‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 77 sur 278 · Tac , Germ., îl · texte numérisé non relu

Tac , Germ., îl

5. G. Kdbt». f.es origines dp la ciri/isitinn moderne, t I, p 85, %. Ou werigeld, ou tvidrigeld. CL TaCih, Germ., 12

13i HISTOinE GÉiNÉI'.AI.E DE l'ÉGUSB

à jicii prt">s de la même manière. La ri'gle primitive : sang pour taïKj , a Ijicntôt f;ùl place à la composition '.

Fas plus qu'elle n'absorbe 1 imlividu. la confédération ne porte atteinte à l'unité de la nation. Les q.ucstion£ nationales sont décidées dans des asscnibli'es plénières '. C'est dans ces assemblées que se décident la paix et Lu guerre, que sont punis les crimes considérés comme publics. Quelques-uns de ces peuples ont dos rois, toujours électifs, mais généralement choisis dans la même famille. D'autres n élisent un roi qu'au moment des guerres.

IwtitTiMoii» L'armée est à l'imajre de la nation. Des jeunes sens se choisissent un chet, s organisent en liandcs guerrières , ot se mettent au service de qui demande leur secours. Souvent ces bandes guerrières quittent leur pays pour faire du butin sur les terres étrangères. Quelques-imes de ces bandes se sont mises au service des empereurs *. Mais, en cas de danger national, tous les hommes libres en état de porter les armes sont convoqués, ris se mettent en marche, souvent accompagnés de leurs familles ', sous les auspices du dieu de la nation. Leur courage est terrible ; ils bravent la mort en souriant. « Le cri qu'ils poussent au moment du combafc, dit Tacite, en appliquant sur leurs bouches le bord de leurs boucliers, faittrembler *. » Ils s'excitent en répétant les odes guerrières de leurs bardes : « Nous avons combattu avec lépée, chantentils. Les heures de la vie s'écoulent. Nous sourirons quand il faudra niojrir ' ».

Enclins à l'ivrognerie, passionnés pour le jeu, cruels jusqu'à

I. Une part de ret argent revenait à la famille de l'individa lésé, une part i la BOi'iét'-.

i • Les chef» fii-pi-nl lonl nrmi?». dit Tacile .. Si Vnvyo. linnncf di^.lnit, oa l(>Tejrtt«' pnr un lauiaiure; s'il eit accepté, ou ealicclioquu les tramées. • Uerm.. 11.

y. La bande guerrière est ce que Tacite appelle comitatut, Gtt-m. 13-15. Cl Cisiii, De bcllo gall., VI, lô, 23, 4. Tic , f!erm., 1 j, 6. T.c, Gfrin , 7.

6 Tac, Germ., 8.

7* PHfjnarîntuj e*i*ibuM^

Viur r'oiuw swit horcr:

liidetxx vioriar.

L« texte Scandinave de ce chant guerrier a été pstilié par NVouiil'is dan* •• Li''Vra<u>'« runigiic, p. 1v7,

l'église chez les peuples barbares 135 i

immoler à leurs dh-inités des victimes humaines, les Germains ont cependant, dans leur vie privée, une certaine pureté de mœurs et une noblesse de sentiments que les Romains ne peuvent s'ompêcher d'admirer. « Les Goths sont fourbes, dit Sal^ vien, mais chastes ; les Francs sont menteurs, mais hospitaliers ; les Saxons sont cruels, mais ennemis des voluptés '. » Ce qui Caractère pr» caractérise le uermam, c est, partout et toujours, dans la paix tuuiu. comme dans la guerre, une initiative audacieuse et parfois naïve. Tacite nous en a cité plusieurs traits.

« Deux chefs barbares, dit-il, étaient venus à Rome traiter avec l'empereur Néron. En attendant que l'empereur, occupé d'autres soins, put leur donner audience, on leur montra l'es curiosités de la ville. On les conduisit au théâtre de Pompée, où, comme ils étaient peu capables de suivre la pièce, on leur expliquait, pour les désennuyer, les privilèges des divers ordres, des chevaliers, des sénateurs, etc. Or, comme on leur montrait certains sièges d'honneur, réser\-és, leur ditnDU, aux ambassadeurs des nations les plus signalées par leur bravoure et leur fidélité au peuple romain : « Eh bien, s'écrièrent-ils, il n'y • point dans le monde de peuple plus brave et plus fidèle que les Germains », et, franchissant aussitôt l'intervalle qui les séparait de ces plaices d'honneur, ils vinrent, au milieu de la {^àèce, s'y asseoir à côté des sénateurs. « Cet élan d'une franchise toute primitive, ajoute Tacite, fut pris en bonne part, et Néron leur accorda à tous deux le titre de citoyen romain *. »

L'Eglise catholique, qui s'était si merveilleusement assimilé, pendant les premiers siècles, l'esprit philosophique du monde grec et le génie organisateur du peuple romain, n'allait-elle pas trouver, dans sa divine vitalité, le moyen de s'incorporer encore, en l'épurant, la robuste initiative de cette race nouvelle?

Cette vigueur native existait d'ailleurs inégalement dans les deux groupes de peuples qui formaient la race germanique. Le groupe du nord ou teutonique, comprenait les Francs, les Denx groupe»

1111 t i~* 1 l'i» rBC6 RÈ'"'

An^'les, les Alamans, les Saxons, etc., et le groupe du midi, manique : le» ou gothique, se composait des Ostrogoths, des Visigoths, des goij»». Burgondes, des Suèves, des Vandales et, selon plusieurs his*-

1. Saiviej, De Gub. Dei, 1. VII. Cl. Ticrn, Germ., 16, 17. CiKR, de litU. çal.SX.

t. Tt'-.in. Annale», 1. XIII, chap ut.

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toriens, des Lombards. Le premier groupe, après un séjoui prolongé sur les côtes de la mer du Nord et de la Baltique, en était revenu plus endurci à la fatigue. Le second groupe s'était amolli au contraire par son contact avec la civilisation romaine et byzantine.

Des peuples goths, que l'arianisme ne tarda pas à gagner, l'Eglise avait peu à espérer. Mais depuis longtemps les eirorts des missionnaires avaient porté l'Evangile dans les régions ha bitées par la race teutoniquo.

Première riS- Dès le milieu du second siècle, saint Justin avait invoqué la ciiriotmuiiuie fo' chrétienne de « ces barbares qui vivent sur des chariots et d/iiM ip« pays jorment sous des tentes, ou même sous le simple toit des luqiiu. cicux ' ». A la fin du même siècle, saint Irénée avait parlé eu fermes formels, des églises de Germanie '. Tertullien, un peu plus tard, nomme les Germains parmi les peuples qui ont revu la foi du Christ ', et, au iv* siècle, les actes des Conciles d'Arles et de Sardique, en mentionnant la présence des évêques de Trêves, de Cologne, de Metz, de Toul et de Coire, nous révèlent l'existence de nombreuses communautés chrétiennes hiérarchiquement instituées en Germanie.

Vers la même époque, deux événements providentiels avaient contribué à propager la foi chrétienne dans ces régions: le séjour des armées romaines au-delà du Rhin et la persécution religieuse des empereurs. Des épisodes comme ceux de la légion thébaine montrent que, dès la fin du ni° siècle, les armées romaines cantonnées en Germanie comptaient de nomVneux chrétiens et des chrétiens héroïques. Un demi-siècle plus tard, des exilés, comme saint Athanase, qui se fait gloire des amitiés qu'il a contractées à Trêves, allaient porter dans les mêmes régions l'exemple de leurs éminentes vertus.

Quelle fut l'histoire de ces antiques chrétientés ? Quel([ues

épitaplies ou inscriptions, quelques légendes populaires et le

grand nom de saint Maximin de Trêves, qui fut, dit-on. la lumière

de son temps et la gloire de la Germanie au iv* siècle, mail

I dont toutes les œuvres sont perdues ; c'est tout ce qui uoul

. , reste de celte période.

I nia' eum Tr'ph., | 117.

t. AHv. /i^. '.!.. I. 10.

S. T»T. , Advertui tudam, », 7*

l'église chez les i!:lpl£s bahbakes i;j7

Au v« siècle, en effet, deux fléaux, également destructeurs, n.^fraetioo balayèrent ces jeunes et vaillantes communautés chrétiennes t^.llZTtpTr de la Germanie. Ce furent l'invasion barbare et la conta"-ion >''.'?''.''»'o° «» de l'hérésie arienne. '^ ' *"*'**'••

Le mouvement qui avait dirigé les premiers rangs des Germams vers le midi ne s'était jamais complètement arrêté. Au V siècle la poussée fut formidable. EUe Gt fléchir les frontières romaines en trois points. Vers l'orient, la vallée du Danube laissa passer les Goths qui se jetèrent sur la Thrace et sur l'Asie Mineure. A l'occident, la vallée du Rhin s'ouvrit devant les Francs, les Alamans et les Bourguignons, qui se précipitèrent vers la Gaule. Au centre, la vallée de l'Inn Hvra passage aux Hérules et aux Lombards, qui occupèrent l'Italie. Ces hordes brutales de barbares païens foulèrent aux pieds la plupart des jeunes chrétientés de Germanie '.

En même temps un autre danger Jeur venait par le monde ^réco-romain. L'arianisme, ce christianisme mitigé et amoindri, que les empereurs et les évêques hérétiques de l'Orient avaient revêtu d'un éclat inouï, ne pouvait que séduire ces peuples de race gothique, plus épris que leurs frères du brillant de la civilisation gréco-romame. L'influence personnelle d'un homme de génie, perverti par l'hérésie, seconda ce mouvement. Le noble goth Ulphilas, emmené en otageà Constantinople au iv« siècle, y avait embrassé les erreurs d'Arius. Retourné dans son pays, par ses prédications, par une traduction gothique de la Bible, imprégnée de sa doctrine, il propagea l'hérésie. Chargé, s'il faut en croire le. historiens Théodoret et Sozomène \ de négocier une alliance entre l'empereur arien Valens et les Visigoths, il rallia ceux-ci à l'arianisme. Des Visigoths l'erreur passa aux Ostrogoths, aux Hérules, aux Vandales, aux Burgondes, aux Gépides, aux Rugiens •,

L Eghse semblait donc avoir compté en vain sur ces peuplades germaniques, que Paul Orose et Salvicn avaient saluées,

1. On Mit comment l'intervention d« plupieurs snints, tels que eainla irtnevieve, saint Aignan, saint Loup, préservèient des désiislres de celte «vas.on pinsieurs provinces de la région qui devait former la Irance. t. TmoooBiT, IV, 37. Sotommb, IV, 37. '

8, y. l'article Ar.onijme par le P. Li Ulmilst, duu. Ia DicUonnair* i» Théologie calholiqu$.

15F «nSTOiriE CtM?BALE DE L'ÉGI.lSb

pou de temps auparavant, comme un espoir suprême, en voyant tomber l'empire romain. Mais le découragement, s'il se produisit dans quelques âmes, ne fut pas de longue durée. Le ^•• siècle n'était pas encore écoulé quand on apprit que le chef d une des tribus les plus valeureuse* du peuple franc, Clovis, venait de recevoir le bapti'rae des mains de lévêque de Reims. A celte nouvelle, l'un des évêqucs qui avaient le plus désiré cette conversion, saint Avit, de Vienne, s'écria : « L'Occident a désormais son empereur partageant notre foi. Puissiez-vous, 6 roi. porter ce trésor de la foi, que vous avez dans le cœur, aux peuples qui sont assis par delà vos frontière! I * »

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