P. L..XCVII
2. Unde ad consuUndum Palrem nostrum Leonem papam tacerd<ite$ Tiostros iiiittimus. Et guidquid ab eo rel a suis percepei imus, robù. rttinniiare non fn-dabimus. Baluzi, I, 327. Comment M. Guizot a-t-il pn écrire, sans restriction aacune : « A vrai dire, de Pépin le Bref à Louis le Iiéboanaire, c'est le pouvoir t-mporel, roi ou empereur, qui guuveme lÉglise ». Uisi. de la Civil en France, II, 29*.
3. Ou trouve pour la première fois ce nom de canonieus pris en ce sen» dans une constitution de saint Boniface, art. 15. Maibi, XII, aypendix, p. 108.
Uiet. géu. de l'E/tise. 2S
Une telle institution attira vivement l'attention de Charlemagne. 11 aurait désiré que tous les ecclésiastiques se fissent PropaRiiion moines ou chanoines '. A l'exemple de saint Chrodegang, des Miaî cîi*rode- évêques de France, d'Allemagne, d'Angleterre, d'Italie, insli- 8"8- tuèrent des chapitres de chanoines réguliers dans leurs cathédrales. La règle de saint Chrodcgang, complétée par Amal;ùre, prêtre de Metz, fut approuvée et recommandée par le eoncile d' Aix-la-Chapelle en 81G '.
cinrieœasnB Plus encore que les chanomes, Charlemagne aima les
Il lei nioiue» j^^ojjjgg Éginhard raconte qu'il aurait désiré finir ses jours sous l'habit de saint Benoît. Il réalisa du moins l'heureuse pensée d'introduire la règle bénédictine dans tous les monastères de son empire. L'empereur fut moins bien inspiré quand il voulut pourvoir au gouvernement des abbayes dans un but
lnterTi>niion politique. C'est ainsi qu'après sa victoire sur Tassilon, duc de renii'irfiT Bavière, il confia à des évêques francs les abbayes bavaroises.
"**]" ' l'h^l,"'" On le vit distribuer à des amis, h des officiers qu'il voulait récompenser, de riches monastères. Alcuin eut pour sa part cinq a'nbaycs'.
Ces hommes de guerre, ces gens du monâe, ne donnaient pas toujours aux moines des exemples conformes aux devoirs de leur saint état. Parmi ces moines, plusieurs étaient venus là pour échapper aux charges de la vie militaire et ci\Tle. Au
Balot Ensèbe de Vercell et saint Angnotin avalent à6]h r£unl antonr d'eux, da B la vie commune, le cl»rgé de Jours riiice épiscopales. Primitivemeot le mot canoniou.i signifiait eimplomcnl clerc inscrit dans le canon oo lableao d'une égvise, C. de iVioee, o. xvi.
< (Japit. de 805 IUluu, I, 2J6.
9 Sur la propagation do la vie canoniale et «on développement, rolr |F.i/tU, IJist. det Conciles, trad l)ii,tnR, t. V. L'instilulinn des clianoinossea, approuvée par le môme concile d'Aix-la-Chapelle, apparut, à pea près ea nArce temps», comme une mitigatlon de la vie religieuse.
3. 1,0,8 lli-uiS'licling français ^ml toujours soutenu que la règle de saint Denoll fut iiiiplnnl(''e h lilanfeuil l'année mémo do 8a mort par son discipl» sa>nt Maur M Ang. Molinier et M. Ilciphcn ont combullu celle opinion. Suivant eux. le Maur dont le sarcopliage a éti découvert à GlanfuuU no serait p.is le disciple do Paint Benoît. CL Ket. Ilitt., juillet août l'A)j, liev. QimX. ilitt., \" octobre 1605.
diocèse d'Orléans, le saint ëv^qup ThiSnflnlphe se lamentait de Dec «deoce de voir le monastère de Mici ou de Saint-Mesmin se dépeupler de * " J^ mi"!»»vrais moines et se peupler de séculiers à la vie scandaleuse '. Les moines de l'Ile-Harbe, près fie Lvon, que le pieux archevêque LeidraJe édifiait par sa science et par ses vertus, s'étaient laissé séduire par les erreurs de l'Espaj^nol Félix d'Urgel sur la divinité de Jésus-Cbrist '. Ceux de Saint-Denis, près de Paris, avaient quitté l'habit monastique et adopté la règle des chanoines, la trouvant plus commode *. Dans son précieux ou^Tage, De laudibus vir/jinitatis, saint Adhelme fait un portrait peu flatteur de la vie d'une abbe^se de son temps *. Un capitulaire de Charlemagne, publié en 789, fait allusion à de plus graves abus : vocations forcées ou insuffisamment éprouvées, vagabondage des moines, avarice des cellériers, etc. '. De tels désordres ne pouvaient être efiicacement réprimés par des sanctions disciplinaires ; une réforme intérieure était seule capable d'en triompher.
C'est de l'entourage même de Charlemagne, du sein de sa remuante noblesse, que devait surgir le réformateur.
Il y avait alors, parmi les grands dont Charlemagne avait Saint Benoit fait ses familiers, un jeune seigneur, descendant des nobles '^'^"'a"«comtes de Maguelonne. 11 s'appelait Benoît Witizza et rem- seg origiaes. plissait auprès de l'empereur les fonctions d'échanson. Brave à la guerre, brillant à la cour, il était l'espoir des armées et l'ornement de l'académie palatine. Un événement providentiel vint tout à coup changer l'orientation de sa vie. En 774, g ,oc«iion. pendant la campagne de Lombardie, un de ses frères, soldat comme lui, ayant voulu imprudemment traverser un fleuve, fut entraîné par les eaux. Benoît, voyant le danger, lance son cheval dans le courant, et arrache son frère à la mort. Mais il venait de courir lui-même le plus grand péril. Emporté à son tour, submergé, se voj'ant près de mourir, la vanité des choses terrestres lui était tout à coup apparue, et il avait promis à Dieu, s'il était sauvé, de se consacrer à Lui dans la vie monastique. 11 tml paiole. A peutir de ce moment, ses