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IIeruab, Visions, i-ii. Cf. m, a-7 ; Simil., vm

LA LUTTE 233

ouvrage *. En une époque où le martyre menaçait tout chrétien, on conçoit qu'une prédication populaire, — cartel est bien le caractère du livre d'Hermas, — sans viser à de trop grandes précisions théologiques, ait fait entendre aux fidèles qu'on demandait à tous une âme prête à l'héroïsme.

Les précisions théologiques, Hermas ne les a ni lorsqu'il parle de la fin du monde, qu'il croit imminente, ni lorsqu'il disserte de la Trinité, qu'il semble mal comprendre ^ ; mais il aime et vénère L'idée î'Eglise de tout son cœur. L'Eglise, dit-il, a été la première de toutes ^^ ^^g ^^ les créatures ; pour elle, le monde a été fait ^ ; elle est établie sur le le Pasteur Fils de Dieu comme sur un rocher et lui appartient comme à un Hermas. maître *. Et cette Eglise, c'est bien l'Eglise hiérarchisée, avec ses chefs divers, évêques, prêtres, diacres, apôtres ou missionnaires ^. Sa mission est d'enseigner les fidèles, de former les élus ^. Cette

1. Voir Adhémar d'Alès, La discipline pénitentielle d'après le Pasteur d'Hermas, dans les Recherches de science religieuse, 1911, p. lOÔ-iSg, a4o-263. « L'œuvre d'Hermas, dit le P. d'Alès, n'est pas un document officiel, mais c'est un document privé de très haute valeur, parce qu'il reflète avec une grande naïveté les préoccupations des pasteurs de l'Eglise romaine au ii" siècle et les expédients de leur zèle... Aux catéchumènes, on comprend qu'elle jugeât inopportun de détailler toutes les chances qu'ils pouvaient avoir de se réconcilier avec Dieu s'ils venaient à pécher après le baptême. Aux chrétiens tombés après le baptême, nommément aux adultères et aux apostats (ou idolâtres), elle offrait pour une fois, moyennant pénitence, non seulement le pardon divin, mais encore, — tout le livre d'Hermas en témoigne, — la réconciliation ecclésiastique. En même temps, elle avait soin de les avertir que cette grâce ne se renouvelait pas. A ceux qui, après une première réconciliation, venaient à retomber, on ne voit pas bien ce qu'elle offrait, mais sans aucun doute elle ne les désespérait pas. Or, quelles que soient les sévérités du Pasteur pour les St'|'jyot, si une chose ressort clairement de ce livre, c'est que quiconque a la volonté de faire pénitence, peut rentrer en grâce avec Dieu » (p. 265).

2. « Hermas ne se sert jamais des noms de Verbe ou de Jésus-Christ pour désigner le Sauveur. Il le désigne toujours par le terme de Fils de Dieu, ou encore de Seigneur {Vis., m, 7-3). Ce Seigneur est, pendant sa vie mortelle, composé de deux éléments, une humanité ou une chair, et un Esprit-Saint qui habite en elle {Simil., V, 6, 5, 6). Dès lors, la question qui se pose est celle-ci : Hermas ne confond-il pas l'élément divin uni à la chair de Jésus-Christ, avec l'Esprit-Saint ? » TixEROTsr, Histoire des dogmes, I, 127-128. Il paraît bien n'y avoir là qu'une imprécision de langage. Dans la préface de sa traduction du Pasteur d'Hermas, Paris, Picard, 1912. M. Auguste Lelong prétend qu'avant Hermas l'Eglise n'usait pas de miséricorde envers les pécheurs, et que son changement d'attitude est dû à Hermas. Ces assertions, toutes gratuites, etcontraires mêmeaux inductions les plus sûres, ont étévivementetvictorieusement combattues par A. d'Alès, dans les £'/uc?es. t. CXXXII, 1912, p. 87-93. Cf. A. d'Alès^ la Discipline pénitentielle au //« siècle en dehors d'Hermas dans les Recherches de science reliqieuse, de mai-juin I9i3,p. 201-223.

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