MAjiii, XUI
LE SAINT EMPir.E ROMAIN
belle profession de foi, il les exhortait à abandonner leurs opinions parliculières pour se ranger aux doctrines de l'Eglise universelle '.
La cpiestion dite du Filioque n'avait rien en soi de connexe u quoctlon avec celles de l'iconoclasme et de l'adoptianisme. Mais le même esprit d'opposition s'y révéla. Plusieurs hommes de ce temps professèrent à la foi les trois erreurs relatives à ces questions.
C'est au concile de Tolède, tenu en 389, au moment où l'Es Addition dn pagne faisait abjuration publique de l'arianisme, que nous ™° ^ymboi"/ avons vu apparaître avec une solennité particulière, comme un P»' le» Etp»chant de triomphe sur l'hérésie vaincue et comme une affirmation de la -consubstantialité du Père et du Fils, l'addition au Credo du mot Filioque '. Cette addition liturgique, qui correspondait à une doctrine dogmatique traditionnelle, avait passé d'Espagne en France, et peut-être non sans y soulever quelques protestations, car Éginhard mentionne que, dans un concile tenu en 767 à Gentilly, il fut question de la Sainte Trinité en même temps que du culte des images '. La querelle s'enflamma violent Inclen 808, à la suite d'un regrettable incident. Dansxun monas- 'J^°[ jl^îont tère palestinien, situé sur le Mont des Olixiers, des moines oc- dei O^'e" cidentaux, ayant, suivant l'usage de la chapelle de Charlemagne, chanté le Filioque dans le symbole, furent assaillis par des moines grecs, qui tentèrent de les expulser comme hérétiques. Ils étaient doublement coupables, disait-on, d'introduire dans le Symbole de Nicée une formule nouvelle contrairement à une décision du Concile d'Éphèse, et de laisser entendre par cette nouvelle formule une grave hérésie, à savoir l'existence en la Trinité d'vm double principe, d'une double spiration. L'accusation était sans fondement, l'interdiction portée par le
1. P. t., XCVin, 899; Mahbi, XIII, 899 et s. L'adoptianisme devait ressusciter au m» siècle avec Abélard. au xiv» avec Durand de Saint-Pouiçaiii el Gabriel Biel, au xvrn' çi^cIe avec Ysambert.
2 Je crois au Saint Esprit qui procède du Père et du Fils. Le mot Filiogu* •e trouve dans un autre «-oncile de Tolède, de 447.