‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 204 sur 278 · Jhii., VI · texte numérisé non relu

Jhii., VI

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comparables à ceux qiu; provoqua la chute de l'empire romain. « Pleure, France ! s'écrie le diacre Florus, car l'empire a perdu et son nom et sa gloire... Au lieu d'un roi, nous n'avons plus qu'un roitelet ; au lieu d'un royaume, nous n'avons plus que des fragments de royaume... Pleurez, montagnes et collines 1 Pleurez, fontaines et rochers ! 11 n'est plus cet empire qui s'était donné pour mission d'unir par la foi des races étrangères ' ! »

Sur les ruines de l'empire, la féodalité ne cesse de grandir. De tout ce que perd le pouvoir central, celui des seigneurs s'augmente. Le vasselage s'impose à tous les hommes libres. L'organlgaw»* On n'est plus sûr d'être protégé si l'on n'est pas l'homme d'un néraîisVei^M seigneur ; on n'est plus certain d'être obéi si l'on n'est pas le foriifis. seigneur dune terre. C'est pourquoi les comtes, jadis simples fonctionnaires publics, ont besoin de devenir bénéliciers d'un domaine. Mais ce domaine, ils le transmettront à leurs héritii;rs et l'exercice de la fonction publique le suivra. Charlenragne nommait et révoquait ses comtes; ses successeiu-s ne K pourront plus. Le capitulaire deKiersy, en 877, aura moins r.es bénéfic»» pour objet d'instituer l'hérédité desoiïices etdes bénéfices que de aevieDDeot^ confirmer im état de choses déjà existant. Dès lors le droit public réditaires. n'existera plus en quelque sorte ; il se confondra av9C le droit privé : qui dira propriétaire dira souverain ".

Nul ne bénéficie plus et nul ne soulfre plus de cet éta< nouveau que l'homme d'église, évêque ou abbé. La posses sion de la terre qui lui donne la juridiction et l'aulonté sociale dont il a besoin, le place dans la filière des suzerains et des vassaux ; et il y trouve, en haut comme en bas, l'ambition, la simonie, la rivalité jalouse. De tous les hommes d'église, nul n'en pâtira plus que le Pape. Nulle part, en effet, plus fjulls p»rt les qu'en Italie, la noblesse n'est remuante, audacieuse, rompue ^f" e*i'^"i"'^da à l'intrigue et à la conspiration, préparée à l'anarchie par de choses ne »«vieiUes rancunes. Qu un jour, à la faveur de ces discordes in- laureuse»

i. Fioaxis, Carmen de divisione imperii. iitaiLtot, Analecta, I, 3P/8; But. des GauUs, VII. 301-304.

2 GoizoT, Histoire de la civilisation en France, 3* leçon. M. Emile Bon*peois, dans son étude. Le capitulaire de K^ersy-sur-Oise, Paris. 18^5, a biaa diminué la portée qu'on attachait, depuis Montesquieu a ce capitn!«ir6, lequel parait n'avoir rien ionové, mais plutôt avoir constaté un éUt ds Ciiuies remoalaat jusqu'à Charicmagae.

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W Sl°'/* leslines, un ambitieux sans frein, une femme éhontée, s'em- UanU. parant du pouvoir, fassent peser sur Rome le joug d une suzeraineté despotique, et que, poursuivant alors la conquête de la plus haute des souverainetés, ils parviennent à faire asseoir sur le siège de saint Pierre la simonie et la débauche ; ce sera pour l'Eglise l'épreuve et l'humiliation suprêmes. Jamais, ni sous Néron, ni sous Julien l'Apostat, ni devant Attila, l'Eglise n'aura couru pareil danger. Mais si, de cette épreuve, elle sort immaculée dans sa doctrine, toujours féconde en saints et en héros, prête à reprendre avec un nouvel élan son œuvre de civilisation et de sanctification dans le monde ; si l'indigne Jean XII devient le précurseur de Grégoire VII et d'Innocmt III ; alors, dans ce spectacle, n'aurons-nous pas, au lieu du scandale de la Papauté que l'impiété nous oppose, U preuve la plus vivante et la plus miraculeuse de sa divine vitalité ?

Darnlire* Saint Léon III survécut deux ans à peine à Charlemagno.

" uT'n m*"" A.vant de descendre dans la tombe, il eut le temps de constater avec tristesse l'impuissance du nouvel empereur, la turbulence de la noblesse romaine, le pouvoir des ducs d'Italie.

SonlèTement ^ ^^^' ^^^ ë^^^ ^^ parti des nobles, dit Eginhard, organi-

àt I» Doblepie sèrent un complot qui ne tendait à rien moins quà se défaire

contre 10 Pfipc. .

du Pape par l'assassinat*. Léon III, ayant découvert la conspiration, fit arrêter les conjurés et, sans consulter l'empereur, les fit condamner à mort poiu- crime de lèse-majesté, suivant la loi romaine. C'était user d'un droit qui semblait décoiJer de sa souveraineté. Louis le Débonnaire, doublement humilié de ce qu'une pareille révolte eût éclaté dans un Etat de son protectorat dès le début de son règne, et siu-tout de ce que le Pape l'eût réprimée sans avoir recours à lui et en appliquant le droit romain, s'irrita. Une ambassade, à la tête de laquelle était le neveu de l'empereur, Bernard, roi d'Italie, vint exposer au Pape ses réclamations. Léon III invoqua l'urgence ds

1. EoiiiBi«n, AnnaUt, a. 815. Hist. dts Gaules, VI, 175; L' Astronome, dhoa U Chron. de SaintDenyt. llitl. des Gaules, VI, 139.

LE SAIM EMPIRE ROMAIN 37o

la répression, qiii exigeait une action prompte, et l'autorité de Le Pape jnsti- /-L I ...... ,, • . fie sa coudiiita

Lharlemagne, qui n avait jamais imposé à 1 Etat romain ùevaot l'em-

l'usage du droit germanique. En ce moment-là même, de ?«''«'"'• terribles révoltes se produisaient dans les colonies agricoles de l'Etat pontifical. Pour réprimer la conjuration de la noblesse, le Pape avait fait appel à ses fidèles milices rurales. Des groupes de mécontents, soudoyés sans doute par le parti ^^ nouyellM des conjurés, parcoururent les fermes pontificales, excitant le teni rualie. peuple à des représailles contre les milices, répandant partout le pillage etl'incen* i. soulevant les paysans contre les agents pontificaux, exploitau quel(jues abus accidentels pour représenter les officiers du ^aint-Siègecorame des tyrans. On parlait dune marche des insurges vers iiorae. L'intervention du duc de Spolète, Winigis, envoyé par le roi Bernard, arrêta les rebelles. L'eiïervescence était à peine calmée, quand le saint et grand Pontife, prévoyant sans doute bien des épreuves nou- Mon de saint velles pour cet Etat de saint Pierre qu'il avait si fermement gouverné, rendit son âme à Dieu le 12 juin 816.

Le clergé de Rome, préoccupé des dangers que pourrait Étienos IV. faire courir à l'Etat pontifical une politique trop rigide, lui ^ donna pour successeur un pacifique. C'était le diacre Etienne, universellement estimé pour sa piété, la pureté de sa vie et l'esprit conciliunt de son caractère. 11 était de famille noble et avait passé sa jeunesse dans le palais patriarcal du Latran sous les papes Hadrien et Léon •. A peine élu, Etienne IV fit " <i«™*°^« «o prêter à tout le peuple romain un serment de fidélité à l'em- ler uu sermeut pereur '. Aucun précédent n'imposait cette démarche ^ Mais l'empereur. rien n'autorise à penser que le Pape entendait par là abdirpier sa souveraineté. Tout porte à croire, au contraire, qu'il s'agissait d'un serment prêté à l'empereur en tant que protecteur et non en tant que souverain, comme l'expliquera plus tard le pape Serge II dans une circonstance analogue. Les résultats immédiats de cette politique furent une détente subite dans les relations du Pontife avec l'empereur. Etienne avait, immédiatement après son sacre, notifié son élection à Louis le Débonnaire. Les deux souverains se rencontrèrent à Reims, et.

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