Ibid., Q. I
LA LUTTE
d'Aristide et de Tatien ; mais il n'a pas encore cette puissante originalité qui groupe les arguments en un corps bien ordonné et leur commxmique comme une nouvelle vie.
Théophile, païen converti à l'âge d'homme par la lecture des prophètes ^, et devenu évêque d'Antioche, oppose aussi la perfection dogmatique et la sainteté du christianisme aux ignorances, aux contradictions et à l'infériorité morale du paganisme ; mais il insiste plus particulièrement sur les dispositions de l'âme de ses contradicteurs. Son apologétique est plus psychologique. « Vous me dites : Montrez-moi votre Dieu. Moi, je vous dis : Montrez-moi l'homme que vous êtes, et je vous montrerai mon Dieu. Montrez-moi les yeux de votre âme, et qu'ils soient clairvoyants ; montrez-moi les oreilles de votre cœur, et qu'elles soient capables d'écouter 2. » « C'est sans doute, dit-il ailleurs, parce que vous ne pratiquez pas le service de Dieu, que vous portez sur lui un si faux jugement ^. n « Moi aussi, autrefois, je refusais de croire. Mais maintenant, après de meilleures réflexions, je crois... J'ai en Dieu ma garantie. Vous donc, si vous le voulez, soumettez-vous aussi à Dieu *. » Théophile est le premier qui ait exprimé par le mot Trinité, Trias, la distinction personnelle du Père, du Fils et du Saint-Esprit en Dieu ^.
Vers la fin du 11* siècle parut encore un opuscule piquant, mais très superficiel, du philosophe chrétien Hermias, VIrrisio gentilium philosophorum. On connaît aussi les noms de trois autres apologistes : Méliton, Apollinaire et Miltiade ; mais de Méliton de Sardes, nous n'avons plus que quelques fragments ; et d'Apollinaire et de Miltiade, il ne nous reste rien. Tout porte à croire que, comme ceux que nous venons de nommer, ils ne composèrent que des apologies de circonstance, rapidement écrites et, pour ainsi dire, des « discours de combat». Avec Hermas, saint Justin, saint Irénée, Tertullien, nous nous trouvons en présence d'œuvres plus longuement mûries.
Théophile d'Antioche.
Hermias.