Baibzi, I
2. Quia res EcoUtix oblationet tint fidelium, pretia pecoatorum <C palrimonia pauperum,... ad portam monasitiii .. tit hapilale pau^erum, eut eliain prœ-iil talis gui et aratitiam oderil et hos)iiialiteni diligat... unde pauperes ibidem reoreenlur et foveantur, Mâhsi, l. XlV, col. 276-J!77.
3. BitoM, I, 503, 524. 53i, 1171. Iii93. etc ; Boami», I. 94, 86, lOC. 332, 847. etc.
4. Biicii, I, 946, 1003, 1007, 1115 Un rapilulaire énumère le» principales Ins'ilulions d'assiplance publique établies aui.iès des calhc^drales et des monastères. Co sont le Xecoùoi hium, où l'on roçoll les \oyaf;our», le Plocbotrophium, où l'on nourrit le» pauvres, le Noiscjehomium, où l'on soi^ine le» malades, l'Orphanotrophlum, où l'cr. rtcueillk les Orphelins, le Géronloeoniuin, 01^ l'on ilonne asile aux vieillards indigents, et le Brophotrophium.où l'on donne de» soins aux enfants en bas ftge. Bilczi, I, 446-447.
6. Esiiii.1, [^n baux perpétuels des formules d'Angers et de Touri, Mélanges, p. 3W et suiv. Voir (.urlout Imbart di la Toc», Les colonies agricoles <t l'occupation des terres désertes à l'époque owrolingienni, dan» le* QuiiUoiii W/tist. soc. «( rtl., Paris, 1907, p. '.il CS.
monaslères, et ils fournissaient seulement ce oui était néce» ''^,'f",'.!i'J'!!i"° saire aux besoins de ceux qui les habitaient. Mais bientôt les Jc"» ^"^ '^*>abbés s'aperçoivent des profits qu'ils peuvent tirer d'une production supérieure à la consommation faite dans leurs maisons, et ils organisent en dehors de l'enceinte de véritables kourgs industriels. Le plus ancien, à notre connaissance, est celui de Saint-Riquier, dont les forgerons avaient acquis, dès la fin du viii° siècle, une grande réputation. En 831, il est divisé en onze quartiers, dont chacun est habité par les ouvriers d'une même profession. Certaines agglomérations coip.otèrent , '-'" '^"'i'','""*', plusieurs milliers d'àmes, et, parmi nos villes, plusieurs doivent touirotiea. leur origine à cette intéressante évolution. Les artisans sont groupés en corporations ; l'existence de communautés appelées gildes [geldonix) ou confréries [confralrix) est prouvée par plusieurs capitulaires et par les décrets des conciles. Elles sont des institutions charitables et des sociétés d'assurance mutuelle : leurs membres s'engagent par' serment à faire des aumônes et à s'entr'aider, dans le cas de perte de leurs biens par naufrage ou par incendie ; chacune d'elles a son jour de fête ' ».
Les transactions commerciédes ne sont pas moins favorisées L'Énli'8 favopar les abbayes, par le mouvement de population dont ces mai- oierca, sons sont le centre, et par les fêtes qui s'y célèbrent. « Dans le voisinage des villes, des abbayes et des villas importantes, se tiennent des marchés publics [mercata publica), n'importe quel jour, sauf le dimanche. Les foires coïncident avec les pèlerinages les plus célèbres, et commencent en même temps que la fête du saint. 11 n'est pas encore question de celles de Champagne et de Flandre ; mais la foire de Saint-Denis, confirmée par \me charte de Pépin du 3 octobre 759, est florissante. On l'appelle forum indictum, d'où est venu le mot « lendit ». Sa durée est Je quatre semaines pour permettre aux marchands d'Espagne, de Provence, de Lombardie et d'autres régions d'y assister. . . Les pèlerins anglo-saxons qui traversaient la France sous la protection de l'empereur furent d'utiles agents commerciaux. Les principaux ports par lesquels ils passaient étaient Gand, Duerstade, l'Ecluse, Boulogne, dont le phare
1. A. KuuiciAosx, dans Ilitl. d* France de LATtasi, t. U, ^" partie, {I. 33G.
•ile.
346 nisTOinE générale i>e l° église
éclairait au loin les navigalp'.irs, et surtout Qucnlovic, qui est aujourd'hui ou Etaples, sur l'Estuaire de la Canche, ou Sainl- Josse-sur-Mer. Un bureau de douanes, centralisant les sommes reçues dans les divers ports et cités niarilimcs, y était installé sous la direction de Gervold, abbd de Sainl-Wandrille ' ».
Parmi les bienfaits que le peuple retira de ces grands patrimoines du clergé, il faut aussi mentionner ceux qui résultaient du droit d'asile et de la juridiction ecclésiastique. LlBomunit*. De tous les privilèges que les rois mérovingiens avaient accordés aux biens d'église, le principal était l'immunité. L'immunité n'était pas seulement la dispense, partielle ou totale, des obligations Cscales et du service militaire; c'était aussi le droit de rendre la justice sur les terres ecclésiastiques *. Charlcmagne généralise ce qui, sous les Mérovingiens, avait été concédé à titre exceptionnel ; il prend l'habitude d'ajouter à toute donation faite aux églises le pri^•ilège de l'immunité. La première conséquence de celte coutume est L« droit d'à- l'extension du droit d'asile. De tout temps les accusés réfugiés dans les temples avaient été reconnus inviolables ; désormais devant toute terre d'évêché ou d'abbaye, doublement sacrée par la sainteté de sa destination et par l'immunité impériale, la justice laïque s'arrête. Les pauvres gens poursuivis y affluent. Ce droit d'asile est d'abord un frein salutaire à bien des violences trop promptes; il devient bientôt un abus. Charlemagne y remédie. 11 restreint le droit d'asile à l'église seule et à ses dépendances ; il décide que le criminel réfugié sur les terres ecclésiastiques pourra en être expulsé, que le comte laïque aura le dioit de venir l'arrêter et que l'évêque qui s'y opposerait sera soumis à ime amende*. Il déclare les homicides indignes de ce béuédce et ordonne qu'on les foroi à sortir des églises mêmes, eu leur refusant des
1. Tbid., p. 337-358 Les Juifs, h qui la possession de U terre était intcrdlle, reiidiient h cette Cpoque àc réels scrviocis au coinmeice. Mnis le Irafio qu'ils faisaient des esclaves provoqua les protwlulious d'AgoLard, ardi*vêqco de Lyon.
i. Ce droit est exprimé dans ies ac*<>8 de la manière cuiA-ante : audirt causai, de fredo (xigrre (fr/duni, <. ôs' lu couipusilion pécuuiuiie. luncien Werr/eld). Cf. I''u!>lel de Coulanges, ^sl c- >-il 1 i luuiiire fi-J ce peint dans son Llude 3iir l'immunité mérovingitn>'^, Jtevue hislori^ue, ItW, p. 249. M. Flach a romplété IVtude do M. Fustel de Coulanges dans Lct origintê d» l'ancietme Ftance, 1, 1S3, 437.
8. Cepilulaù-e de 803, art. 2 et 3. Budz», T, 38S-389; Boaiiiii, I, 113.
LE SAINT E5IPIRE RO.MAIN o47
vivres. L'asile arrachait à la mort l'accusé, maïs ne l'exemptait ni de la pénitence canonique ni de la juridiction épiscopale. Le but de Charlemagne paraît avoir été de faire contrôler et i liiit* «oi iaie «doucir par la justice des évêcuies la justice trop dure et trop " '^,1'^ passionnée des comtes laïques '. Ce but fut en partie atteint par le droit d'asile tel qu'il le régla ; il le fut surtout par l'ampleur qu'il donna à la comps^tence de la juridiction épiscopale. Paria jnri.iiaion suite d'une coutume féodale qui s'introduisait à cette époque, le ' "•-"=°""' '^"''* droit de juger devenait inhérent à la propriété foncière. A ce seul titre les évêques ' pouvaient prétendre à un droit de justice sur leurs terres ; Charlemagne ratiCe et élargit cette juridiction. 11 l'étend jusqu'aux crimes entraînant la peine capitale. Les évêques avaient dû s'entourer d'officiers c!e police et de sortes de juges auxiliaires, qu'on appelait judiccs privati, villici, advocati ; Charlemagne s'empresse d'utiliser ce personnel, en qui il trouve des garanties de science et d'équité et à qui les plaideurs et les accusés donnent volontiers leur confiance ; les advocati des églises pourront tenir un plaid annuel et y rendre la justice, assistés de notables appelés bons hommes, boni homincs '. Ainsi, dit Thomassin, « les Ricufaii» f!« évêques et les autres ecclésiastiques ayant la plus grande au- ''"'''''tiua.' torité dans les cours de justice... la douceur et l'humanité des lois ecclésiastiques l'em] orta sur la rigueur des lois civiles, et au lieu de supplices sanglants on commença à n'imposer ^ue des peines salutaires ' ».
1. Cest ce qn*U déclare dans son capitnlaire de T79, art. U. Biluzi, I, 197. Snr le droit d'asile, cf. Baiozb. I, 9S, 251, 539, 729, 840, 854, 855, eto. Voir S. MA.NT, De locis taoHs, p. 94 et s., et THoiiASSin, Ano. et nouv. dite, T, 482 et a.
2. Les biens de chaque diocèse sont administrés par l'évêqne. Dans cbaqne église particulière, les clercs de celle éf^lise ont seulement l'administratioa des revenus affectés à la réparation des églises tfabrica). Les bénéfiders out UQ certain droit d'administratiou de leur bénéfice ; mais ils n'en sont que le» usufruitiers. La seule personnalité juridique de droit commun, c'est l'évêque. Il se fait aider par ses prêtres et ses diacres ; mais, en principe, il ne doit de compte qu'à Dieu. Tel est le droit jusqu'en 800. Charlemagne décide que l'évêque ne pourra toucher au trésor de l'église sans le consentement du clergé, même pour assister les pauvres ou les serfs de l'église (Concile de Tours, can. XI, ap. Baluzb, I, 503). Dans des cas exceptioncels, les concile» provincianx prennent connaissance de l'administration de l'évêque. Tu»- ■ASBin, V, 534 et g.
3. J. Fuca, Les origines de Cancienne Frano», I, 183, 347. K Tiiojugsii, Ane. *t nouv. dite, V, 481.
318 HISTOIRE r.Ë.M^liALE DE I.'tGI.I.SB
L»» *cni^» p». Sur la Icrrc eccl'siasliquo, les deux foyers prir.c:T::au\ de la rou.i.ie.. civiliçalinn Sont l'dcoît cl W-f.he. Eu 789, C':\ripmague, renouvelant une prescription d'un concile de Vs-ç^r tenu en 529, ordonne aux prêtres de tenir une école dans leurs paroisses, de l'ouvrir non seulement aux enfants des serfs, mais aussi aux enfants des hommes libres, et de leur apprendre le Lei éeoies psautier le ch^nl, le comput et la grammaire '. Au-dessus de
ipincopale» el ' , ... i,- r , • . ,•■ »
uiuuMUques. ces écoles paroissiales, qui se multiplient assez irrcgulierement, assez nombreuses dans certains diocèses, presque nulles dans d'autres, sont les écoles épiscopales et les écoles monastiques, où, jusqu'au concile d'Aix-la-Chapelle tenu en 817, on admet les étrangers à participer à l'instruction donnée aux novices. A partir de 817, il y a deux sortes d'écoles monastiques, les unes intérieures, réservées aux novices et aux oblats, les autres extérieures, pour les clercs et les laïques '. Les plus célèbres parmi les écoles épiscopales et monastiques sont celles que dirigent Théodulplie à Orléans, Leidrade à Lj-on, GowoKl à Saint-Wandrille, Angilbert à Saint-liiquier, saint Bouoit à
LVc-"» r> ;a- Aniane. On connaît la célèbre école palatine, où se rencon- ^•""'* traient, à côté des membres de la famille de Charlemagne, les hommes les plus célèbres de l'époque. Ces écoles possèdent \ine grande quantité de livres. Il est prouvé que sous Charlemagne, les bibliothèques contenaient beaucoup d'ouvrages de l'antiquité classique '. Charlemagne veut fonder ime nouvelle Athènes, plus belle que l'ancienne, « l'Athènes du Christ ». Alcala. L'âme de tout ce mouvement de réforme scolaire est ua
clerc d'Angleterre, Alcuin, que Charlemagne a re»iContré à Parme en 781 et attaché à sa personne. Né à York en 733, il avait fait ses études à l'école épiscopale au temps d'Egbert, disciple de Bède le Vénérable. Il apporta aux écoles gauloises les traditions et les méthodes éprouvées des écoles anglaises.