‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 240 sur 278 · P. L., CXXIX · texte numérisé non relu

P. L., CXXIX

ment appelé siècle de fer, pour sa grossièreté et sa stéri- Appr«el»Uoa lité en toute sorte de bien ; siècle de plomb, pour l'abomina- ftironio». jon du mal qui l'inonde ; siècle de ténèbres, pour le manque d'écrivains. Que les âmes pusillanimes ne se scandalisent point toutefois de voir l'abomination de la désolation envahir le sanctuaire ; quelles admirent plutôt la puissance de Dieu, qui n'a pas permis, comme autrefois, que l'abomination du temple fût suivie de sa destruction, mais qui l'a conservé par Jésus-Clrrist. Des princes temporels, des tyrans mêmes, s'emparant du Siège apostolique, y ont introduit des monstres kideux '. »

Impossible de décrire avec plus de vivacité et de franchise les maux dont l'Église a souffert à cette époque. Nous verrons toutefois que la description de Baronius est exagérée. « Baronius, dit le savant Héfélé, a commis une erreur qui fait le plus grand honneur à sa sincérité. Quoique ultramon- Vaiear d«i tain décidé, et toujours prêt à rompre une lance en faveur uq.iesdacrtt* du Saint-Siège, non seulement il a recueilli avec une scrupu- ^poqu». leuse exactitude tous les méchants propos sur les Papes, qu'il a trouvés dans les sources, mais, poussant la crédulité à l'excès, il a mieux aimé sacrifier l'un ou l'autre Pape que d'appliquer le scalpel de la critique à des sources suspectes ". » Des historiens venus après Baronius ont fait cette critique des sources, et le résultat des travaux des Mabillon, des Mœhler, des Héfélé et des Hergenrôther a été, non pas de noircir le tableau, mais d'en dissiper plusieurs ombres et de rênabiliter, au moins partiellement, plusieurs des Papes calomniés par deux annalistes passionnés. Nous voulons parler de Luitprand l.<|itprand de^ de Crémone et de Rathier de Vérone, dont les sympathies lier de Vépour le pouvoir impérial et la partialité contre les Papes ne joard de font plus de doute. Les historiens les plus impartiaux et les fie'™»critiques les plus sévères reconnaissent aujourd'hui que Luitprand « satisfait des rancunes • », qu'il « émaille d'erreurs de chronologie son Antapodosia sur les Papes de la première moitié du x* siècle * », et ^e Rathier, « esprit bourru, re-

1. Visu horrîia intrusa funt momtra. BiBoxirs, AnnaUt, Introduction •u X* rie'cl».

2. HtFiui, Beitrllge tur KirehengacMohte, 1864, tome I, p. 227 et •>

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