‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 90 sur 278 · MiKti, II · texte numérisé non relu

MiKti, II

2. Voir les Coaeiles d'Orléans «n 511, da Carjieutraa an 5:^7, at d'Orléaaa an 538.

3 Prubyler rtqent er.cles'am jiresbi/ter di reesanut, presbyter plebiitf^. D<ct. d' T/ieoUgle da Vic».ir. an mot curé.

A. btaiMt 01 u Tous, Question:, i'hûloirt sociale et religieuse, p. 27'

100 HISTOIRE GÉXÉIUl.E Mi l'ÉCUSB

Ut fureui lei h instruire les barbares et à les édifier par leurs vertus. Ces ••u» àft libei^ iiumbles prOtrcs furent aussi les premiers artisans des libertés pn . qu««. publiques. C'est dans les « assemblées de paroisse », présidées par le curé, que le peuple s'initia à la gestion des deniers publics et à la discussion des intérêts généraux de la communauté. Le mouvement communal du Moyen Age doit plus à la paroisse chrétienne (juau municipe romain. Héros inconnus, dont les noms ne figurent pas même au catalogue des saints, comme silliumililé devait les envelopper dans la vie etdans la mort, ces pasteurs laborieux des vi'jVii' etviii" siècles, qui, eux aussi, à leur manière, ont « fait la France »,ne mérilent-ils pas que le clergé du xx" siècle se tourne vers eux comme vers les plus nobles des ancêtres et leur ofTre avec émotion l'hommage que riiistoire a trop souvent oublié de leur rendre?

AelioD •)«• Ik Au-dessus de l'oriTTe des moines, des prêtres et des

P«ptUtè. . 11 1 1 n t T

éveques, nous ne saunons oublier celle de la l^apaule. La période qui précéda l'avènement de saint r.régoire le Grand nous offre, il est vrai, peu de témoignages directs attestant l'intcrvenlion des Papes dans la discipline de 1 Eglise de France. Mais on connaît la pénurie des documents concernant ce'le époque. On sait que toutes les lettres adressées au Saint- Siôge par l'épiscopat franc et la royauté ont péri ', et on ne peut mettre en doute la perte d'un grand nombre de lettres pontificales de cette époque. 11 est naturel, du reste, que la publication faite aux V et vi* siècles de plusieurs codifications de règles canoniques ait rendu pendant un ou deux siècles moins fréquentes les demandes d'intervention disciplinaire adressées au Saint-Siège. Quelques traits cités par saint Grégoire de Tours montrent toutefois suffisamment dans quels rapports de respectueuse dépendance se trouvait l'épiscopaJ franc à l'égard du Saint-Siège '. Des considérations analogues doivent être laites sur la période mérovingienne qui a suivi

1. t» Hf([UtrM de «nint Grégoire niciinV piii-'ieiirs île ow lettre*, V, 58; VI, iS; VIII. 1 ; \l. 10. A\ 44. 4.. \\). ùu . MU, 7. «. t M. l;. h . II. 1 : V, ÏO, X. 1.

l'église chez les PKUPLES BARDARCS 161

la mort de saint Grégoire le Grand. Après Grégoire de Tours, on ne trouve p'us d'iiistoire à vues quelque peu générales. Qu-'ques chroniqueurs et quelques hagiographes à l'horizoa très borné par la province ou par le monastère où ils écrivent : telles sont les seules sources auxquelles nous pouvons nous renseigner ' . D'ailleurs le vii° siècle est marqué par une action puissante des moines bénédictins sur la société, et l'on sait les liens étroits qui ont toujours relié l'ordre bénédictin au Saint-Siège.

Mais la correspondance de saint Grégoire le Grand, malgré Action spéciases grandes lacunes, montre surabondamment combien l'ut goire le OraoJ efïïcace l'action de la Papauté sur l'Eglise franque. « Saint '"JjQquif.* Grégoire, dit M. Yaes, exerce les pouvoirs qui avaient affirmé l'autorité du siège apostolique au v° siècle, et avaient été précisés encore au début du vi* dans le sud des Gaules '. » Il veille à la stricte observation des lois ecclésiastiques ' ; il rappelle dans une lettre adressée à l'épiscopat franc les lois concernant les nominations épiscopales, la cohabitation des femmes avec des clercs, et la tenue des conciles provinciaux*. Il juge et censure la conduite de plusieiu-s membres de l'épiscopat '.

La paternelle sollicitude de saint Grégoire ne contribua pas seulement à faire de la nation fîancjuc une nation chrétienne, elle réussit à en faire une nation apôtre. Quand, en 396, il r.a France, n»* envoya le moine Augustin évangéliser l'Angleterre, saint '""' ^^ "* Grégoire le recommanda aux évêques d'Aix, de Lyon, d'Autun, de Tours, et demanda pour lui la protection des princes francs • ; c'est en Gaule qu'Augustin reçut la consécration

1. Mousira, Les sources de l'hisloirt de Branoe, tome V, p. nii-xi. Dom PiiaA, Hist. de saint Léger, p. ti, th.

2 Vab3, La papauté et l'église franque, dans Rev. d'hist. ecch, t. VI, p. 7S2, 11905). La page ci-dessus ne (ait que résumer deax savants articles de M. Vaes, paras en 1905 dans la Revue d'histoire ecclésiastique, da Louvain.

3. 11 est généralement admis qn'an v» siècle le Papa exerçait en Gaule une autorité législative et judiciaire suprême. Lomibo, Qesohiohte des dsuisohen Kiichenrechts, tome II, p. b2.

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