le danger n'était pas écarté pour toujours. La puissance

I. Le lait est raeont< par Etienne III Ini-mime dani ans lettre à Bertrade •t à Clinrles. roi des i rsnc«. V. Jirri. 1. 23&I.

2 l'i ifiia tlecliiinit die, eiinfe.^lim tadem hora qun eleotu» Mt, rtmtrti fc^u liiuj. Lih. ro;Uf., I, 486-4J7. Jitri, p. 2^, o* 2391.

de l'aristocratie militaire et celle du haut clergé étaient à peu près égales : l'irritation entre les deux partis était extrême. Qu'un Pape de caractère faible parvînt aux affaires, le péril anarchique renaissait. A côté d'Hadrien, un autre habile poli- V' jue faisait une réflexion pareille, mais dans des intentions bien différentes. C'était le roi Didier. Aux instincts violents l"-'!:"'!"' <^'du roi Astolphe, Didier joignait les qualités d'un diplomate Lombarde, consommé. Depuis son avènement au trône des Lombards, Didier cherchait par tous les moyens à se faire en Europe une situation prépondérante. Il avait réussi à marier l'une de ses filles à Charlemagne, une autre à ce Tassilon de Bavière qui devait être un des adversaires les plus redoutables de Charlemagne. Il s'était mis en relations avec l'empereur d'Orient, lui promettant son alliance. Le rêve de l'empire parait avoir hanté son ambition. Pressentait-il en Charlemagne ■an terrible rival ? Quand, après la mort de Carloman, la noblesse franque se divisa, il accueillit à sa cour la veuve et les enfants du prince défunt, et les seigneurs mécontents qui se groupaient autour d'eux, tel que le duc Autchaire. Mais les divisions intestines de Rome lui suggérèrent surtout l'espoir de devenir l'arbitre de l'Etat romain. Puissamment secondé par un chambellan de la cour pontificale, Paul Afiarta, il avait cru gagner à sa cause le pape Etienne III. Mais Etienne III lui-même s'était révolté contre ses ingérences insolentes. Ce n était pas la peine d'échapper à l'anarchie, si l'on devait tomber sous la tyrannie d'un César. Plus cauteleux à l'égard du nou- jjA^ociaiioti» veau Pape, Didier entame et poursuit avec Hadrien de longues ''^ i^"^"-'" a»»*négociations, lui olfrant ses services avec une obstination inlassable. L'avisé Pontife oppose aux sollicitations réitérées du roi une résistance efRcace, lui demandant, comme condition préalable à toute entente, la restitution de tous les territoires de l'Etat pontifical récemment annexés par les Lombards.

En 773, Didier tente de forcer la main au Pape. Escorté du duc Autchaire et des fils de Carloman, il se dirige vers Rome. . U y arrivera, fait-il dire au Pape, en pèlerin et non en ennemi. D^'l^^^se^^'" Mais Hadrien, se méfiant avec raison de cet étrange pèlerin, Rome, esi men'est pas dupe de sa ruse. Au premier bruit de l'approche dethème par le Didier, il convoque les milices des villes voisines, met en dé- '^®"

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fense les remparts et députe au roi lombard trois évêques, chargés de lui interdire, sous peine d'anathème, l'entrée du territoire romain '. C'est la première fois que le mot d'anathème est prononcé à propos du pouvoir temporel. Didier, qui étiit à Viterbe, rebrousse chemin et rentre à PaA-ie.

Cependant Charlemagne ne perd pas de vue les événements d'Italie. Le Pape d'ailleurs le lient au courant des périls que court son domaine '. Tandis que Didier cherche, par des émis- 6aire.s,à tromper le roi des Francs en interprétant les faits à sa façon, Charlemagne veut, avant d'intervenir, se rendre compte de l'clat des choses par ses propres légats. Il dépCche à Rome, puis à Pavie, Georges, évêque d'Amiens, et Vulfrad, abbé de Si.int-Marlin de Tours. Ceux-ci l'informent que la situation est telle que la présente le Pape, et que Didier se refuse à toute concession.

ExpMiti.in ii Charlemagne commence alors une de ces campagnes vigou- ' "^"^ '«"*■ rcusement conduites, dont le résultat ordinaire était de terrifier ses adversaires par le déploiement de forces immenses et par la rapidité des mouvements, de manière à mettre en fuite ses ennemis presque sans coup férir. Deux corps d'armée passent les Alpes, l'un par le val d'Aoste, l'autre par le Mont-Cenis. L'armée lombarde est culbutée aux Quses, les villes du nord de l'Italie font leur soumission l'une après l'autre, et l'empe- Le roi da ^^^^ vient camper devant Pavie en 773. Le moine de Saint- France itevuai Gall nous a conservé le récit éninue de l'arrivée de l'armée Faviâ

carolingienne devant la capitale de la Lombardie et de l'épouvante; qu'elle j apporta. « Quand Charles, l'empereur de fer, crête d un casque de fer, couvrant d'une cuirasse de fer sa poitrine de fer, s'avança comme au milieu d'une moisson de fer, le duc Aulchaire, pûlissant à l'éclat du fer, tomba sur le sol comme sans vie '. »

Pendant que se prolongeait le siège de Pavie, Charlemagne,

voyant approcher la fêle de Pà(jues, voulut aller la célébrer à

EntreTu* Rome. Ce fut l'occasion d'une entrevue importante entre le

4"^cij'«rîecuii- ^^^ ^^^ Francs et le chef de l'Eglise. « Eu apprenant la nou-

gua.

1 Ixrti. 2401-2102.

t J>rri. iflO;! 2403.

3. lloKt>;ii. SAiiaiL , De rebut bellieti Karolt Maym, tl, S6, lli.lor. de» C.u2», V, 13i.

velle de l'approche du roi de? Francs, dit le Liber Ponli/îcalis, le pape Hadrien fut extrêmement surpris. 11 envoya tous les magistrats de Rome au devant de Charles, jusqu'à trente milles environ, où ils le reçurent avec la bannière. Quand le roi fut à un mille de Rome, le Pape lui envoya encore toutes les compagnies de la milice avec leurs chefs, et tous les enfants que l'on instruisait dans les écoles, portant des rameaux de palmes et d'oliviers, acclamant le roi Charles et chantant ses louanges. Le Pontife voulut aussi qu'on portât devant lui les vénérables croix, comme on avait coutume de le faire à la réception d'un patrice ou d'un exarque. Aussitôt qu'il eut aperçu les croix qu'on portait à sa rencontre, le roi Charles descendit de cheval et s'avança à pied jusqu'à l'église de Saint- Pierre. Le Pape était venu de grand m;ilin et l'attendait avec le clerg-é sur les de^rrés. Le roi les gfravit à genoux en les baiscint l'un après l'autre. Puis il embrassa le Pape et le prit par la main. Ils entrèrent ainsi dans l'église, tandis que le clergé chantait à haute voix : Béni soit celui qui vient au nom du S'pigneur '. »

Cette première entrevue faisait présager les grands actes politiques qui s'accomplirent quelques jours après, le 6 avril 774. « Le mercredi, continue le même document, le Pape, accompagné de représentants de son clergé et de sa milice, eut une conférence avec le roi dans l'église de Saint- Pierre. 11 pria celui-ci de confirmer la donation que son père p . « le roi Pépin, et lui-même, Charles, et son frère Carloman et aui'.iiîflr.»avaient faite à Kiersy au Pape Etienne. Le roi se fit relire de Kjerïy? l'acte et, l'ayant approuvé avec tous les seigneurs, il en fit dresser un pareil par Etherius son chapelain et son notaire, et le signa de sa main '. » Cette donation était plus ample qae lelle de Pépin. Le Pape devenait souverain, non seulement de l'exarchat de Ravenne et de la Pentapole, compris dans leurs limites les plus étendues, mais aussi des duchés de Spolète et de Bénévent, de la Toscane, de la Corse, de la Vénétie et de l'istrie. 11 est ^Tai que bientôt des difficultés s'élevèrent, soit avec les ducs de ces derniers oavs, soit avec l'archevêque

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