‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 14 sur 413 · Matt., ixvi, a · texte numérisé non relu

Matt., ixvi, a

HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISB

Par 868

jiréct'pteB,

ii (uniplète et

|>errectionne

la morale

juive.

Par là

fondation

de l'Eglise, il

perpétue

son action

tlaas le monde.

Les premiers

fondements

lËgliae.

La prédication

du royaume

lie Dieu.

quoi elle consiste : c'est d'être avec lui dans la gloire de Dieu, c'esl de voir la gloire qu'il a daus le sein du Père, en un mot, c'est « de connaître le seul vrai Dieu et Jésus-Christ qu'il a envoyé* »).

« Avec de si nouvelles récompenses, il faut aussi de nouvelles idées de vertus, des pratiques plus parfaites et plus épurées. Jésus propose l'amour de Dieu jusqu'à se haïr soi-même. Il propose l'amour du prochain jusqu'à étendre sur tous les hommes cette inclination bienfaisante. Il propose l'humilité jusqu'à aimer les opprobres pour la gloire de Dieu 2. »

Ainsi, dans la morale comme dans le dogme, l'antique idéal est dépassé sans mesure. Est-ce là tout le message de Jésus-Christ ? Nullement. Les auditeurs du Maître ne tardent pas à comprendre que son œuvre a surtout en vue l'avenir. Dès la seconde année de son ministère, il a, par la vocation de douze apôtres et le choix d'un certain nombre de disciples, posé les bases d'une société dont il est le centre et l'inspirateur. A la tête des Douze, il a placé Simon, fils de Jonas, qu'il a nommé Simon Pierre. La primauté de Pierre « est si manifeste, que les Evangiles, qui dans le dénombrement qu'ils font des apôtres ne gardent aucun ordre certain, s'accordent à nommer saint Pierre avant tous les autres, comme le premier ^ » .

Mais voici que, en présence de l'inintelligence des foules et du mauvais vouloir des pharisiens, le Maître, se conformant aux usages de l'enseignement populaire en Orient, modifie la forme ordinaire de ses discours. Au lieu de l'exhortation et de l'instruction directes, il se sert habituellement désormais de petits récits figurés, de paraboles ou fables populaires, pour faire comprendre ou deviner sa pensée. Or, un grand nombre de ces paraboles ont pour objet un mystérieux royaume, qui est appelé parfois le royaume de Dieu, parfois le royaume des cieux. Ce royaume est tantôt comparé à un champ oiî l'ivraie, semée par le diable, pousse à côté du bon grain *, tantôt à un grain de sénevé qui devient un grand arbre ^, tantôt à un levain que pétrit une femme jusqu'à ce que toute la pâle soit levée **,

1. Jean, xvii, 3. Bossubt, ibid., p. 45o, 46o. a. BossuET, ibid., p. 46o, 46i.

Page 1