Kpittola ad BeOerardum '■. L., CXII
6. 0 après un ouvrage perdn cit^ par 1Miu>gir Oe j,ama eauta aivereu» JjUxfrancum. BATifroL. l'>c ci-., p. .^1
7 Pai,i3 et otnitm niAiI habeut in « iiermultuum. ot coiy. «4 tang., 14» P. L., CXXI, 133
422 HISTOUB CÉKÊIlfctE DE L ÉGLISE
surviennent et ils persistent eji substance, mais $pirttalîter, OoetrlDeds tandis que le pain et le vin v subsistent corpor,-iZi/er. Ratramne invoque des textes de saint Augustin, qu il interprète avec une logique trop étroite. Et il en vient à admettre que ce corpa impalpable et invisible n'est pas le corps historique du Christ ; qu'autre clu>&e est ce qu'on voit et autre chose ce qu'oa croit.
[p.p.rpTiCnn C'est alors un nouveau scandale. « Eh quoi ! » s'écrie le défenseur de la tradition, le savant Hincmar. dont la spéculation n'est pas le fort, mais qui tient à conserver toute la doctrine ■traditionnelle, celle de saint Ambroise comme celle de saint Augustin, sans bien voir comment ces deux doctrines s'accordent; « eh quoi! si ce qu'on voit n'est pas ce qu'on croit, ce qu'on voit n'est donc qu'une figure, qu'un souvenir commémoratlf du corps et du sang, et non plus le sang et le corps du Christ ! ' »
Condininn .Je Finalement les esprits se rangf-rent du côté de Paschase acoDiiover.-e. Radbert, mais la langue théologique n'avait pas atteint sa perfection. Plus tard, une doctrine plus achevée de la transsubstantiation, la distinction de l'identité quoad cssenliam et de l'identité quoad speciem, l'admission d'une présence sacramentelle, qui tient le milieu entre la présence simplement naturelle et la présence purement symbolique, — sans expliquer un mystère qui reste au-dessus de toute compréhension humaine. — feront disparaître les scandales provoqués par les affirmations trop téméraires d'une théologie à se» débuts.
Pendant que la controverse eucharistique préoccupait les
esprits, un dcfbat plus passionnant encore se poursuivait au
milieu de péripéties tragiques.
Wbat thé .1 Vers le milieu du ix® siècle, le bruit se répandit qu'un moine
^Sédt-'ii'ùii-' saxon, à la parole enflammée, jetait le trouble dans diverses
"""• contrées de l'Allemagne et de l'Italie, ne craignant pas de sou-
le\er devant le peuple les problèmes les plus redoutables de la
pré-Jestination.du libre arbitre et de la grâce, et les résolvant
p.. Ips afiirni.iliiins I .•> |)lii- liésespérantes. « Nous s.ivoiis,
é..ri>u.i le Sd >.•.!. a.xje de i<ul<ia, Kubau Maur, au comte de
1 Hi<i.ii4it '- fi—ci V ■>ne, c. un.
Vdrone. Hébérard, nous savons qu'un certain demi-savant .(scioluni), du nom de Gottescalc, s'est arrêté chez vous et y Golteiedo. dogmatise, soutenant que la prédestination divine est tellement nécessitante, que celui-là même qui veut être sauvé et g» doctrin». qui travaille par une foi droite et par ses bonnes œuvres à obtenir la ^^e éternelle avec l'aide de la grâce de Dieu, perd son temps et sa peine, si Dieu ne l'a pas prédestiné à la vie : comme si Dieu pouvait prédestiner des hommes à la mort éternelle, lui qui est l'auteur de notre salut et non de notre perte ! ' »
Les protestants et les jansénistes ont invoqué Gottescalc Caractère d» comme un ancêtre. Jansénius, Guizot, Ampère et Michelet *^*"* °°'"'''" l'ont représenté comme un martyr, victime de l'inflexible rigueur d'Hincmar de Reims ^. Parmi les catholiques, tandis que les Bénédictins de saint Maur ', le cardinal Noris + et le savant théologien Berti ', prétendent disculper le célèbre moine de toute erreur consciente, d'autres théologiens et cririques, tels que Sirmond °, Petau ', Noël Alexandre ' et Tourjely ', s'efl'orcent de démontrer qu'il a réellement professé l'hérésie prédestinatienne.
Il faut bien reconnaître que les doctrines et la ^■ie de Gottescalc ne sont pas sans analogie avec celles de Luther. Fils du comte saxon Bernon, voué dès son enfance à la vie monastique dans l'abbaye de Fulda, Gottescalc, devenu homme, supporte avec peine le joug du monastère, qu'il n'avedt peutêtre pas reçu par vocation. Il attaque et fait annuler ses vœux par le concile de Mayence en 829. Mais son abbé Raban Maur le contraint, avec l'appui de Louis le Débonnaire, à demeurer moine "*, en le faisant seulement changer de couvent. Il se retire en France, dans l'abbave d'Orbais, au diocèse de Soissons. Ardent à l'étude, il s'adoime alors à la lecture des