‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 189 sur 413 · Ibid., 1. I, ch. XIV · texte numérisé non relu

Ibid., 1. I, ch. XIV

5. Ibid., 1. II, ch. IV. Théophile appelle les trois personnes : Dieu, le Verbe et la Sagesse.

l^uatre grands

problèmes

préoccupent

les âmes.

Le problème moral.

Efficacité

de la Pénitence.

Opinion trop rigide.

Quatre grands problèmes préoccupaient, pendant la seconde moitié du II' siècle, les âmes qui appartenaient à l'Eglise et celles qui 1^ considéraient du dehors avec une curiosité religieuse : un problème moral, un problème philosophique, un problème dogmatique et un problème proprement apologétique. Hermas, saint Justin, saint Irénée et ïertullien abordèrent successivement chacun de ces quatre problèmes.

L'Eglise, en se répandant parmi les nations, en ouvrant largement ses bras aux convertis du paganisme, c'est-à-dire aux convertis d'une existence souvent voluptueuse ou frivole, s'était assimilé des éléments moins purs que ceux de ses débuts. L'enthousiasme des premiers jours soutenait moins la vertu des néophytes. Les grâces mystiques, dont la Providence a /ait été d'abord si prodigue à l'égard des chrétiens, étaient plus rares et moins fortes. Les communautés chrétiennes comptaient déjà dans leur sein quelques grands coupables, des homicides, des adultères, des apostats. De tels crimes pouvaient-ils être effacés par la Pénitence ?

Deux opinions extrêmes se firent jour. Par une exagération bien excusable, beaucoup parmi les premiers chrétiens s'étaient imaginé que le baptême et l'Eucharistie conféraient une sorte d'impeccabilité. Le don de Dieu n'avait-il pas le pouvoir de communiquer une vie incorruptible .►' Etait-il possible, du reste, qu'un homme raisonnable, admis à se nourrir de son Dieu, parvînt à cet excès d'ingratitude, de l'offenser gravement désormais'.'* Aussi, lorsque ces chrétiens furent témoins des premières apostasies, ils ne virent qu'une sanction pos sible à l'abominable défection : l'exclusion de l'Eglise, la malédiction, ou tout au moins l'abandon à la justice de Dieu. Ces chrétiens prenaient strictement à la lettre les paroles de l'Epître aux Hébreux : « Il est impossible que ceux qui ont été illuminés (par le baptême), qui ont goûté le don céleste (de l'Eucharistie), qui ont eu leur part du Saint-Esprit, et qui sont tombés, soient une seconde fois renouvelés et convertis... Quand une terre est abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, elle produit une herbe utile, elle participe à la béné-

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