L'ÉGUSE DANS SON CENTRE
levés dans celle parlie du monde chrétien, l'un par l'empereur Maurice, l'auU-e par le palriarche de Constaulinople.
Grégoire I" s'honorail d'êlre un des plus humbles sujets de g^, apport,
I empire et un des plus fidèles amis de Maurice ; il remerciait "''^o ivrann-
' ' . rear Mauric*.
empereur avec effusion de la générosité de ses aumônes el de
son zèle à défendre la pureté de la foi contre le venin de l'hérésie '. Mais toutes les fois que l'autocrate byzantin essaya d'empiéter sur les droits de l'Eglise ou de la conscience chrétienne, il trouva en face de lui celui qui écrivait à son nonce de Constantinople, Sabinien, ces nobles paroles : « Vous connaissez mon caractère : je sais supporter et supporter longtemps ; mais une fois que j'ai résolu de résister, je cours avec joie au-devant de tous les dangers... Plutôt la mort, que de voir l'Eglise de l'apôtre saint Pierre dégénérer entre mes mains ! ' »
Le plus célèbre des conflits qui s'élevèrent entre le Pape et L'affaire <), l'empereiu- fui celui qui eut lieu à propos de l'admission des j'a'iun'i'iou
' ^ '■ ^ ues fouclioD-
soldats dans les monastères. Par un édit de 592, Maurice in- naires ei ,ir« lerdisait à tout fonctionnaire et à tout soldat l'entrée dans le lei monâ»-' clergé ou dans un monastère. Grégoire, tout en reconnaissant Mr*». le bien fondé de certaines des précautions législatives de l'édit, protesta contre le caractère absolu des prohibitions impériales.
II y vit une violation de la liberté des vocations ecclésiastiques. « Je ne prends la parole, écrivit-il, ni comme évêcpie. ni comme sujet, mais simplement du droit que je trouve en mon cœm- d'homme... Ecoute, ô sérénissime empereur, ce que le Christ te dit par moi, son humble serviteur el le tien : « Je t'ai fait de notaire chef des gardes, de chef des gardes César et de César empereur. Je t'ai confié mes prêtres. Et tu cherches à écarter les soldats de mon service!... » Au nom de ce juge terrible, je l'en conjure, quêta piété trouve le moyen, soiL par une interprétation favorable, soit par une modification conve-
1. Ep. V, 30 ; VI, 16. 65. P. L., LXXVII, 755, 808, 8i8. 8. Ep. V, 47. P. L, LXXYII, 721.
78 HISTOIRE GÉNtlULE DE l'ÉGLIjS
nable, d'adoucir la rigueur de cette loi. . . » Et il terminait ainsi : o Pour moi, j'ai rempli maintenant mon double devoir ; J'ai rendu à mon empereur le tribut de mon obcissance, qui est due à mon empereur, et à Dieu le témoignajje de ma conscience, qui n'est qu'à Dieu ' ». Au bout de cinq années, Maurice consentit à modifier la loi dans le sens que demandait Grégoire. Les fonctionnaires fxu-ent adniis à entrer dans les monastères, à la condition d'avoir préalablement recdu leurs comptes, et les soldats moyennant une épreuve de trois ans di noviciat.
..oidUoniïv-'c Les débats qui s'élevèrent avec le patriarche de Conslanli- Jaau la Je".- nople furent plus longs et plus graves. Ils eurent pour objet le titre de patriarche œcuménique que se décernait publiquement Jean le Jeûneur. 11 faut voir là plus qu'une question de mots. neuVoreud^'e G'''^o°^''^ °^ ^ 7 laissa pas tromper. Sans doute le titre n'était, uooi lie po- comme on l'a dit, pas plus nouveau que précis. On le trouve aiôuique. dans bien des documents antérieurs, appli(|ué aux patriarches et aux Papes ' ; et ce mot, par lui-niénie, suivant le langage de l'Eglise orientale de ce temps, n'impliquait pas la revendication d'une suprématie imiverselle, pas plus que l'épitiir°* î!.!rt*6 thète de calhoUcos que se donnent encore aujouidhui les chefs d* i« iBuJiin. e de l'église arménienne et de l'église chalJéenne, n'est l'indice
qui eu hv<.'t ,. .,, • ■». ■ 1. • ■ ■ •
aéioruiioâ :•; d une pareille préteucion. Mais 1 ancien apocnsiaire ne pouvait '"■ se faire illusion sur les vraies tendances qui se cachaient sona cette obstination de Jean le Jeûneur à s'attribuer le titre de patriarche œcuménique. « Oui, écrivait-il, si nous nous arrêtons aux mots, c'est une question de syllabes, mais si nous considérons la malice qui a choisi les mots, il y va d'un péril universel '. » 11 se rendait compte du mouvement d'indépendancs qui peu à peu détachait Conslantinople de Uome. « Les évèques de Constantinople, dit Mgr Duchesne, au lieu de se contenter de la situation déjà excessive et anlitraJiliunnelle qu'ils tenaient des assemblées de 381 et 451, n'avaient plus qu'une pensée : devenir les véritables chefs de l'Eglis». Infatués de