CHAPITRE II
l'égusb chez les frascs
Sur le territoire qui devait constituer plus tard la France, f^^ popnkiim 'rois principaux peuples se trouvaient fixés à la fin du v"^ siè- ^^ |"^ ''îè""cle : les Francs, les Burgondes et les Visigoths ; les Francs au Fraucs, bjrnord, les Burgondes au sud-est, les Visigoths au sud-ouest, ^""^giluth». Les Francs, de race teutonique, avaient généralement gardé le culte national d'Odin ; les Burgondes et les Visigoths, de race gothique, avaient, dans leur ensemble, embrassé l'arianisme '.
Les premiers ne constituaient pas, comme les autres, un Les France. groupe ethnique proprement dit. On rencontre ce nom de franc, dont il est difficile d'établir l'étymologie, à partir du ni'= siècle. 11 est indLstinctemcnt donné à tous les peuples qui habitent origine ia la rive droite du Rhin, depuis le Mein jusqu'à la mer. Ces ""'' * ^'''^'^ ' peuples s'étaient trouvés, depuis le m® siècle, en rapports fréquents avec l'empire, soit comme esclaves, soit comme soldats fédérés, soit même comme consuls, tels que Rikomer. On avait ^•u, sous 'N'alentinien II, le franc Arbogast diriger en fait !e gouvernement impérial.
1. La religion des Celles, le druidisme. s'était introduite dans la Gaule on nord et du centre. César, dans ses Cowmnntaires. parle beaucoup de la religisn des druide». Ceux ci. cependant, ainsi qu'on la remarqué, auraient moins apporté en Cjanle une religion neuvella que donné un rituel et une théologie à la religion existante. (Maurice Buca, dans ItiUt. de E.ance ti» t. I, 2" partie, p. 55 ets.j.
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rr«ini»re» io»- La loi salique déclare mie les Francs ont porté « le dur joug
UlUllOD» poli- j.^. ....
liqiif» et juri- des Romains ». Ces contacts fréquents avec la civilisation ro- Kranc»! malne n'avaient eu, chez ce peuple très fier de sa race, qu'une influence superficielle. Sans doute l'institution monarchique semble avoir pris chez eux un accroissement subit et démesuré : mais la modification paraît s'être faite surtout dans les formules de protocole, dans les qualificatifs de Dominas gloriosissimiis, d'Excellentia, de SuLlimitas, que les greffiers de l'entourage royal empruntèrent à la langue romaine et aul usages de la cour impériale '. Les assemblées nationales, sous les noms de campus, de placilum ou de conventus, continuèrent, au moins dans une grande mesure, les libres traditions de la vieille Germanie. Un autre caractère des institutions franques était cet étrange régime du statut ou droit personnel, qui faisait dépendre l'application de la loi dulieude la naissance, tant ce peuple avait le culte du droit de l'individu, fut-ce au détriniont du bon ordre dans l'Etat '.
Les Francs, qui, depuis le iii« siècle, n'avaient pas cessé de se déplacer vers le sud et vers l'ouest, se divisèrent en deux groupes ; ceux qui habitèrent la rive du Rhin ou Ripuaires, et ceux qui se fixèrent vers l'embouchure du Rhin, près de rissel ou Sala, ce furent les Saliens.
L«" FrsT'c» Les Saliens comme les Ripuaires, se divisaient en tribus, et, lors de la chute de l'empire, en 476, le chef d'une des tribus des Saliens était le roi Childéric, qui, par sa large bienveillance pour la religion chrétienne, s'était attiré la reconnaissance et la con'iance des représentants de l'Eglise.
Childéric étant mort prématurément à Tournai, en 481, les
C»»H guerriers acclamèrent son jeune fils Clodowech ou Clovis, âgé
de quinze ans '. Majeur depuis trois ans, d'après la loi des
1. Il y a toutefois lar ce point des opiniODS divergentes. Cf. Foitil di Cnouncu, InstituUunt, t. VI, p. 640. Uauis, Hitl. du ii. Age, p. 3oU,
2. fn Judicio interpellatus, ticut lex loci coniinel uii natui fuit, retponileat. Lex Ripuaria, XXI, 3. Quod ti damnalus furrit, ttcundum Itgem propriam, non tecundum ripuariam, damnum luitineat. Lex liip-, XXXI.*.
3. Le iectearnous permettra de l'appeler tout simplement C.lovit. « Je prie qu'on me pardonne d'écrire Clorl», disait Fuiitel de Oonlnn)t<'s : je poiirrni». tout comme un autre, écrire Clodowech, et j'en paraitnii? plu» anmiii ; mais DOa* ne aavono |in<i comment Clovis écrivait «on nom et nous snvnn* encore ■loias comment il le prononçait La forme convenue • cela de bon, (jue tout
saiieuï.
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Saliens ', initié à la vie publique et portant la framée depuis cette époque, le jeune monarque avait su déjà se concilier l'estime publique. Le hasard nous a conservé la lettre que lui écrivait à cette occasion l'évêque de Reims, le métropolitain de la Gaule belgique, le plus grand personnage ecclésiastique de ce pays : « Une grande rumeur est arrivée jusqu'à «eus, écrivait le prélat, on dit que vous venez de prendre en (nains l'administration de la deuxième Belgique... Veillez à ce que le jugement de Dieu ne vous abandonne pas... Soyez chaste et honnête. Montrez-vous plein de déférence pour vos évêques. Si vous vous entendez avec eux, votre pays s'en trouvera bien. Relevez les affligés, protégez les veuves, nourrissez les orphelins, faites que tout le monde vous aime et vous craigne. Que la voix de la justice se fasse entendre par votre bouche... Avec ce que votre père vous a légué, rachetez les captifs du joug de la servitude .. Si vous voulez régner, montrez-vous en digne '. »
C'était tout un plan de gouvernement chrétien. L'évfiqne s&ini Bemi. qui le traçait avait quarante-deux ans à peine '. 11 s'appelait Remigius ou Rémi. Issu dune famille noble du pays de Laon, formé dans les célèbres écoles de la ville de Reims, ayant dépassé de bonne heure, au témoignage de Sidoine Apollinaire et de Grégoire de Tours, par la maturité de son esprit comme par l'étendue de sa science, tous ses contemporains *, il avait été élevé, à l'âge de vingt-deux ans, sur le siège épiscopal de Reims ^ Mais ce noble, ce lettré, cet orateur accompli n'était pas de ceux qui, comme Sidoine, obstinés dans les regrets de l'antique Rome, ne pouvaient supporter la langue du barbare, et sa démarche, et son odeur ' ; comme Salvien et Paul Orose, l'évêque Rémi fut de ceux qui, selon l'expression
le monde gait de quel personnage je veux parler » (Achille Ldchaibb, Leçon d'ouv^rture du cours d'hist. du Moyen Age, donnée le 10 janvier 1S90).