‹ Histoire générale de l'Église (volume 5)Chapitre 97 sur 278 · BèDs, Bist ecclés., I, 22 ; II · texte numérisé non relu

BèDs, Bist ecclés., I, 22 ; II

4. Bède raco&te commenl, peu d'années avant l'invasion des Angles. • l'bérésie ^lagienne ayant conlaminé la foi des Bretons, ceux-ci eurent l'idée de demander aux évèques de Gaule, plus instruits, de venir à leur secours durant e*tte guerre spirituelle » Bist. écoles., I, 17. Saint Germain d'.^iixerre et Saint Loup de Troyes avaient répondu à cet appel C'est en se rendant dans Ik Grande Creiaguc qu'ils reoroutrèrent à Naolerre sainte beneviëve.

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malheureuse méconnaissance ou un fatal oubli de ces tefr dances populaires qu'il eut fallu ménager malgré loul, el, pat suite, des démarciies imprudentes cl des demandes prcniaturccs : voilà ce qui sutlil à exi)liquer l'échec de la démarche do saint apôtre de l'Angleterre. Cet échec fut pour lui la plus précieuse des leçons. Saint Augustin se mit en rapports suivis avec le pape saint Grégoire. La prudence consommée du grand pontife vint en aide à l'inexpérience du missionnaire. Celui-ci allait en avoir besoin pour l'oeuvre de la civilisation chrétienne, qui restait à accomplir dans la nation anglo-saxonne elle-même.

Mœurs (les Pas plus que celles des Francs, les mœurs des Angle Anglo-Saxons. ç^^ons n'avaient été transformées au lendemain de leur conversion. Les longues et sanglantes luîtes entre les Celles el les Saxons avaient exaspéré les instincts barbares des uns et des autres. Au vm' siècle, .sur quinze rois do Northumbrie treize meurent de mort violente. Les lois d'Ethelbert, rédigées vers l'an 600, sont faites pour un peuple où les attentats contre les personnes sont les crimos les plus fréquents. Le livre pénitentiel de saint Théodore, qui donne, vers la fin du vn"" siècle, une liste de pénitences tarifées pour chaque péché, indique des mœurs dune immoralité révoltante '. L'ivresse, cette passion des pays brumeux et des races rêveuses, porte parfois au paroxysme ces instincts brutaux. Le comrtierce des esclaves continue à se faire ouvertement : il ne disparaîtra» qu'au XI' siècle, par les efforts héroïques de Walfstan, tt lue de Worcester. La foi chrétienne elle-même sembla dispt. l'tre un instant. Le fils et successeur d'Ethelbert, Edbald, cruel el débauché, fil revivre la religion païenne. Des défections nombreuses se produisirent. Un autel d'Odin s'éleva à Cantor-

I. Allaient lato» and in^iiluiet nf E^içtand, in-f», 1840, p 314, 317, 318. MiOM, f\ I. . t. XCIX eol. '138-972. D'après M. Paul Foumier, l'usage des pénitenllfl'', cVst-k dire des listes de pénitences tarifée» pour chaque péché, serat Bé dans l'éiilise celtique et aurait passé d« là dan* l'église anglo-saxonns. titv. dH. <l 'I* I rel . I\ 102 <;( Wattm-ttitttbtn, Dit Buuardnungen dtr abtiiiàuiuutn Kircht i' i. 18iit.

l'église chez le» peuples barbares Î73

bérv '. Les chrétiens les plus pieux avaient des coutumes liturgiques très diiréreat«s de celles de Rome. Ils avaient emprunté aux églises des Gaules l'usage des litanies, des processions, des lectures multipliées, et une liturgie de la messe très compliquée. Mais surtout l'opposition des deux races per- \istait : elle devait rester presque aussi irréductible après deux siècles de contact qu'à leur première rencontre '. Les Bretons refusèrent toute confiance aux Anglo-Saxons et ceux-ci traitèrent de schismatique l'église bretonne.

Saint Grégoire, consulté, avait été d'avis qu'il fallait user, à Attitude conl'égard de ce peuple, de la plus large condescendance et de la /''^^'^'''''i'^q'I. plus tendre bonté. Il se rappelait la maxime qu'il avait écrite K^iieleGrand. dans son livre des Morales sur Job : « le ressort des âmes, c'est l'amour », machina quippe mentis est vis amoris '. « Je veux, écrivait-il à Augustin, que parmi tous les usages de Rome, ou des Gaules, ou de toute autre église, vous choisissiez ce qui vous semblera le plus digne du Tout-Puissant. Prenez ce qu'il Respect des y a de pieux, de religieux, de raisonnable, et faites-en comme tiouales. un bouquet qui soit la coutume des Anglais *. » Le Pape avait d'abord conseillé au roi Ethelbert de détruire les temples ; il écrivit, peu après: «Après avoir réfléchi, j'ai décidé qu'il n'était pas à propos de démolir les temples. Aspergez-les d'eau bénite et méttez-y des autels. La nation s'apaisera en voyant qu'on laisse debout les sanctuaires, et elle viendra plus facilementaux lieux qu'elle fréquentait jadis ' ». « Les Anglais font des sacrifices de bœufs aux démons ; il faut changer la coutume

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