P. L., Cil
3. MiBiixoii, Acta Sanct. Ord. S. Bened., Reet. 4, par. I, et BollandUUa, '
^ mai.
3'.2 insToinE cémrale de Lir.i.isE
noLlrs<;e franque. à qui incombait une grnnfle part de responsabilité dans la di'cadence de la vii- inonasI.Miie, avai' une dette à payer à l'Ég^lisf : Benoit d'Âoianeet Guillaume d'Aquitaine la payèrent Qobiunmot.
Lei bieni Les hauts dignitaires ecclésiastiques devenaient de plia
d église. gjj plus de vrais seie^nours eux-niêmos. Au viii'^ siècle, évùques
Source» de et abbés administrent des biens considérables, que les
ce* bieot. prémices, les dimes, diverses redevances établies par l'usap^e et surtout les dons spontanés des (IdMcs ont mis entre leurs mains. Charlemaj^ne croit devoir rég;lementer les sources dt Les nréœices. ces biens, leur administration et les droits qui en dérivent. Il laisse tomber d'elle-même l'antique coutume des prémices, offrandes en nature que (ont les lidèles à l'otlertoire. Cette ins-
Ltt dttne». ^-i'^^'io" ^^^ ^^ pleine décadence au ix^ siècle '. Mais il règle 1» perception et la répartition des dinies et les impose aux nou veaux convertis. 11 déelare que, suivant un décret du Pape Gélase, le produit en sera réparti, par portions égales, entre l'évêque, les prêtres, les fabriques de chaque diocèse et les L«a obiatioDs pauvres. Il laisse subsister la pratique des oblations des
4m fidèlet. fidèles faites à propos des funérailles, des ordinations et des messes. A propos des funérailles, llincmar de Reiras défendra au clergé de riea exiger, mais leur permettra d'accepter une libre oHrande. L'allention de Chailemacn»» se porte surtout sur la qualriènie source de > j .<!-- , ig e, les dons et legs des Cdèles. Avec une sollici fei ■ jpJeiûô '\ qiuté,til veille il ce que les personnes pieuses i B i xdCWOtjt i de libéralités excessives au préjudice de leurs 'té: «iotô- " Wend sévèrement d'autre part aux ecciéhiasiiqt "»' .Iciuurner les biens de
l'Église de leur destinât uui primitive au profit de leurs familles. Il organise avec un soui particulier deux formes spéciales des dons faits aux églises> ; le LéncjLce royal et le précaire.
1. Tnoxiiiiii. Anciennf ti >■' uc. dite, III* parUe> 1. I". Docmuiii, Origint* du oull* chrétien, p. &37-&3â.
LB SAIXT E.MriHE ROMAIN 343
Les rois mérovingiens avaient souvent concédé aux églises Lei béaéficM. des biens en pleine propriété ; Cliarlemagne préfère les leur donner à titre de bénéfice, c'est-à-dire avec défense d'aliéner, de disposer, de transmettre sans contrôle. Sous les derniers Mérovingiens, de simples particuliers, gênés dans leurs affaires ou menacés par les invasions, avaient donné la nue propriété de lem-s biens à de puissants protecteurs, en s'en réservant l'usufruit à titre de précaire ; sous Charlemagne, ces contrats de Leecontratsd précaire sont souvent faits au profit des églises, dont les chefs ^' caire. se montrent particulièrement paternels et généreux. Des églises pauvres avaient constitué des précaires à des seigneurs puissauts ; Charles vent empêcher l'aliénation des biens d'église sous cette forme et interdit les contrats de ce genre. Le précaire prenait parfois une autre forme. Un particulier demandait à un évêque ou à un abbé ime terre à mettre en culture ; à sa mort, ou bien après dix, vingt ans, suivant les termes du contrat, la terre revenait à l'Eglise '. Des biens considérables sont ainsi acquis par l'Eglise. Certains prélats, tels que L'importince Leidrade, archevêque de Lyon, ont en bénéfices plusieurs ^ea bien» abbayes ; Théodulphe, évêque d'Orléans, possède les abbayes "^ ^'^poQu»^"* de Fleury et de Saint-Benoît-sur-Loire ; Alcuin, simple clerc, reçoit de Charlemagne les abbaj^es de Ferrières, de Saint- Loup de Troyes, de Saint-Martin de Tours et de Saint-Josse, dans le comté de Ponthieu ; Eginhard est abbé de Saint-Pierre de Gand, de Saint-Servais de Maëstricht et de Fontenelle. On a calculé qu'au ix" siècle le tiers du territoire est bien d'église '.
Mais n'oublions pas que ces biens sont sacrés par leur des- Caractère •»• tinalion comme parleur origine. Ce sont les biens des pauvres, '^'^bientl" res pauperum. « Nous savons, dit un capitulaire de Charlemagne, que, suivant la tradition des Saints Pères, les biens d'église, dons de la piété des fidèles et prix de la rédemption de leurs péchés, sont les patrimoines des pauvres. Nous statuons donc que jamais, ni sous notre règne, ni soiis celui de nos
1. EsHEui, Hist. du droit français, 131-136. Ne pas confondre le précaire (precaria) du Moyen Age avec le précaire (precanum) du droit romain, acte par lequel une personne crdnit une chose à une autre en se réservant delà retirer à volonté, EsnEia, loc. cit.. Vil, l'iA.
2. RoTB, b'eneficialiresen, p. 21)0. Waitz, De»tsrhe Verfassungsgeschichie, 2* édit. , t. II, p. 219, note 2. Abbé LsiiAg, La prupneie ecclésiastique en Franct ûux époques romaine et mérovingienne, 1 vol. in-8, Paris, 1010.
3ti HISTUIHK GÉ^ÉRAL£ DE L'h(iLli>E
successeurs, il ne sei^ ^urmis de rien boustiam», de rien aliéner de ces biens sacrés' ». Des lois eoclésiasti<jues i'' .;leul l'emploi
I - «ont la p»- des revenus d'cglise. T'a concile d'Aix-la-Qiapelle, tenu en pauvre». 816, porte qu'un hôpital sera fondé à côté de chaque monastère, et qu'on y préposera un homme « à qui l'avance soit odieuse et clière l'hospitalité, capable de faire donner aux pauvres tous les soins et tous les soulagements dont ils ont besoin* ». Cbarlemagne rappelle, à plusieurs reprises, aux prêtres et aux moines, l'obligation qu'ils ont de nourrir les pauvres et »es voj'ageurs et de les admettre à leur table ' ; le crime qu'ils commettraient en dilapid;int les biens d'église, serait un crime abominable, car « celui qui ne nourrit pas le pauvre est son meurtrier * ».
L'f k11«« «n- Ces immenses propriétés des évêchés et des abbayes ne sont
culture et lin- p^is seulement, aux vui® et ix* siècles, de grands élabUssements 4uBtria. d'assistance publique ; elles stimulent l'agriculture par les contrais de précaires et les baux emphytéotiques perpétuels consentis aux ouvriers des champs '. Elles encouragent aussi puissamment l'industrie. « L'industrie, dit M. Kleinclausz, prospère surtout dans les abbayes. A Saint-Pierre de Corbie, sous l'administration d'Adalard, plusieurs « chambres » sont occupées par différents ouvriers ; dans la première il y a trois cordonniers, deux selliers, un foulon ; dans la seconde, six forgerons, deux orfèvres, deux cordonniers, un armurier, un parcheminier ; dans les autres, des maçons, des charpentiers, etc. Ces ateliers furent d'abord situés à l'intérieur des