‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 214 sur 413 · Tertullien, De baptismo, xix · texte numérisé non relu

Tertullien, De baptismo, xix

7. Sur la confirmation, voir saint Ikénée, Hser.^ 1. IV, ch, xxiviii, n. 3 ;

Hist. gcn. de l'Eglise, — I i^

L'Eucharisite.

Les cérômonies de la Messe.

La Préface.

La

communion.

Enfin, le baptisé est admis à participer au sacrifice de l'Eucharistie. Nous en connaissons déjà les principales cérémonies par la description donnée par saint Justin, Des textes précieux de Tertullien, de saint Gyprien et des canons d'Hippolyte * nous permettent d'en compléter le tableau. Depuis le milieu du siècle, la «fraction du pain » est définitivement séparée du repas fraternel qui l'accompagnait. L'office sacré se déroule dans toute la pureté de son rite, exempt désormais des abus qui avaient tant affligé saint Paul. On imagine facilement l'émotion du néophyte lorsqu'il se trouve pour la première fois en présence du mystère si longtemps attendu.

Un mouvement des diacres et des ministres inférieui-s indique que le moment du sacrifice approche. Les uns se répandent dans l'assemblée pour y maintenir chacun à son rang et diriger les mouvements liturgiques ; les autres apportent et disposent sur l'autel les pains et les calices préparés pour le repas sacré.

« Que le Seigneur soit avec vous tous, dit l'évêque. — Et avec votre esprit. — En haut les cœurs I — Ils sont avec le Seigneur. — C'est convenable et juste. »

Après plusieurs prières, dont la principale est une invocation au Dieu trois fois saint, l'évêque, au milieu d'un profond silence, prononce lentement sur le pain et sur le vin les mystérieuses paroles prononcées d'abord par le Sauveur la veille de sa mort. Le mystère est consommé. Le Christ est là, sur l'autel, au milieu de ses fidèles, sous les voiles mystiques des aliments consacrés. La prière recommence, plus ardente, adressée au Dieu présent, quoique invisible. Tout à coup la voix d'un diacre retentit : « Sancla sanctis. Les choses saintes sont pour les saints ». — Amen, répond le peuple. La communion a lieu alors. L'évêque communie le premier, puis les prêtres, les diacres, enfin toute l'assistance. L'évêque dépose le pain

Tertullie.n, De bapt., vu, viii ; Saint Gtprien, ep., 70, p. 785. Le sacremont de confirmation est parfois appelé coitsiy nation. Ce dernier mot est employé par le Sacramentaire gélasien Sur l'origine et la nature de ce rite, voir P. Galtiek, la Consignation à Carthage et à Rome, dans les Recherches de science religieuse, 1911, p. 35u-383.

1. On sait quelle est l'autorité de Tertullien et de saint Cyprien. Quant aux Canons d'Hippolyte, « nous n'avons pas, écrit Mgr Batilfol, do description plus, complète et plus explicite des institutions de l'ancienne Eglise : ce docuraenl est de premier ordre. » IUtipfol, Anciennes litti'ratures chn'tiennes, p. i58. « Sauf quelques relouches faciles à reconnaître, dit Mgr Ducbcsue, les canons d'Hippolyta concordent admirablement avec tout ce (pio nous savons de la liturgie en vigueur au commencement du m» siècle. » Cité ibid.

dans la main droite du fidèle, ouverte et supportée par la gauche. Le diacre tient le calice ; on y boit directement. A chaque communiant l'évêque dit : « Le corps du Christ » , et le diacre : « Le sang du Christ. » Chacun répond Amen.

La communion finie, le diacre donne le signal de la prière. Tous prient, tantôt agenouillés et même prosternés, en signe d'humiliation et de pénitence, tantôt debout, les bras étendus et les mains ouvertes comme Jésus sur la croix, pour témoigner qu'ils sont prêts à endurer tous les supplices. « Le chrétien prie en regardant le ciel, ditTertuUien, ouvrant les mains parce qu'elles sont innocentes, la tête nue parce qu'il n'a pas à rougir. Ainsi debout, devant Dieu et les bras ouverts, que les ongles de fer nous déchirent, que les croix nous soulèvent, que la flamme lèche notre chair, que le glaive nous ouvre la gorge : par son attitude même, le chrétien se montre prêt à tout souffrir ^ . »

L'action de grâces.

De telles paroles expriment bien les sentiments qui doivent animer Le sacrement

le néophyte, lorsque, au jour de son initiation, il a reçu le triple sacrement. Est-il maintenant possible que cet homme, préparé d'abord par tant de jeûnes et de prières, puis comblé de tant de grâces, offense jamais le Seigneur ?

Nous savons que, du temps d'Hermas, plusieurs chrétiens répondaient par la négative. Leurs erreurs, à peine adoucies, ne tarderont pas à renaître. Mais l'expérience continue à leur donner un lamentable démenti.

C'est précisément en vue de ces tristes rechutes que le Sauveur a établi un autre sacrement, une « pénitence seconde » , un <( baptême laborieux », comme on l'appelle quelquefois, le sacrement de Pénitence. Il l'a institué le jour où il a donné à ses apôtres et à leurs successeurs le pouvoir « de remettre et de retenir les péchés ». Au début du lu^ siècle, le sacrement de Pénitence nous apparaît comme une institution partout reconnue, mais diversement organisée dans les différentes Eglises.

de pénitence.

1. Tertullies, Apol., XXX. Pour plus de détails, voir Dom Cabrol, le Livre de la prière antique, ch. viii. : «Une messe à ilome au commencement du me siècle », p. 90-118.

L'absolution

possible

Doiir tous les

péchés.

Sévérités

de certaines

Eglises.

Les

trois péchés réservés.

Confession

publique

el confession

secrète.

Les Canons d'Hippolyle mettent dans la bouche du pontife qui consacre un nouvel évêque ces paroles significatives : « Accorde-lui. Seigneur, l'épiscopat, l'esprit de clémence et le pouvoir de remettre les péchés *. » D'autre part, TertuUien, dans son traité De paenitentia, enseigne formellement que cette remise des péchés se fait par le moyen d'une confession. « L'acte par lequel nous confessons notre faute, dit-il, s'appelle, d'un nom grec, l'cxomologèse. Cette confession opère la repentance et la repentance apaise Dieu *. » Ce pardon des péchés est applicable d'ailleurs à toutes les fautes sans exception. « Quelle que soit la faute, dit encore TertuUien, que ce soit une faute de la chair ou une faute de volonté, Celui qui lui a réservé une peine pour le jour du jugement en a promis le pardon par la pénitence, car il a dit; Faites pénitence, et je vous sauverai ^.»

Si maintenant nous cherchons quelles étaient les règles suivies dans la pratique de la confession et des œuvres satisfactoires qui l'accompagnent, nous nous trouverons en présence de coutumes divergentes. Certaines Eglises se montrent extrêmement sévères à l'égard des grandes fautes, particulièrement de l'homicide, de l'adul- Icic et de l'idolâtrie. Quiconque a commis, fût-ce une seule fois, l'un de ces trois crimes, est exclu pour toujours de la communauté chrétienne. Doit-on conclure de ce simple fait que ces Eglises considèrent ces trois péchés comme irrémissibles ? Nullement. Leur décision est purement canonique et extérieure. Le failli, s'il n'a plus à attendre son retour dans la communion chrétienne, peut espérer de Dieu la rémission de son péché. L'Eglise se refuse seulement à proclamer extérieurement ce pardon *.

La confession est-elle publique ou secrète ? Il semble résulter d'un texte de Sozomène que, primitivement, la confession était publique, au moins dans certaines Eglises *. En toute hypothèse, cet usage a été vite supprimé ^\ Ce qui est certain, c'est que la confession recommandée à la fin du ii* siècle et au commencement du

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