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LA PREMIERE EXPANSION
Il5
cette pensée de la rédemption par le sang de Jésus-Christ, que Paul veut réconcilier Juifs et Gentils par l'amour ; c'est à cette pensée que son cœur tressaille et que s'échappent de son âme ces accents, les plus passionnés peut-être qui soient jamais sortis d'une âme humaine : « Frères, qu'ajouter ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils, comment ne nous donnera-t-il pas, dans sa bonté, toutes choses avec lui ?.,. Ah ! qui nous séparera de l'amour du Christ ? La tribulalion ? L'angoisse ? La persécution? La faim ? La nudité ? Le péril ? Le glaive ?... Pour moi, j'ai l'assurance que rien, ni mort, ni A'ie, ni anges, ni dominations, ni présent, ni avenir, ni ciel, ni enfer, ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu, manifesté dans le Christ Jésus Notre-Seigneur *. »
Dans les derniers chapitres de son épître, saint Paul lire de sa doctrine des conclusions pratiques, qu'il est important de noter pour bien marquer l'attitude de l'Eglise de Rome en face de l'Empire. Puisque désormais Juifs et Gentils sont fondus dans une seule société ouverte à tous, le temps est venu pour le Juif d'abjurer toute pensée de révolte. S'adressant particulièrement à ces Israélites dont le nationalisme toujours frémissant ne pouvait se résoudre à une fusion dans la grande unité romaine: « Que toute âme, dit-il, soit soumise aux puissances. Qui résiste au pouvoir, résiste à l'ordre de Dieu.. Le prince est le ministre de Dieu. Il faut lui être soumis, non seulement par crainte des châtiments, mais par devoir de conscience 2. »
Quand l'apôtre écrivait ces lignes, Sénèque et Burrhus gouvernaient l'Empire sous le nom de Néron, et celui-ci n'avait encore donné à son peuple aucun sujet de le maudire. Mais peu importent les circonstances contingentes de la politique au moment où fut écrite l'épître aux Romains. Saint Paul proclamait un principe que l'Eglise devait répéter après lui avec la même énergie, à savoir, que le chrétien doit ne le céder à personne dans l'obéissance aux justes lois de son pays et dans le respect de ses magistrats. Ce commandement ne devait rendre que plus frappante son intransigeance irréductible lorsque les droits supérieurs de Dieu et de la justice seraient en jeu. De cette résistance héroïque, la jeune Eglise romaine et saint Paul lui-même allaient bientôt donner l'exemple le plus éclatant.
Juifs et Gentil
doivent se réconcilier
dans
la rédemption
opérée
par le sang
de Jésus-Christ.
L'obéissance
aux pouvoir»
civils.