FuNK, Patres apostoUci, t. I, p. cixx
6. Qu'Hermas, frère de Pie !<:', soit l'auteur du Pasteur, on ne le met plus en doute. Mais on se demande si le même auteur ne s'y serait pas repris à plusieurs fois pour écrire son livre. Cette hypothèse de rédactions successives a été défendue, en 1910, par M. Guosse-Braukmasn dans sa brochure De compositione Pastoris Hermx, Gôttingen, in-80. •
Biogra|ihie Esclave de naissance, vendu par son maître à une matrone romaine d nermas. ^ , ^ .
nommée Rhode, puis affranchi par elle et marié, il avait acquis
dans le commerce une grande fortune, mais, hélas 1 en même temps, perdu la foi et la vertu. Châtié par Dieu, privé de ses richesses, il avait eu, disait-il, la grâce de se soumettre sous la main du Seigneur qui le frappait. Or, pendant qu'il cultivait un champ modeste, aux portes de la ville, un ange de Dieu lui apparut sous les traits d'un berger. Cet ange lui donna les conseils de morale qu'il devait communiquera ses frères.
Analyse Qgg conseils se trouvent répartis dans les trois livres qui composent
de i ouvrage. . . . . ... .
son volume : le livre des Visions, le livre des Similitudes et le livre
des Préceptes.
Hermas n'est pas un controversiste, mais il est un apologiste, en ce sens qu'il veut défendre l'Eglise et la faire aimer. Ce qu'il désire, c'est confondre et rejeter, loin du peuple saint, les hypocrites et les méchants, afin que « l'Eglise de Dieu, ainsi, purifiée, ne soit qu'un corps, qu'une pensée et qu'un amour ^ ». Une inspiration traverse tout l'ouvrage : rendre l'espoir du salut au chrétien tombé. Sa thèse générale est « le pardon des péchés à la suite d'une sincère repentance ». « Le Seigneur est magnanime, dit-il, il n'a point de ressentiment contre ceux qui reconnaissent leurs fautes, et il leur est miséricordieux 2. » Toute faute est rémissible, suivant l'enseignement d'IIermas. Ni le meurtre, ni l'adultère, ni l'apostasie, ces trois péchés que quelques-uns voudront plus tard exclure du pardon, ne sont réservés. L'auteur pose cependant au pardon deux conditions : 1° il faut que le pénitent, une fois converti, fasse souffrir son âme, s'humilie et se purifie ^ ; 2° le pénitent ne pourra se convertir qu'une fois *. Hermas paraît dire aussi que le pardon offert n'est qu'une grâce exceptionnelle, accordée seulement en vue de la fin prochaine du monde ^. Telle est la doctrine morale du Pasteur. Elle fut Sa sévérité accueillie au milieu du ii* siècle comme une voix de miséricorde, relaiire. ^^^ nous paraîtrait sévère aujourd'hui. Mais nous devons, pour l'apprécier, nous placer par la pensée au temps où parut cet