Par exempla ea tuvrier 875. Jirri
du poison ; puis, comme le poison n'agissait pas assez vite au gré de leurs désirs, il lui assénèrent des coups de marteau jusfju'à ce qu'il expirât '. »
Dans une lettre adressée au début de son pontificat, à l'impératrice Engelberge, Jean Ylll avait écrit ces mots : « Lorsque viendra le Juge suprême, il nous demandera à tous deux si nous avons laissé son Eglise en état meilleur que nous ne l'avions reçue, plus libre, plus tranquille, plus prospère ' ». Dans les tristes temps où la Providence l'avait placé, était-il possible d'espérer pouvoir se donner à soi-même devant Dieu un meilleur témoignage ? Jean VIII eut sans doute le droit de se le rendre en paraissant devant le Juge suprême.
Après la mort de Jean "VIII, trois Papes se succédèrent en neuf ans, de 882 à 891. Ils n'eurent pas le temps, U n'eurent peut-être pas le courage ou le pouvoir d'entreprendre de grandes œuvres. On les voit tous débuter par des actes de fermeté ; mais on dirait que bientôt, accablés sous le poids de charges effrayantes, contrecarrés par des oppositions formidables, ils se lassent et fléchissent. Marin 1^', élu le 23 dé- Maria i" cembre 882, était ce clairvoyant et courageux prélat qui *''
avait, à Constantinople, démasqué et dénoncé les fourberies de Photius. On voulut, dit-on, en l'élevant à la Papauté, le ses qualitéê. dédommager des injures qu'il avait reçues à cette occasion. Ancien disciple du grand Pape saint Nicolas, sacré évêque de Cœré par Jean VIII, son élection fut le premier exemple de la translation d'un évêque au siège de Rome. Ses lettres le montrent en relations intimes avec le grand roi d'Angleterre, Alfred, qu'il encouragea dans son œuvre de civilisation chrétienne. Il renouvela les condamnations de son prédécesseur contre Photius. ^lais parvint-on à le convaincre que la condamnation du patriarche usurpateur devait avoir pour conséquence la réhabilitation de son plus ardent adversaire, For-
1. Annales de Fulda, aon. 8â3. But. des Gaula, Vill, il-iZ. t. itxti, 30'>S.
448 HISTOIRE GÉNÉIIALE DE l'ÉGLISE
mose? Se laissa-t-il s<5duire à son tour par le prestige d'austère vertu de l'évêque de Porto? Céda-t-il à un mouve- U UitM t« re- ment de réaction de l'opinion publique ? Formose fut relevé ^.«rti tie( for- de SCS censures et rétabli dans son évêché. Quand Mann I* mutiens. niourut, le 24 février 884, le parti des formosiens trionv* phait. Hsdrien III Hadrien III, romain de naissance, élu le \" mars de la même année, ne fut pas sans énergie. C'est lui qui Gt crever les yeux au conspirateur Georges d'Aventino et fit fustiger honteuse- Le parti de ment une de ses complices '. Mais c'est sous son pontificat que lève. Photius écrivit un mémoire des plus habiles, plein d érudition, contre le dogme de la procession du Saint-Esprit', et que l'empereur Basile, dans une lettre écrite sans doute sous la dictée de Photius, releva très vivement la prétendue violation des lois de l'Église dans l'élection du pape Marin, irrégulièrement transféré, disait-il, d'un évéché à un autre. ÉticDDe V Etienne V, issu d'une noble famille romaine, élu six iours
^ seulement après le décès de son prédécesseur, le 15 juillet SS5,
fut consacré évêque par Formose lui-même, dont la situation Léon le Sage grandissait. Par ses négociations, il obtint de l'empereur Léon •o"iièt;e Hiio- le Sage, qui venait de succéder à Basile, l'expulsion de Pho- ""' tius du siège de Constantinople. Mais le sacre qu'il dut faire,
Éiienne V à son corps défendant, du duc Guy de Spolète comme emp»pereurGuyde reur, en 891, ouvrit une ère de tribulations nouvelles pour la spoièie (891). Papauté. Il mourut en août ou septembre 891, au moment Mort de Pbo- même où Photius expirait dans le couvent arménien de "* Bordi, après cinq ans de silencieuse retraite qu'on voudrait
croire cinq ans de repentir.
L» ?'»'•<"' <^« La maison de Spolète, qui arrivait à l'empire â la fin du IX* siècle, se flattait d'égaler la race carolingienne par la noblesse et l'antiquité de ses origines. Son chef, Guy, que ses contemporains avaient surnommé Guy-la-Rage, Wido Habies, k cause de la vivacité de ses colères, avait épousé la fameuse Agiltrude, fille de cet Adalgis de Bénévent qui se vantait d'avoir souffleté l'empereur Louis 11. Prépondérante eu Italie, alliée aux maisons de Toscane et de Bénévent, la maison de Spolète avait, à la mort de Charles le Gros, en 888, posé sa