JESUS-CHRIST ET L EGLISE
La première
ruanilestation
publique
de
Jésus-Christ.
Jésus-Christ.
« La quinzième année du règne de Tibère César. Ponce Pilate étant gouverneur de Judée, Hérode tétrarque de Galilée, sous le pontificat d'Anne et de Caïphe, pendant que Jean, fils de Zacharie, prêchait le baptême de pénitence sur les bords du Jourdain, il arriva que Jésus de Nazareth ayant été baptisé par Jean, comme il priait, le ciel s'ouvrit, et l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe ; et une voix se fit entendre du ciel : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j'ai mis mes complaisances. «
C'est ainsi que l'évangéliste saint Luc raconte la première manifestation publique de Celui que ses disciples allaient bientôt acclamer comme « leur Seigneur et leur Dieu ;j, l'Eglise reconnaître comme son Chef.
Jésus était né, environ trente ans auparavant *, de la Vierge
I. La mélapliore est d'Eusèbe : OTâ Tt; ■^,Xtou ^oXy) xt^v aûjjnîaffav olxouuévrjV 6 ffoJTTipto; yaTT)jaCe X^yoç. EusàBB, H. E., 1. II, ch. m, n. I.
^ 2. Vraisemljlablement en ^^g. On sait, en effet, qu'Hérode est mort en 760. et, d'après ce que l'Evangile insinue, Jésus était né à celte époque depuis peu de temps! Denys le Petit, en fixant le commencement de notre ère à l'an 7J(1 de Rome, a commis une erreur, depuis longtemps constatée. Cl'. I'ouahd, Vie de Jésus-Chrisi, II'' éd.. Pans, 1909, p. /i9 cl s. Des calculs astronomiques, faits pour déterminer 1 année de la mort de Jésus-Christ, aboutissent à la même chronologie. Les travaui de M. de la Porte et du professeur Pic Emmanuelii, astronome à l'Observatoire du Vatican, semblent prouver que le Sauveur a été mi» à mort le vendredi 7 avril d.»
LA PREMIERE EXPANSION
Marie, dans une pauvre étable de Bethléem, au royaume de Juda, comme l'avaient annoncé les anciens prophètes. Sa vie avait été jusque-là cachée aux yeux du monde ; mais l'heure était enfin venue pour lui de se révéler.
Dès le jour de son baptême, son ministère public commence. Pendant trois ans, il parcourt la Galilée et la Judée, qu'il remplit de ses bienfaits. « Il annonce de hauts mystères, mais il les confirme par de grands miracles ; il commande de grandes vertus, mais il donne en même temps de grandes lumières, de grands exemples et de grandes grâces*. »
La doctrine qu'il prêche est à la fois très ancienne et très nouvelle. « Le scribe qui est instruit de ce qui regarde le royaume de Dieu, ditil, est comme un maître de maison qui tire de son trésor des choses anciennes et des choses nouvelles ^. » Il recueille, comme en un faisceau, les vérités religieuses et les divins préceptes répandus dans le monde, depuis les origines, par la religion patriarcale et par la religion mosaï(jue, et il les complète par la révélation de mystères plus profonds, par la prédication de vertus plus parfaites.
La croyance à un Dieu unique, l'attente d'un Messie libérateur, l'espérance d'une restauration d'Israël, tels ont été les principaux fondements de la foi des Juifs: Jésus leur apprend que le Dieu qu'ils adorent est à la fois Père, Fils et Saint-Esprit 3, que le Messie qu'ils attendent est vraiment le Fils de Dieu *, et que la restauration en laquelle ils espèrent n'est autre chose que la rédemption des péchés du monde ^.
Les Juifs ont été jusque-là excités à l'obéissance envers Dieu par l'espoir de récompenses terrestres : « Jésus leur montre une vie future, et, les tenant suspendus dans cette attente, il leur apprend à se détacher des choses sensibles... Non content d'avoir dit qu'une vie éternellement bienheureuse est réservée aux enfants de Dieu, il dit en
Sa vie et sa doctrine
Par ses enseignements, il complète et perfectionne le dogme juif.
l'an 783 de Rome, 3o de notre ère. Cette année-là, le i4 nisan s'étendait du 6 avril à 6 heures du soir au 7 avril à la même heure, et le 7 avril de l'an 788 de l'an de Rome coïncidait avec un vendredi. Aucune autre année, entre l'an a8 et l'an 34 de notre ère n'amenait la même coïncidence. Cf. le Co nos du mai 19 13,
p. 365-366. Voir une bibliographie de la question dans la Revue d'histoire ecclésiastique du i5 avril igiS, p. ^08-409.
I. BossuET, Discours surl'hist. u '.., lie partie, ch. xii, édit. Lâchât, t. XXIV, p. 448.