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Eusèbe, H. E.,l. III, ch. xv

l38 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE

pour cause d' « athéisme », c'est-à-dire de christianisme. Mais comment s'expHquer le silence des Pères sur l'élévation d'un membre de la famille impériale à la tête de l'Eglise romaine ? 11 est plutôt à croire que le pape Clément était un simple affranchi ou le fils d'un affranchi de la maison du consul Clemens *. Tillemout, et d'autres savants critiques après lui, ont cru découvrir dans le fond et dans la

1/autoriié forme de sa lettre aux Corinthiens les indices de son origine juive -. ex .piioiincllo Qe qui est certain, c'est qu'il n'y a pas de témoin plus autorisé que

témoignage lui de la tradition apostolique. « Clément, écrit saint Irénée, avait dans la connu les bienheureux apôtres (Pierre et Paul) et s'était entretenu

chrétienne, avec eux ; il avait encore la voix des apôtres dans les oreilles et leurs exemples devant les yeux ^. » Suivant Origène et Eusèbe, on lui attribua la rédaction de l'épître aux Hébreux sous l'inspiration de saint Paul, ou tout au moins la traduction de cette épître sur le texte araméeii primitif*. Le seul écrit authentique de saint Clément de Rome est la longue et belle épître aux Corinthiens, dont nous aurons bientôt à parler.

Du texte de cette lettre, il appert qu'elle fut écrite au sortir d'une grande persécution. Il s'agit de la persécution qui éclata, en 96, contre les chrétiens de Rome.

Les craintes que quelques esprits clairvoyants avaient manifestées dès le début du règne de Domilien sur les instincts de ce prince, s'étaient, en effet, accentuées et généralisées. Sous prétexte d'embellir la ville de Rome et de rendre la vie heureuse à ses sujets, l'empereui avait multiplié les plus folles dépenses. Par ces constructions immenses, par ces fêtes sans fm, que chantaient les poètes Martial et Stace, le trésor impérial s'épuisait; l'ivresse du pouvoir, une sorte de folie de divinité, prenaient dans l'âme du potentat une place de plus en plus grande. Domitien était de ces hommes sans conscience que le besoin fait rapaces et la peur cruels 5. Rome trembla de voir

I. Lightfoot, par d'heureux rapprochements, a donné une grande vraisemblance à cette hvpolhèsc. Lightfoot, The AposloUc Fathers, t. I, p. Go-63.

a. TiLLEMONT, Mémoires sur les six premiers siècles, édit. de ifiij'j, t. II, p. 1^9- 166 ; 5/|5-568; Rossi, Dollcl. diarch. crist., i8G3, p. 27-39; i865. p. ao ; Lightfoot, The Apostolic Fathers, t. 1, p. 16-61 ; Dlches.ne, HLst. de l'Eyl., t. I, p. aai.

3. Iré^iée, Ilœres., I. III, ch. m. « Clément, dit Mgr Duchesne, était d'âge à avoir vu les apôtres et a conversé avec eux, comme le rapporte saint irénée. 1» llist de l'Erjl., t. I, p. aao-aai. Origène l'identifie avec le personnage de uiéuie nom qui travailla avec saint Paul à l'évangélisation do Philippes. (Origènb, Itx Johann., I, ag.)

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